Les chèques "commerce local" popularisés par la crise

L'opération de chèques solidaires carolo "C bon pour le local" s'est clôturée avec succès début août. ©www.cbonpourlelocal.be ©https://www.cbonpourlelocal.be/

De plus en plus de communes élargissent leurs aides au commerce local par des chèques solidaires.

"Pep’chèques", "Bons Go to Herve", "C Bon pour le local"… peu importe le nom, le but reste le même: un chèque de 10, 15, 20 euros payé entièrement ou en partie par une commune afin d’encourager ses habitants à consommer local. Ce système de bons d'achat n’est pas nouveau, mais la crise sanitaire l’a popularisé. "Il s’est amplifié et élargi avec la crise… il s’est véritablement installé", observe le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI). De nombreuses villes belges – parmi lesquelles Pepinster, Herve, Charleroi, Verviers, Lasne, Ans, Blégny, Court-Saint-Etienne… – complètent par ces actions de communication les aides à destination de leurs commerçants (suppression des taxes sur les enseignes et les terrasses…).

Des chèques physiques étendus

"L’idée était d’injecter de l’argent rapidement dans l’économie locale", explique-t-on à l’Agence de Développement Local (ADL) de Houffalize-La-Roche-en-Ardenne. Dans ces deux entités, certaines primes (de naissance par exemple) sont transformées en chèques commerce depuis 2017. Avec la crise, Houffalize a décidé d’élargir leur utilisation à tous les indépendants (des petits producteurs aux artisans) sous le nom de "Chèque Solidarité Covid". Début juillet, chaque ménage a reçu une dizaine de ces chèques d’une valeur de 5 euros. La quantité de ces bons d’achat en circulation est ainsi passée d’une moyenne annuelle de 2.000 à 24.000 unités.

"Les pouvoirs publics veulent soutenir les commerçants et aider à ce que cette hausse de la consommation locale continue."
Konda Antoine Lukoki
échevin du développement économique de Verviers

L’engouement est le même à Verviers où les bons d’achats qui coûtent d'ordinaire 25 euros ont été mis à disposition des habitants pour 10 euros seulement. La ville de Verviers et l’ASBL Verviers Ambitions en finançaient chacun 5 euros. Les 500 bons d'essai se sont écoulés en quatre jours à peine! Au vu de ce succès, le collège communal a débloqué un budget de 330.000 euros afin de renouveler l’expérience avec la distribution de 33.000 chèques, en septembre prochain. L’échevin responsable du développement économique, Konda Antoine Lukoki, se montre convaincu par l’action: "Cette crise nous offre des opportunités de changer nos modes de consommation. Les pouvoirs publics veulent soutenir les commerçants et aider à ce que cette hausse de la consommation locale continue."

Lancement de plateformes en ligne

Selon l’Union des Classes Moyennes (UCM), ces chèques sont très appréciés et sont voués à se développer. Et cela, non pas uniquement sous forme de chèques physiques puisque des plateformes en ligne proposent le même service. C’est le cas à Charleroi avec le site "C bon pour le local": plus de 200 commerçants s’y sont enregistrés entre mai et août. Au final, à travers ces bons d’achats financés à 20% par la ville, ce sont pas moins de 420.000 euros qui ont été injectés dans l’économie locale. Charleroi continuera sur sa lancée en septembre en distribuant à ses habitants 25 euros sous forme de "Carol’or", la monnaie locale utilisable dans les magasins affiliés de la commune.

420.000
Euros
420.000 euros ont été injectés dans l'économie locale à Charleroi à travers la plateforme "C bon pour le local".

Ces réponses locales de soutien au pouvoir d’achat semblent être un succès en temps de crise. Cependant, le SNI souligne le poids non négligeable de ces initiatives sur le budget d’une commune et rappelle qu’il faudra attendre le retour à la normale de la consommation pour évaluer leur rapport coûts/bénéfices.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés