Les Belges plus riches que jamais malgré la crise sanitaire

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La hausse des prix de l’immobilier et la croissance de l’épargne compensent largement les moins-values sur les placements en actions.

Même si la crise du coronavirus a plongé de nombreux ménages dans de graves difficultés financières, elle n’a pas appauvri le Belge moyen. Au contraire, les ménages sont plus riches que jamais, comme le révèlent les derniers chiffres sur les prix immobiliers et le patrimoine financier. Le Belge moyen détient à présent un patrimoine record de quelque 237.000 euros, a calculé notre rédaction sur la base de nouveaux chiffres officiels.

Statbel, l’office belge de statistique, a communiqué que les prix de l’immobilier avaient augmenté de 3,4% entre le quatrième trimestre de 2019 et le troisième trimestre de 2020. Ce renchérissement de la brique, couplé à de nouveaux investissements, gonfle de près de 60 milliards d’euros la valeur du patrimoine immobilier des Belges, qui dépasse ainsi la barre de 1.600 milliards.

La pandémie a boosté la demande de maisons et d’appartements plus spacieux, ce qui a fait grimper la valeur des biens plus onéreux.

Au début de la crise sanitaire, les économistes prévoyaient une baisse du pouvoir d’achat et un recul des prix de l’immobilier. Mais le pouvoir d’achat des Belges n’a pas été entamé, ou très peu, grâce aux mesures de soutien instaurées par les différents gouvernements du pays. Et côté immobilier, la pandémie a boosté la demande de maisons et d’appartements plus spacieux, ce qui a fait grimper la valeur des biens plus onéreux.

20 milliards supplémentaires mis de côté

Le patrimoine financier des Belges a progressé au troisième trimestre à 1.419 milliards d’euros, déclare la Banque nationale de Belgique (BNB), en raison de la forte augmentation de leur épargne. Les ménages ont pu en effet mettre de côté, au cours des neuf premiers mois de 2020, pas moins de 16 milliards d’euros supplémentaires sur leurs comptes bancaires en raison de la fermeture de magasins non essentiels et de l’horeca pendant plusieurs mois. Et ce montant a encore augmenté au cours des derniers mois de l’année écoulée.

La faiblesse historique des taux d’intérêt, qui ne compense pas la perte de pouvoir d’achat de cette épargne en raison d’une inflation sensiblement supérieure à la rémunération offerte sur les comptes, a incité un nombre croissant de Belges à investir en bourse, que ce soit directement ou indirectement. Ils ont acheté pour près de 6 milliards d’euros d’actions cotées en bourse et pour un montant équivalent en fonds d’investissement. Ces fonds investissent à leur tour en moyenne la moitié de leurs actifs en actions.

1.600
milliards d'euros
Le renchérissement de la brique, couplé à de nouveaux investissements, gonfle de près de 60 milliards la valeur du patrimoine immobilier des Belges, qui dépasse ainsi la barre de 1.600 milliards.

L’augmentation des montants épargnés et investis a largement compensé l’impact négatif du recul des cours boursiers. Au terme des neuf premiers mois de l’année, les investisseurs ont accusé en effet une moins-value de plus de 17 milliards d’euros sur les actions et fonds de placement, parce que les marchés d’actions européens n’avaient compensé, aux deuxième et troisième trimestres, qu’une partie des lourdes pertes subies au premier trimestre. Depuis lors, le redressement des bourses s’est poursuivi après l’annonce de la mise au point de premiers vaccins contre le coronavirus plus efficaces que prévu.

Les moyennes cachent de très fortes disparités, et sont tirées à la hausse par les patrimoines plantureux de nombreux multimillionnaires.

Les investisseurs qui placent leur argent dans des assurances vie ont connu une bien meilleure année, parce que les assureurs investissent surtout en obligations dont les cours des obligations ont fortement progressé en raison des achats massifs de titres de la dette par la Banque centrale européenne et d’autres banques centrales dans le monde.

Le patrimoine net total des Belges, qui prend en compte 317 milliards d’euros de dettes, grimpe ainsi à quelque 2.730 milliards d’euros, soit en moyenne 237.000 euros par habitant et près de 550.000 euros par ménage. Mais ces moyennes cachent de très fortes disparités, et sont tirées à la hausse par les patrimoines plantureux de nombreux multimillionnaires.

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Environ deux tiers des ménages belges possèdent moins que la moyenne et un tiers plus que cette moyenne.

Ainsi, environ deux tiers des ménages possèdent moins que la moyenne et un tiers plus que cette moyenne. Selon une étude de la BNB, le ménage moyen détenait en 2017 un patrimoine de 366.200 euros et le ménage médian – celui qui se situe entre une première moitié plus riche et une seconde moitié plus pauvre – possédait un patrimoine limité à 212.500 euros.

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