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"Les prix de l'immobilier devraient baisser de 1 à 3% cette année"

Selon plusieurs banques, les prix de l'immobilier devraient diminuer en 2020. ©BELGAIMAGE

L'intérêt pour l'immobilier ne s'est pas tari durant la crise, vu le nombre de transactions réalisées le mois dernier, qui ont même augmenté de 8,4% par rapport à 2019. Mais cela n'empêche, les prix reculeront bien cette année.

Si le nombre de transactions immobilières a reculé de 30% au premier trimestre 2020 par rapport à la même période en 2019 suite à la suppression du bonus-logement en Flandre et à la crise du coronavirus, la reprise pour le secteur depuis le déconfinement a été un franc succès.

Dès la mi-mai, l'intérêt pour l'immobilier a augmenté. Le nombre de visites de sites immobiliers sur Google était plus élevé dès la fin du confinement que juste avant celui-ci, selon les statistiques d’Immoweb, Immovlan et Zimmo. Un intérêt qui s’est traduit par un nombre de transactions en hausse de 8,4% en juin par rapport au même mois un an plus tôt, selon le dernier baromètre des notaires.

Moins de transactions en 2020

Malgré cette reprise rassurante pour le secteur, ING prévoit, dans une étude, pour l'ensemble de l'année 2020, que le nombre de transactions sera inférieur au niveau de 2019. Cette situation s'explique essentiellement par le fait que le nombre de transactions en 2019 était artificiellement élevé en raison de la suppression du bonus-logement en Flandre dès le 1er janvier 2020. L'annonce ayant été effectuée à la sortie de l'été 2019, les 4 derniers mois de l'année ont vu les acquéreurs se précipiter sur le marché en Flandre afin de pouvoir encore bénéficier de cet avantage fiscal.

Recul des prix pour plusieurs banques

-2%
ING anticipe une baisse des prix de l'immobilier de 2% en 2020.

Le dernier baromètre des notaires a également pointé une hausse des prix de l'immobilier en Belgique: le prix moyen d'un appartement a augmenté de 5,9% depuis le début de l'année, et celui des maisons de 1,9%. Pour les économistes, l'augmentation substantielle des prix des appartement est à mettre en perspective. Ils supposent qu'une part plus importante de la vente de nouvelles constructions aux investisseurs (qui achètent pour louer) a fait augmenter le prix de vente moyen. Un nouveau bâtiment coûte en effet beaucoup plus cher qu'un bâtiment existant.

ING anticipe donc toujours un recul des prix de l’immobilier pour la fin de l’année, malgré la bonne reprise du secteur. "La principale incidence négative de la crise du coronavirus sur l'évolution des prix est, comme nous l'avions souligné dans notre précédente étude, l'impact négatif sur la croissance des revenus", explique ING. Cette baisse des prix sera toutefois limitée car compensée par les mesures du gouvernement. Ces mesures soutiennent les revenus et, par conséquent, la stabilité du marché immobilier.

"La principale incidence négative de la crise du coronavirus sur l'évolution des prix est l'impact négatif sur la croissance des revenus."
ING

La faiblesse des taux d'intérêt continue également à soutenir le marché. La Banque centrale européenne (BCE) fait le maximum pour maintenir les taux d'intérêt du marché à un faible niveau et y parvient encore aujourd'hui. Les records de taux, qui sont historiquement bas, se sont enchaînés en juin et juillet.

"Comme la situation n'a pas fondamentalement changé en trois mois, nous maintenons nos prévisions selon lesquelles les prix de l'immobilier devraient connaître une légère baisse de 2 % en 2020. Pour 2021, nous tablons sur une stagnation des prix", affirment les économistes de la banque.

"Comme la situation n'a pas fondamentalement changé en trois mois, nous maintenons nos prévisions."
ING

Elle n'est pas la seule à maintenir ces prévisions de recul de prix. BNP Paribas Fortis, qui avait également sorti une étude en avril dernier à ce sujet, confirme ses perspectives. Autrement dit, la banque table sur une baisse des prix réels de 1% cette année et une stabilisation pour l'année prochaine.

"Nous prévoyons toujours une baisse de 5% en 2020 et 2021", a de son côté déclaré Johan Van Gompel de KBC. Chez Belfius, Véronique Goossens s'en tient toujours à une baisse de 2,5 à 3% pour cette année.

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