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Les Belges préoccupés par la disparition de leur emploi face à l'automatisation

Ce sont les tâches routinières et manuelles qui sont le plus susceptible d'être automatisées. Ici, un robot déplaçant des bidons dans l'usine de la société sud-coréenne JW Life Science Corp. ©Bloomberg

Plus d’un travailleur belge sur dix pense que sa profession pourrait disparaître en raison de l’automatisation technologique impulsée par la pandémie.

Avec la crise sanitaire liée au coronavirus, l'économie "sans contact" a connu un nouvel élan, accélérant les progrès et l'innovation technologiques. Une évolution qui fait peur à de nombreux travailleurs belges, à en croire une étude du site de recrutement StepStone et de l'université KU Leuven.

Cette enquête menée sur 1.131 personnes de février à mars 2021 montre que 13% des interrogés sont en situation d’insécurité professionnelle en raison du progrès technologique, ce qui fait référence à la mesure dans laquelle les individus ont peur que leur profession disparaisse.

61%
61% des personnes interrogées s’attendent à ce que leur emploi subisse d’importants changements à cause du développement technologique.

Les employés ayant un niveau d’éducation moyen, comme les ouvriers, semblent être plus touchés par cette crainte. Concernant le moment de cette disparition, 9% craignent de devoir changer de métier à court terme (1 à 2 ans) tandis que, pour 18%, cette crainte concerne leur carrière à plus long terme (5 à 10 ans).

Outre une "extinction" pure et simple, six répondants sur dix (61%) s’attendent à ce que leur profession et leurs responsabilités subissent des changements importants en raison de l’automatisation. Les employés âgés de moins de 30 ans semblent ici davantage concernés. Ces personnes sont convaincues qu’elles devront apprendre à effectuer des tâches différentes en raison de l’automatisation avant leur retraite.

L'engagement au travail affecté

Cette insécurité impacte fortement l'engagement au travail, la vie et la satisfaction professionnelle de l'employé. 31% des personnes interrogées ayant obtenu un score élevé en matière d’insécurité professionnelle ont ainsi déclaré avoir un niveau d’engagement plus faible au travail, contre seulement 18% des employés ayant obtenu un score plus bas. Les résultats sont similaires pour la satisfaction au travail (29% contre 13%) et la satisfaction dans la vie (12% contre 4%).

5% des répondants craignant pour leur emploi à cause de l'automatisation ont un comportement contre-productif au travail.

Bien qu’il n’y ait pas d’impact direct sur la performance au travail, une réduction du bien-être ainsi que de la satisfaction au travail et dans la vie pourrait à son tour affecter négativement la performance, souligne StepStone.

Cette inquiétude conduit, par ailleurs, à un comportement de travail contre-productif de la part des employés. 5% des répondants ayant obtenu un score élevé pour l’insécurité professionnelle globale s'avèrent ainsi contre-productifs, contre seulement 1,5% des employés se sentant peu menacés par l'automatisation.

Accentuation des inégalités

En janvier dernier, le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà analysé l'impact de ces progrès technologiques sur les travailleurs. Le FMI avait souligné que les pandémies accélèrent l'adoption de l'automatisation, surtout lorsque l'impact sur la santé est grave et qu'il est associé à un ralentissement économique, comme ce fut le cas lors de la crise financière de 2008.

L'automatisation crée de nouvelles tâches bénéficiant aux travailleurs hautement qualifiés, ce qui renforce la dynamique des inégalités.

Au cours de la deuxième année suivant une pandémie, le FMI estime qu'environ 0,35 nouveau "robot" de plus est installé pour 1.000 employés tandis que ce pourcentage passe à 0,7 nouveau robot de plus dans les quatre années suivantes.

Cette "robotisation" accroît également les inégalités en touchant davantage les travailleurs peu qualifiés, dont les tâches routinières et manuelles sont plus susceptibles d'être automatisées. À l'inverse, l'automatisation crée de nouvelles tâches bénéficiant aux travailleurs hautement qualifiés, ce qui renforce la dynamique des inégalités.

L'étude du FMI relève également que cette augmentation de l'inégalité à moyen terme est plus importante dans les économies où l'automatisation est plus élevée et où elle a davantage augmenté pendant la crise, conséquence logique de cette évolution.

"Les responsables politiques doivent aider à prévenir les effets néfastes sur le marché du travail, notamment via une refonte de l'éducation pour répondre à la demande de compétences plus flexibles ainsi que de nouvelles formations, en particulier pour les travailleurs les plus touchés", concluent les chercheurs.

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