Le travailleur belge est payé en moyenne 29h par semaine

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Avec 29 heures payées par semaine, le travailleur belge se trouve à la dernière place européenne, la moyenne dans l'Union s’établissant à 33 heures.

Le travailleur belge se trouve à la dernière position du classement des heures payées chaque semaine. Le chiffre reprend la moyenne entre le nombre total d’heures rémunérées par l’employeur dans les contrats à temps plein et celle des temps partiels. Avec une moyenne de 29 heures, notre pays se classe très mal, position partagée avec nos voisins des Pays-Bas. La moyenne européenne s’établissant, elle, à 33 heures.

"Dans les chiffres, on n’est pas hors circuit. Dans les faits, on l’est."
Frank Vander Sijpe
Directeur de la recherche chez Securex

Pour les contrats à temps plein, il n’y a qu’en France que l’on travaille moins, avec une moyenne hebdomadaire de 35 heures par semaine, contre 36 chez nous. Un travailleur partiel, de son côté, perçoit une rémunération pour une moyenne de 20 heures.

Comment expliquer cette dernière position et que signifie-t-elle? Les professionnels du secteur se divisent sur la question. Selon certains, il faut y voir un effet de la nature même des données analysées. Le classement ne prend en considération que les heures payées par l’employeur. "Ce qui est différent des heures contractuelles, explique Benoît Caufriez, directeur d’Acerta Wallonie-Bruxelles. En Belgique, l’employeur ne paie plus, après un certain temps, le salaire des personnes en maladie. Idem pour le chômage économique. Quand on parle d’heures payées par l’employeur, on exclut déjà ces deux cas."

Importance des temps partiels

Unique explication? Évidemment, non. Il faut y voir la place importante que les contrats à temps partiel occupent en Belgique. "Surtout qu’avec les chiffres de 2016, vous accusez encore le régime des crédits-temps sans motif", continue Benoît Caufriez, ce qui facilitait les départs avant qu’ils soient réformés en 2017. Pour l’année 2018, le centre de statistique belge indique que 27,1% de la population active travaillent à temps partiel en Belgique. "On voit aussi une forte augmentation des temps partiels pour pouvoir développer une activité en indépendant complémentaire", nous explique-t-on du côté de Securex. Ces indépendants sont repris dans la catégorie des contrats partiels, malgré une charge de travail qui dépasse leur contrat et un nombre d’heures payées qui dépassent le total de 29 heures repris dans le tableau.

"Les heures supplémentaires coûtent tellement cher à l’employeur qu’il dresse des contrats avec un nombre d’heures moins élevé."
Frank Vander Sijpe
directeur de la recherche chez Securex

"Il faut quand même souligner que les chiffres datent de 2016, pointe le directeur d’Acerta. Entre-temps, la tendance est au temps plein. On remarque, dans notre bureau, que de nombreux temps partiels sont devenus des temps plein." De quoi modifier fondamentalement la donne? Pas vraiment. Car la forte proportion des temps partiels sur notre marché de l’emploi ne constitue pas la seule explication à la mauvaise position qu’occupe la Belgique.

Une courte semaine

Une analyse différente concerne l’autre donnée que l’on retrouve dans le classement: un travailleur à temps plein serait payé 36 heures par semaine, et non 38 comme le prévoit la loi. "ça, c’est typique de notre pays et de notre modèle de concertation sociale. Les heures supplémentaires coûtent tellement cher à l’employeur qu’il dresse des contrats avec un nombre d’heures moins élevé, s’exclame Frank Vander Sijpe, directeur de la recherche chez Securex. Vous voyez qu’avec 36 heures, on est déjà en dessous de la moyenne européenne. Quand on regarde les chiffres, on n’est pas hors circuit. Dans les faits par contre, on l’est."

©Mediafin

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