Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Des managers qui courent très vite/Plaque d'immatriculation révélatrice/La géographie revue par Delhaize/Le prix des départs/La lenteur, le drame de Bruxelles?/La Belgique expliquée aux Français/Un parti peut en cacher un autre/La grande misère des bons d'État/

Champions, les patrons!

Parmi les 40.000 participants aux 20 km de Bruxelles dimanche dernier, figuraient outre le Roi le seul sans doute à courir en pantalon de training malgré la chaleur une belle brochette de patrons. Qui, crime de lèse-majesté, ont pour la plupart réalisé des temps bien meilleurs que le Souverain (54 ans)! Des chronos même remarquables quand on sait que la plupart d’entre eux ont largement dépassé la cinquantaine, voire la soixantaine. Petit florilège non exhaustif en commençant par l’inévitable Gilles Samyn, 64 ans. Marathonien accompli, le bras droit d’Albert Frère a bouclé la course en un remarquable 1h36. Âgé de 61 ans, Philippe Marcuz, CEO de Shanks, a mis 9 minutes de moins, soit 1h27. Chapeau! Le CEO de la banque NewB, Bernard Bayot, 52 ans, a achevé le parcours en un excellent 1h32. Jean-Pierre Clamadieu, CEO de Solvay (56 ans) a terminé sous les deux heures (1h54) tout comme Lionel Giot (50 ans), directeur chez Degroof France (1h55). Quant à Herman Vande Velde (60 ans), patron du fabricant de lingerie du même nom, il a terminé en 2 heures tout rond. Bref, de belles performances quand on connaît la difficulté du parcours, la chaleur qui régnait ce jour-là et l’agenda surchargé de ces messieurs, qui ne leur laisse guère de temps pour s’entraîner. On est loin de la caricature du patron ventripotent jouant au golf…

Personnalisation

Jeudi dernier, l’assemblée générale d’Immobel se tenait dans un hôtel du Sablon. Une vielle habitude de "journaliste de terrain d’investigation" consiste à faire le piquet devant le lieu de l’événement afin de passer en

revue les qualités, attributs et autres oripeaux des uns et des autres. Bien nous en a pris. C’est à cette occasion que nous avons aperçu le comte Paul Buysse arrivant dans une somptueuse Bentley immatriculée 1 BPB xxx. BPB? Certainement pour Baron Paul Buysse… Mais lors de la dernière session d’anoblissement, le baron est devenu comte. Tant mieux pour lui, évidemment, et tant pis pour la plaque personnalisée à 1.000 euros! Nous veillerons, lors de la prochaine assemblée à vérifier l’évolution de la plaque. 1 CPB xxx, pour Comte Paul Buysse… Chiche?

L’Indobelgique n’est pas sur la carte…

Il y a eu un moment de stupeur dans la salle, jeudi lors de l’assemblée générale des actionnaires de Delhaize, quand le CEO Frans Muller a déclaré que "la Belgique ne peut pas être consolidée et n’est donc pas sur la carte". Ah bon? Le groupe de distribution aurait donc décidé que ses activités dans notre pays ne faisaient plus partie de son "core business"? On savait que tout f… le camp, que les grands groupes belges snobent de plus en plus leur pays d’origine, mais à ce point-là! Fausse alerte, toutefois, il s’agissait d’un simple lapsus. Frans Muller a d’ailleurs tout de suite rectifié le tir: "Je voulais dire que l’Indonésie ne peut être consolidée…" Les actionnaires ont ri, avant de laisser le dirigeant poursuivre. Un peu plus tard, lors d’un point de presse, le CEO a ajouté, très sérieusement cette fois, qu’"en Indonésie, nous examinons avec notre partenaire les différentes options que nous avons". Traduction: Delhaize n’exclut pas de revendre sa part de 51% dans la joint-venture locale formée avec le groupe Salim. Pas parce que l’affaire tourne mal, au contraire, mais parce que les 117 supermarchés Super Indo qu’ils exploitent ensemble ne représentent qu’une très petite part du marché indonésien de la grande distribution. Trop petite, au point de ne pas même apparaître sur les cartes…

"Mauvais d’Etat"

