Le télétravail, un "risque" pour les femmes actives?

En 2020, l'Onem dénombrait 71% de congés parentaux Corona chez les femmes. ©Bloomberg

Une étude préliminaire de la Banque Nationale de Belgique révèle que le télétravail pourrait jouer un rôle déterminant dans l'équilibre entre carrière et parentalité chez les femmes.

La crise sanitaire et les mesures qui l’ont accompagnée ont-elles révélé ou renforcé les inégalités structurelles entre femmes et hommes ? En amont de la Journée internationale des Droits de la femme, la BNB vient de publier une revue préliminaire sur les conséquences de l’épidémie sur l’emploi féminin. Selon elle, le télétravail pourrait peut-être, dans le futur, permettre aux femmes de concilier plus facilement carrière et parentalité. Mais cette généralisation du travail à domicile irait de pair avec un certain nombre de risques.

"Il est encore trop tôt pour le vérifier mais, le télétravail  pourrait, dans le futur représenter un atout pour les femmes", peut-on lire dans le communiqué. Le rapport révèle également qu’avec la crise sanitaire, l’accès des femmes au télétravail a fortement progressé: "en novembre 2020, selon les données d’enquête sur les forces de travail, elles étaient près de 42% à être en télétravail, contre 37% des hommes."

Les femmes pourraient être perçues comme moins investies dans leur travail, avec des répercussions en termes de carrière et de salaire.
BNB
Banque Nationale de Belgique

Des répercussions

La Banque Nationale de Belgique s'inquiète néanmoins des conséquences du télétravail sur le long terme. "Les femmes actives pourraient être perçues comme davantage disponibles pour effectuer des tâches domestiques et éducatives", indique-t-elle. En effet, les chiffres montrent que, pendant la crise, le déséquilibre du partage des rôles entre hommes et femmes au sein des foyers s’est amplifié. En 2020, l’Onem dénombrait 71% de congés parentaux chez les femmes, contre 68% en moyenne en 2019 pour les congés parentaux "classiques".

42%
Des Femmes
Étaient en télétravail en novembre 2020, contre 37% chez les hommes.

Le rapport précise aussi que "les femmes pourraient être perçues comme moins investies dans leur travail, avec des répercussions en termes de carrière et de salaire". Le télétravail pourrait en effet "supplanter un système de garde d’enfants accessible et abordable", ou encore, "la possibilité d’avoir des horaires flexibles". Les mères concernées pourraient dès lors avoir des perspectives de carrière et de revenus inférieures à ce qu’elles auraient pu obtenir sans cette contrainte.

Une incidence difficilement mesurable

D’après la BNB, les femmes ont aussi davantage de risque de perdre leur emploi que lors de la crise financière. Elle reconnaît toutefois que l'incidence globale sur l'emploi des femmes de la crise actuelle est difficile à estimer pour l'instant. Les femmes sont en effet surreprésentées dans des secteurs (soins de santé, enseignement, commerces, services...) qui ont été diversement touchés par la crise.

La crise sanitaire a plus largement impacté les secteurs des services, "avec des pertes d’emploi au cours des trois premiers trimestres de 2020 atteignant -2,4% dans la branche des autres services (notamment d’aide à la personne), -6% dans les activités de services administratifs et jusqu’à -7,5% dans la restauration et l’hébergement.

Le commerce de détail a également enregistré un recul de ses effectifs de 0,8%.  Le secteur des soins de santé, en première ligne dans la lutte face à la crise sanitaire, a également connu un surcroît exceptionnel d’activité. Autant d’activités où les femmes sont surreprésentées par rapport à leur part dans l’emploi total."

Plus de chômage temporaire chez les hommes

On constate une part plus importante d'hommes parmi les bénéficiaires de chômage temporaire alors que la hausse est également plus marquée pour les hommes (+5%) que pour les femmes (+2%).

Aussi, alors que les femmes ne comptaient que pour 22% de la hausse des demandeurs d'emploi enregistrée en 2009; elles participent à hauteur de 35% à l'augmentation observée depuis le début de la crise sanitaire", relève la BNB dans une analyse publiée à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Les résultats définitifs de l'étude de la Banque nationale seront publiés en décembre 2021.

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