Les jobs étudiants grippés par la crise

L'horeca, qui habituellement engage des étudiants à tour de bras, est particulièrement impacté par la crise et risque de ne créer que très peu d'emplois cet été. ©Hollandse Hoogte / Dolph Cantrijn

Les étudiants durant l’été auront, cette année, plus de peine à dégoter un petit job suite à la crise du coronavirus. Certains secteurs sont toutefois épargnés.

Horeca, commerces… de nombreux secteurs auront peu de jobs à offrir aux étudiants suite à la crise du coronavirus. Plusieurs facteurs expliquent cela, selon la Fédération des services RH (Federgon): une activité économique moindre qui tire la  demande d'emplois à la baisse; certains secteurs comme l'horeca ou l'événementiel, qui habituellement engagent à tour de bras des étudiants, sont particulièrement touchés suite au confinement; et des entreprises parfois plus  frileuses à donner accès à leurs locaux à des personnes externes pour éviter la contamination.

"Nous estimons que le nombre de postes d’étudiants à pourvoir dans la période des vacances sera nettement plus bas que les autres années. Cela pourrait être très significatif et aller au-delà de -30%", prévient Paul Verschueren de Federgon. 

"Nous estimons que le nombre de postes d’étudiants à pourvoir dans la période des vacances sera nettement plus bas que les autres années."
Paul Verschueren
Directeur research & economic affairs chez Federgon

Burgerbrands (Quick et Burger King), par exemple, continuera "à engager des étudiants pour remplacer le personnel qui prendra des vacances", indique Annelies Vantvelt, personnal assistant, qui explique ne pas encore avoir de vision sur les besoins réels en personnel. "Mais il est évident que pour certains restaurants, notamment dans les centres-villes, nous aurons besoin de moins d’étudiants vu la fréquentation en recul suite à l’absence de tourisme."

Les secteurs qui embauchent

Dans  la grande distribution et les entreprises de nettoyage, la demande est toujours bien présente. "Nous estimons avoir besoin du même nombre d'étudiants que l’année passée. Cela veut dire 750 étudiants pour nos activités logistiques et  2.400 étudiants par semaine pour nos magasins", explique Roel Dekelver, porte-parole de Delhaize. 

-30%
de jobs étudiants
Federgon estime la baisse du nombre de jobs étudiants à 30% voire plus pour 2020 par rapport à l'année dernière.

Chez Colruyt, depuis mars, "il y a eu beaucoup plus d'étudiants au travail qu'on ne le pensait initialement. Nous estimions avoir besoin d'environ 400 ETP étudiants pour le mois de mai, nous avons finalement embauché 2.300 ETP au cours des deux premières semaines de mai", indique Nathalie Roisin, responsable presse. Pour l’été, Colruyt a déjà créé plus de 9.000 contrats étudiants. "Mais il faut s’attendre à ce que ces chiffres évoluent encore considérablement."

Coup de pouce fiscal

En tant qu’étudiant jobiste, vos rémunérations ne sont pas soumises au précompte professionnel si vos prestations ne dépassent pas le quota de 475 heures par année civile. Aucune cotisation de sécurité sociale autre que la cotisation de solidarité n’est due sur ces rémunérations. Mais pour encourager les étudiants, l'arrêté royal stipule que  les heures prestées entre le 1er avril et le 30 juin 2020 ne soient pas prises en compte dans le quota annuel de 475 heures. Ces heures ne sont pas soumises au précompte professionnel et le quota de 475 heures pourra être presté plus tard.

"Nous estimons avoir besoin du même nombre d'étudiants que l’année passée."
Roel Dekelver
Porte-parole de Delhaize

Afin d’éviter que l’étudiant ayant beaucoup travaillé ne perde tout ou partie de ses allocations familiales, les Régions, compétentes en la matière, ont mis en place un régime dérogatoire pour 2020.

En Wallonie, entre janvier et septembre inclus, les revenus et le nombre d’heures prestées par un étudiant n’ont aucune incidence sur leur droit aux allocations familiales. En Flandre, en principe, pour éviter de perdre ses allocations familiales, un étudiant ne peut pas travailler plus de 475 heures par an. Mais pour cette année 2020, les heures prestées durant le deuxième trimestre ne sont pas comptabilisées dans le quota de 475 heures. Le gouvernement bruxellois, de son côté, a décidé de ne pas limiter le nombre d'heures de travail aux étudiants durant les deuxième et troisième trimestres cette année.

Les étudiants n'ont jamais autant travaillé

Selon une étude menée par Randstad Research auprès de 1.500 étudiants fin mars, 84% des étudiants exercent un travail rémunéré, un niveau record, alors qu'ils étaient 80% l'an dernier.

En Flandre, 87% des étudiants exercent un travail rémunéré, 83% à Bruxelles et 78% en Wallonie. Le pourcentage d'étudiants qui travaillent pendant l'année scolaire s'élève à 70% alors que ce pourcentage va jusqu'à 76% pendant les grandes vacances. Près de deux tiers travaillent aussi bien durant l'année que pendant l'été.

C'est dans l'horeca que les étudiants travaillent le plus (22%), devant le commerce de détail (19%).  Les étudiants disent gagner, selon leurs propres estimations, quelque 2.600 euros par an, soit 200 euros de plus que l'an dernier, indique Randstad. Les étudiants ont gagné quelque 2.900 euros, soit 400 euros de plus que les étudiantes.

Mais Randstad s'attend à ce que ces records ne se répètent pas, suite à la crise du coronavirus. Ainsi, pendant les vacances de Pâques, on a compté deux tiers d'étudiants jobistes en moins. "Pour l'heure, nous estimons la baisse pour cet été entre 20 et 30%", souligne Jan Denys, de Randstad. 

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