C’est parti, la campagne des bons d’État a débuté jeudi dernier. Pas de gros battage publicitaire et médiatique: on n’est plus au temps du bon d’État Leterme… Par contre, le Trésor a tout de même prévu quelques affichettes pour les courageux banquiers et courtiers qui oseraient proposer des bons d’État à leurs clients. Et pour cette campagne, le slogan est: "Les bons d’État, le placement qui se distingue". C’est vrai qu’il se distingue vraiment puisqu’il n’a jamais proposé un taux d’intérêt aussi bas: 0,60% sur cinq ans et 1,40% sur huit ans, soit à peine 0,45% et 1,05% net respectivement. C’est à se demander qui voudra souscrire à ce placement qui ne couvre plus l’inflation. Certains investisseurs se demandent déjà si on ne les prend pas pour des billes. La photo illustrant les affiches de la campagne risque de les conforter dans cette opinion…

Delhaize suite: les départs ont coûté cher…

Interrogé par un actionnaire de Delhaize sur la hausse des coûts des ventes et prestations, qui s’est avérée plus forte que celle du chiffre d’affaires en 2013 (+ 3,5% contre + 2,85%), alors que le distributeur a érigé en principe "corporate" l’utilisation des effets d’échelle pour réduire ses coûts, le directeur financier Pierre Bouchut a expliqué que le groupe aurait réussi à stabiliser ces coûts l’an dernier si n’était intervenu un fait exceptionnel… Lequel? "Des coûts exceptionnels liés au départ de dirigeants." On songe immanquablement à l’ancien CEO Pierre-Olivier Beckers et à l’ancien directeur Europe Stéfan Descheemaeker, partis en cours d’année; on pense aussi à Roland Smith, ex-CEO de Delhaize America. Trois hommes de poids, qui ont donc bien involontairement laissé une trace de leurs poids au poste "coûts" dans les comptes 2013.

Lenteurs coupables

La FEB et Beci avaient organisé lundi dernier un grand débat politique sur Bruxelles. "Grand" est le mot, puisque dix partis politiques, de la N-VA au FDF, étaient représentés sur le podium. Ils étaient interpellés par ce qui, selon une étude, "empêche les employeurs de dormir", à savoir (non, pas les avions…): la fiscalité, l’emploi, la sécurité juridique et la simplification, la mobilité, la compétitivité et l’environnement. Très en verve, Pascal Smet (sp.a), s’est notamment exclamé: "L’administration régionale est trop faible pour les défis à relever. Le drame de cette ville, c’est sa lenteur. Tout est tellement lent!" Et d’envoyer, à Guy Vanhengel (Open VLD) qui se récriait, un souriant: "Mais si, c’est lent, la preuve, vous êtes quand même arrivé en retard au débat…"

En revanche, Joëlle Milquet (cdH), qui a passé pratiquement tout son temps à pianoter sur son smartphone, était un peu à l’ouest. À la question du modérateur "dans l’hypothèse où vous seriez à la table des négociations pour la formation d’une majorité…", elle a d’abord demandé: "Où ça? À Bruxelles?" Heu, oui, c’est quand même là qu’elle est candidate…

Plan langues dans la presse française. Les 541 jours de crise politique qui ont suivi les élections de 2010 ont dopé l’intérêt des médias étrangers pour la "mère de toutes les élections" de ce dimanche. En France notamment, où les journaux s’efforcent de présenter le plus clairement possible les enjeux entremêlés de trois scrutins qui redessineront pour cinq ans (en principe) tout le paysage politique belge. Le site d’information payant Mediapart s’est fendu, en milieu de semaine, d’une analyse du triple scrutin de ce dimanche. Il s’en sort fort bien, mais avec un petit couac tout de même. Le lecteur français a dû se trouver quelque peu démuni en cliquant sur le lien vidéo reprenant ce que Mediapart présente comme "un des moments forts de la campagne": le face-à-face télévisé du 13 mai dernier opposant Bart De Wever, le président de la N-VA, à son homologue socialiste francophone Paul Magnette. Le site français a en effet repris le lien de… VTM plutôt que celui de RTL-TVi. L’internaute d’outre-Quiévrain a donc eu droit à des interventions de Paul Magnette sous-titrées en néerlandais et aux répliques de Bart De Wever dans l’idiome du nord du pays… sans sous-titres. Ce qui n’améliorera pas la compréhension qu’ont nos voisins de notre réalité institutionnelle.

Ceci n’est pas un détournement… Non peut-être!

Quelle surprise vendredi en consultant le site internet du Parti Populaire de Mischaël Modrikamen… Essayons cette adresse: http://www.pp.be et le tour est joué. Grosse surprise! Le lien renvoie directement sur le programme du MR pour les élections. Pas certain que Mischaël Modrikamen ait vraiment apprécié le hold-up des libéraux francophones sur son nom de domaine. Mais bon, c’est la campagne et tous les coups sont visiblement permis!

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