Les investisseurs moins tentés de relocaliser la production

La Belgique (ici le port d'Anvers) se maintient dans le top 5 des destinations les plus attractives en Europe pour les investisseurs. ©Yorick Jansens

En dépit du deuxième confinement, les investisseurs étrangers sont plus confiants qu’il y a six mois. Ils ne pensent plus autant à relocaliser. De son côté, la Belgique conserve sa bonne réputation auprès des investisseurs.

Si les investissements étrangers vont chuter en 2020 et 2021 en raison de l’incertitude générée par la pandémie, les investisseurs se montrent quand même plus optimistes qu’en avril dernier. C’est ce qui ressort d’une enquête de la société EY réalisée au mois d’octobre auprès d’une centaine de cadres issus de 10 pays et actifs dans 14 secteurs.

En octobre, seuls 42% des cadres interrogés s’attendent à une nette diminution des projets d'investissement en Europe. En avril, ce chiffre s’élevait encore à 66%. Par contre, certaines entreprises vont probablement reporter leurs projets prévus en 2020 (32% contre 23% en avril).

On observe en outre un certain retour du "business as usual". Ainsi, près de la moitié des entreprises (41%) s’attendent à ce que leur activité reprenne comme avant une fois que l’économie sera déconfinée. Elles n’étaient qu’un quart (24%) à le penser en avril dernier.

De leur côté, les pessimistes battent en retraite. Ceux qui nourrissent une vision fondamentalement négative du climat des affaires sont aujourd’hui moins nombreux (17%) qu’en avril dernier (21%).

Relocaliser n’est pas la panacée

Cette anticipation d’un retour à la normale se vérifie également au niveau d’autres indicateurs. En avril dernier, on pensait que la globalisation allait s’arrêter au profit d’une relocalisation de la production, afin de se protéger de l’incertitude ambiante. Cette idée semble aujourd’hui perdre du terrain. En octobre, seuls 37% des entreprises envisagent une relocalisation ou une délocalisation de proximité (contre 83% en avril).

"Les entreprises préféreraient éviter des réorganisations coûteuses et perturbantes."
Marie-Laure Moreau
Associée chez EY

"Les entreprises préféreraient éviter des réorganisations coûteuses et perturbantes. L’Asie montre des signes précoces de redressement, et les multinationales vont y maintenir leur présence pour le moment", constate Marie-Laure Moreau, associée chez EY Belgique. Pourtant, certaines entreprises pourraient rapatrier certaines activités critiques en Europe, pour atténuer les risques de perturbations à l’avenir. "Mais il faudra du temps et des incitants avant que ces décisions ne génèrent des investissements massifs en Europe", prévient Marie-Laure Moreau.

37%
Seuls 37% des entreprises envisagent aujourd'hui une relocalisation (contre 83% en avril).

La Belgique se maintient

La Belgique parvient à tirer son épingle du jeu puisqu’elle occupe la cinquième place au classement des destinations européennes les plus attractives aux yeux des investisseurs, derrière l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Irlande.

Si le top 3 est occupé par les trois plus grandes économies d’Europe, c’est parce que ces pays ont l’envergure et la force du marché des capitaux pour s’assurer de nouvelles opportunités d’investissement. Ce qui rend d’autant plus méritoire la cinquième place de la Belgique, juste devant la Suisse et le Danemark. En avril dernier, notre pays occupait déjà la cinquième place.

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