Les syndicats ne se contenteront pas de miettes salariales

Marie-Helene Ska, Secrétaire générale de la CSC ©BELGA

La norme salariale pourrait tourner autour des 0,2% pour les années 2017 et 2018. Les syndicats veulent pourtant des hausses de salaire significatives…

Rappelez-vous. Il y a un mois, la CSC évoquait la possibilité de boycotter les négociations de l’accord interprofessionnel (AIP). "Cela risque d’être difficile de se mettre à table", avait alors déclaré sa patronne Marie-Hélène Ska. La raison: la révision de la loi de 1996 sur la compétitivité et les salaires, confirmée dans l’accord sur budget 2017. Mise à la sauce suédoise, cette loi révisée cadenassera davantage les salaires, laissant augurer d’une marge de négociation proche du zéro absolu (hors indexation et hausses barémiques).

Certains ont déjà fait leurs calculs. Provisoires, s’entend. "Compte tenu des nouvelles règles, on pourrait espérer au minimum 0,2% de marge salariale. Peut-être plus, mais vraiment pas beaucoup", dit une source bien informée. Autant dire des miettes. Et pourtant, ce jeudi, la CSC, comme la FGTB et la CGSLB, s’assiéra à la table des négociations pour une première réunion du Groupe des dix (qui réunit les organisations syndicales et patronales) consacrée à l’AIP. Un calendrier a en effet été fixé jusque fin décembre.

0,2%
D’après certaines projections qui ont déjà été réalisées, la norme salariale "version suédoise" pourrait tourner autour de 0,2% pour 2017 et 2018.

Le syndicat chrétien a décidé de ne pas jouer la politique de la chaise vide. Le contraire aurait provoqué un véritable coup de tonnerre dans le ciel de la concertation sociale… La FGTB – taxée habituellement de plus dure et moins conciliante que sa partenaire – avait déjà opté, lors de son dernier bureau, pour la négociation. La CGSLB, elle, n’ayant jamais fait de mystère sur sa volonté de négocier.

©Photo News

"Que les choses soient claires, nous n’avons pas de difficultés à nous mettre autour de la table, pour autant qu’il y ait des choses sérieuses à négocier", justifie Marie-Hélène Ska. Les trois syndicats disent, en chœur, vouloir négocier des hausses de salaires "significatives".

Certains secteurs rêvent déjà d’une liberté de négociation allant jusqu’à une marge salariale de 3%, d’un AIP "ambitieux" dans lequel seraient fixés des objectifs de créations d’emplois. On évoque des demandes d’engagements allant jusqu’à 100.000 emplois sur deux ans.

"Les employeurs recevront 2,5 milliards d’euros sans la moindre promesse de leur part, justifie le président de la CSC Marc Leemans en faisant référence au tax shift et aux baisses de charges. "Même si on sait bien que c’est de la pure fiction, le tax-shift et les baisses de charges sont déjà une réalité. Rien ne peut obliger le gouvernement à les conditionner a posteriori…", dit pourtant un autre syndicaliste.

La réunion de ce jeudi se résumera surtout, pour les syndicats, à tester la volonté de négocier des employeurs. Le rapport du Conseil central de l’économie, qui fixe la norme salariale, n’est pas attendu avant le mois de décembre, voire début janvier. Dans l’intervalle, syndicats et patrons pourraient toujours négocier les volets plus "qualitatifs" d’un AIP. Tout en sachant que les salaires seront le point déterminant…

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés