Les finances publiques plombées par la pandémie, mais un peu moins que prévu

Les mesures de soutien aux entreprises et aux ménages ont plombé le déficit public qui s'est établi à 9,4% du PIB. ©Photo News

Si la pandémie de Covid-19 a fortement détérioré les finances publiques belges en 2020, les chiffres sont un peu moins mauvais que précédemment estimés.

Le solde de financement des administrations publiques s'élevait à -9,4% du PIB en 2020, contre -1,9% l'année précédente. Une dégradation du déficit public qui est à la fois due aux mesures prises par les autorités pour amortir le choc de la crise sanitaire, et à la contraction de l'activité économique, indiquent l'Institut des comptes nationaux (ICN) et la Banque nationale de Belgique (BNB) dans un communiqué.

Si ces chiffres peuvent faire froid dans le dos des administrations publiques, ils sont toutefois légèrement moins mauvais que ceux présentés dans le rapport annuel de la BNB en février dernier. L'institution tablait alors sur un déficit budgétaire à 10,1% du PIB, du jamais vu depuis le milieu des années 1980.

Les recettes ont, elles, reflué de près de 10 milliards d'euros, tandis que les dépenses ont connu une hausse sans précédent, de plus de 22 milliards. Les dépenses publiques directement liées aux mesures prises pour lutter contre la pandémie sont actuellement estimées à un minimum de 16 milliards d'euros en 2020, soit 3,5% du PIB.

Bonne tenue des recettes fiscales et parafiscales

De leur côté, les dépenses primaires ont augmenté de 7,9% par rapport à 2019, pour atteindre 58% du PIB. Cette hausse résulte également de la pandémie, provenant essentiellement des mesures sur le chômage temporaire pour les salariés, le droit passerelle pour les indépendants, les subventions aux entreprises liées à la fourniture à titre gratuit de matériel de protection aux acteurs de la santé ainsi qu'aux indemnités compensatoires et primes de nuisance versées aux sociétés et aux indépendants.

"Un tel niveau d'endettement n'avait plus été observé depuis plus de vingt ans, même s'il reste en deçà du pic de plus de 130% du PIB enregistré en 1993."
L'Institut des comptes nationaux

La hausse des recettes s'explique, elle, principalement par la croissance des recettes fiscales et parafiscales (0,4% du PIB). Celles-ci doivent leur bonne tenue à "l'impôt direct des ménages (0,6% du PIB) et aux cotisations sociales (0,4% du PIB), qui ont été
proportionnellement moins affectés par l'effondrement de l'activité économique, étant donné que l'emploi a mieux résisté", souligne l'ICN.

La réduction de l'impôt direct des sociétés (-0,4% du PIB) résulte principalement de la chute des versements anticipés, tandis que celle des impôts indirects (-0,2 % du PIB) provient de la baisse de la consommation des ménages, due, elle aussi, à la pandémie.

Enfin, la dette publique en 2020 a gonflé de 16% par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 114,1% du PIB. "Un tel niveau d'endettement n'avait plus été
observé depuis plus de vingt ans, même s'il reste en deçà du pic de plus de 130% du PIB enregistré en 1993", indique l'ICN. Un taux d'endettement fortement impacté par la contraction du PIB: si le PIB était resté au même niveau que celui de 2019, la dette se serait établie à 108,1 %.

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