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Les nouvelles mesures pour les pensions pèsent sur le coût du vieillissement

La ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) estime qu'il faudrait investir massivement dans l’économie, comme le fait l’administration de Joe Biden aux États-Unis, pour stimuler la croissance et l’emploi et garantir ainsi la soutenabilité financière de notre modèle social. ©Photo News

Le coût budgétaire du vieillissement culminera à 30,1% du PIB à l'horizon 2050, soit 5,5% ou 26 milliards d'euros de plus qu'aujourd'hui.

Les mesures récentes visant à relever les pensions minimales ainsi que le mouvement de rattrapage des pensions des indépendants par rapport aux salariés vont, à terme, peser sur le coût budgétaire du vieillissement de la population.

30,1%
du PIB
Les dépenses sociales devraient culminer à 30,1% du PIB en 2050.

Parallèlement et logiquement, le risque de pauvreté chez les pensionnés va diminuer. C’est ce que prédit le Comité d’étude sur le vieillissement (CEV) dans son rapport annuel, dont c'est la vingtième édition.

Pic en 2050 au lieu de 2040

D’après les nouvelles projections du CEV, le pic en termes de dépenses sociales devrait être atteint en 2050, avec 30,1% du PIB, et non en 2040, comme estimé il y a un an. Ce report du pic de dépenses est la conséquence des nouvelles mesures prises par le gouvernement De Croo et qui engagent à long terme.

Les dépenses sociales (pensions et soins de santé principalement) devraient donc passer de 24,6% du PIB en 2019 à 30,1% du PIB en 2050. La différence entre les deux (5,5% ou 26 milliards d'euros) constitue le coût estimé du vieillissement.

14
milliards d'euros
D'ici 2026, les dépenses liées au vieillissement auront augmenté de 14 milliards d'euros.

Les dépenses liées au vieillissement devraient d'ailleurs augmenter assez rapidement puisque dès 2026, le CEV prévoit qu'elles représenteront 27,8% du PIB, soit 3,2% de plus qu'aujourd'hui. Autrement dit, le gouvernement actuel et le suivant devront faire face à un défi budgétaire important. Ces 3,2% représentent en effet un montant d'environ 14 milliards d'euros qu'il faudra bien trouver quelque part.

Après 2050, le poids relatif des dépenses sociales diminuera à mesure que la population issue du baby-boom disparaîtra. Ce reflux sera cependant très lent. Ainsi, en 2070, les dépenses sociales devraient toujours représenter 29,8% du PIB.

Tout au long de ces vingt dernières années, les projections de dépenses liées au vieillissement ont été tributaires de l'évolution (assez prévisible) de la démographie, de la santé de l'économie et des mesures gouvernementales (forcément moins prévisibles). Depuis l'an 2000, les prévisions de dépenses liées au vieillissement n'ont cessé d'être révisées à la hausse sauf pendant la période du gouvernement Michel (2014-2018) lorsqu'il fut décidé de retarder l'âge de la retraite à 67 ans et de restreindre l'accès à la prépension.

Relever le taux d'emploi

Quant à la crise économique engendrée par la pandémie, elle devrait, au final, peser moins lourdement qu'attendu sur le coût du vieillissement. Le président du CEV Johan Van Gompel précise toutefois qu’il faudra veiller à restaurer une situation budgétaire saine.

"Je suis un peu inquiet. L’endettement a bondi à 114% du PIB fin 2020 et devrait encore augmenter jusque 123% d’ici 2026."
Johan Van Gompel
Président du Comité d'étude sur le vieillissement

"Je suis un peu inquiet. L’endettement a bondi à 114% du PIB fin 2020 et devrait encore augmenter jusque 123% d’ici 2026. Ce n’est pas un bon point de départ pour amortir le coût du vieillissement", prévient-il.

Pour résorber le déficit, Johan Van Gompel plaide en faveur d'un relèvement du taux d’emploi, ce qui permet de gagner sur deux tableaux: on augmente les recettes de l’État et on améliore le potentiel de croissance de l’économie. Accessoirement, il faudra, selon Johan Van Gompel, veiller à maîtriser les dépenses sociales et viser une croissance de la productivité de 1,5% par an.

"Bidenomics à la belge"

La ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), estime, pour sa part, que "le momentum est là pour pratiquer du Bidenomics à la belge", c’est-à-dire investir massivement dans l’économie, comme le fait l’administration de Joe Biden aux États-Unis, pour stimuler la croissance et l’emploi et garantir ainsi la soutenabilité financière de notre modèle social.

Par contre, elle n’a pas souhaité s’avancer sur la grande réforme des pensions qu’elle doit en principe finaliser pour la rentrée de septembre.

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