Les entreprises européennes sur la défensive

Le secteur du transport, et du transport maritime en particulier, est le plus affecté par la crise. ©EPA

Maintenir la tête hors de l'eau pour ne pas couler. Le cabinet de conseil BDO passe à la loupe les choix qu'opèrent les entreprises européennes dans la conjoncture actuelle.

Il y a de l'orage dans l'air. Les conséquences de la crise se font sentir auprès des sociétés européennes interrogées par BDO (31 entreprises sur les 244 interrogées sont implantées en Belgique). Sans surprise, c'est le secteur du transport qui est le plus affecté, suivi par les services aux entreprises et l'industrie.

Si 39% des entreprises interrogées se disent fortement touchées par la crise, Koen Claessens, associé chez BDO, en charge du département risque et assurance, souligne que " la Belgique n’est pas un des pays européens les plus ébranlés en raison du poids peu élevé de son industrie. "

Objectifs défensifs

La moitié des cadres consultés pensent que l'économie en Europe va se détériorer au cours des six prochains mois. L'objectif principal du moment sera donc de maintenir le personnel et la clientèle actuels. L'accent sera mis sur la maîtrise des coûts et l’investissement dans des produits déjà existants pour pouvoir se relever progressivement de la crise. " Les priorités des entreprises sont passées d’objectifs de croissance, d’acquisition et d’expansion à des objectifs de réduction des coûts et des risques ", poursuit Koen Claessens. Si en 2019, 35% des entreprises visaient encore la croissance, elles ne sont plus que 20% aujourd'hui.

« Les priorités des entreprises sont passées d’objectifs de croissance, d’acquisition et d’expansion à des objectifs de réduction des coûts et des risques. »
Koen Claessens
Associé chez BDO, en charge du département risque et assurance.

Cette baisse de confiance dans l'avenir économique européen aura des conséquences inévitables sur les investissements et l'embauche. BDO pointe le fait que les nouveaux talents ne sont plus la priorité des entreprises.

20%
Aujourd'hui, seulement 20% des entreprises interrogées par BDO visent encore la croissance. Elles étaient de l'ordre de 35% avant la crise.

L'espoir fait vivre, pour autant que le soutien public reste présent. Les mesures gouvernementales restent importantes pour 65% des entreprises européennes interrogées (et 55% des entreprises belges). On pense notamment à l'aide apportée aux entreprises avec l'octroi d'un régime souple pour le chômage temporaire, la baisse des salaires, la renégociation des contrats avec les fournisseurs ou les clients.

Croissance verte

Il semblerait que la crise ait eu un impact positif sur la conscience des entreprises en matière de développement durable. De plus, nombre d’actionnaires ont renoncé à recevoir des dividendes cette année. Cette baisse d’attente de rentabilité à court terme permet ainsi aux entreprises de se concentrer sur des défis de long terme. Avant la crise, 50% des sociétés se disaient prêtes pour mettre en place des mesures plus respectueuses de l’environnement en leur sein. Elles sont maintenant 75% à vouloir agir en faveur du développement des énergies renouvelables et de la réduction des trajets pour les employés.

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