Les modérations salariales du gouvernement Michel ne profitent pas aux exportations

©Wim Kempenaers

Pour la Banque nationale de Belgique, la réduction des coûts salariaux "influence en partie les marges bénéficiaires des entreprises".

Ces dernières années, les exportations belges ont augmenté moins vite que celles des pays voisins. C’est ce que l’on peut lire dans la revue économique publiée par la Banque nationale de Belgique. Le recul est surtout sensible dans le domaine de l’exportation de machines, de voitures et d’autres équipements de transport. L’exportation de services est aussi à la traîne.

Vu que nos exportations progressent plus lentement que le marché mondial, notre pays perd des parts de marché. Depuis 2015, la Belgique a perdu en moyenne près de 1% de parts de marché par an. Au cours de cette même période, les Pays-Bas ont augmenté leurs parts de marché tandis que la France et l’Allemagne réussissaient à limiter les pertes.

En 2018, les exportations de biens et services étaient pour la première fois en 5 ans inférieures aux importations.

Les résultats décevants de notre pays sont d’autant plus interpellants que le gouvernement Michel a réduit les coûts salariaux par le biais d’un saut d’index et de l’introduction du "tax shift" pour remettre en selle la compétitivité de nos entreprises et stimuler la création d’emplois.

"La réduction des coûts salariaux unitaires ne se traduit pas toujours par une baisse comparable des prix à l’exportation, mais influence en partie les marges bénéficiaires des entreprises", indique la Banque nationale. La banque centrale démontre clairement que les entreprises ont utilisé la réduction des coûts salariaux pour augmenter leurs marges bénéficiaires.

Déficit de la balance courante

©MEDIAFIN

La Banque nationale se montre relativement prudente sur les raisons expliquant pourquoi la réduction des coûts ne s’est pas entièrement traduite par une baisse des prix à l’exportation. Elle souligne que la Belgique exporte beaucoup de produits semi-finis et que le niveau de prix de ce type de produits n’est "pas essentiel" à court terme. Le prix des médicaments, un autre produit d’exportation phare, semble également moins sensible à l’évolution des coûts.

La hausse limitée des exportations a également un impact négatif sur la balance commerciale. En 2018, les exportations de biens et services étaient pour la première fois en cinq ans inférieures aux importations.

Les probabilités sont faibles que les exportations et nos parts de marché augmentent au cours des années à venir. Les coûts salariaux augmenteront plus vite que pendant la dernière législature. Pour l’avenir, la Banque nationale s’attend à ce que les marges bénéficiaires des entreprises se stabilisent à un niveau élevé. Elle prévoit que le déficit de la balance courante – la mesure la plus large du commerce extérieur – passe de 1% du PIB en 2018 à 2,3% en 2022.

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