Les intérêts notionnels au secours des entreprises face à la crise?

Il faut encourager les restaurants qui ont revu leur business modèle. ©EPA

Une étude de la KU Leuven recommande d'étendre les intérêts notionnels pour restaurer la solvabilité des entreprises.

Des aides substantielles ont été accordées par les pouvoirs publics pour aider les entreprises à maintenir la tête hors de l’eau. Ces aides visent principalement à garantir la liquidité des entreprises. Mais qu’en sera-t-il une fois que cesseront les aides ainsi que les moratoires? Certains prédisent une avalanche de faillites, tant la solvabilité des entreprises a été mise à l’épreuve.

D’après la FEB et Graydon, environ un quart d’entre elles ne seront en effet plus en mesure d’honorer leurs engagements financiers à long terme.

Pour améliorer la solvabilité des entreprises, l’économiste Hans Degryse (KU Leuven) propose, dans l'étude "Leuvense Economische Standpunten 2020/185", deux pistes. Au niveau belge, il plaide pour une extension des intérêts notionnels. Ceux-ci permettent aux entreprises de déduire un intérêt fictif du capital qu’elles investissent sur fonds propres. Aligné sur les obligations belges à dix ans (OLO), ce taux fictif était tombé à un niveau proche de zéro ces dernières années, mais le dispositif avait été d'un concours précieux lors de la crise de 2008-2009.

Pour Hans Degryse, il faudrait redonner un coup de jeune à cet incitant fiscal, par exemple en augmentant la déduction pour les PME ou pour les entreprises qui injectent du capital supplémentaire.

Fonds d'actions européen

Au niveau européen, Hans Degryse suggère de créer un "fonds d’actions européen pandémique" pour aider notamment les entreprises à se désendetter. Ces fonds d’actions pandémiques offriraient la possibilité de participer aux bénéfices mais, contrairement aux fonds de participation classiques, sans mettre à mal la position de contrôle des propriétaires historiques de l’entreprise. Cette idée avait été envisagée lors de la récente négociation du plan de relance européen mais n’avait finalement pas été retenue.

D’une manière générale, Hans Degryse estime qu’il faudra réduire les aides linéaires au profit d’aides ciblées, par exemple pour les entreprises qui étaient viables avant la crise ou sur celles qui ont décidé de revoir leur business modèle.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés