Les travailleurs préfèrent convertir leur salaire en congés supplémentaires

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Près de 60% des travailleurs utilisent le Flex Income Plan pour s’offrir des jours de congés additionnels.

Le Flex Income Plan propose aux employés de convertir une partie de leur salaire en un avantage en nature. L’intérêt: un avantage fiscal qui augmente en quelque sorte la valeur du bien choisi. Le prestataire de service RH SD Worx livre la répartition de ces avantages. Presque sans surprise, près de 60% des travailleurs optent pour des jours de congé supplémentaires. "C’est un signal clair que le temps libre est d’autant plus précieux pour la plupart des collaborateurs", souligne Aurélie Vanham, Senior Legal Consultant chez SD Worx.

5.915 €
Le budget moyen annuel consacré au FIP. Le montant enregistre une faible baisse par rapport à 2017.

S’il est assez compréhensible de vouloir des vacances en plus, le choix des congés n’est pas optimisant d’un point de vue financier: "Les congés sont en effet moins avantageux puisqu’il n’y a pas d’exonération sociale ou fiscale. Le réel intérêt se situe donc dans l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle". Les plus avantageux, en terme d’optimisation, sont les warrants (option sur action). Ils n’occupent pourtant que la septième place et observent une baisse de 7% des choix des utilisateurs, "ce qui confirme aussi que les employés utilisent ce FIP pour améliorer leur qualité de vie. Il n’y a pas d’objectif d’optimisation maximale derrière chaque démarche", commente SD Worx.

L’éternelle voiture

Juste derrière les épargnes pensions, la voiture occupe la troisième position de ce classement. "Cela reprend deux catégories de véhicules de société. La première concerne les benefit cars, c’est-à-dire une voiture de société qui peut être choisie par le travailleur qui n’en dispose pas en dehors du plan cafétéria", par opposition aux voitures de société comprise dans un contrat. "L’autre comprend une sorte de valorisation de la voiture de société. Si un employé a une voiture de société dans son contrat, il va pouvoir opter pour un modèle supérieur, plus cher, via le budget des FIP" continue la juriste.

"On constate que la mobilité reste une valeur sûre, et que les alternatives vertes comme les vélos sont plus souvent choisies" explique-t-on chez Securex qui ne donne pas le nombre exact des travailleurs ayant opté pour les deux roues. Surprenant dès lors de voir chez SD Worx la faible part de la mobilité alternative. Pire: celle des transports en commun a diminué de 3% par rapport à l’année passée. "Cela peut s’expliquer par le fait que beaucoup d’entreprises proposent directement un abonnement de train ou de bus sans devoir passer par le plan cafétéria" observe Aurélie Vanham.

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Hausse massive

Les FIP ont connu une hausse flagrante par rapport à 2017, malgré une faible baisse du budget moyen (5.915 euros). Le nombre de travailleurs pouvant y avoir recours a augmenté de 47%. "Il y a une volonté des entreprises de renforcer leur attractivité dans un contexte de guerre des talents, analyse Aurélie Vanham. Les FIP permettent très clairement de donner plus de liberté aux employés". Même son de cloche du côté de Securex qui précise: "Les employeurs notent qu’ils sont perçus comme modernes lorsqu’ils donnent le choix du contenu de leurs salaires. Les employés apprécient grandement le fait qu’ils puissent donner leur propre interprétation de leur salaire jusqu’à un certain niveau".

Les syndicats de leur côté avaient déjà dénoncé cette possibilité de conversion, arguant qu’elle était contraire aux conventions paritaires en vigueur. Ils avaient également souligné que ce plan avait un impact sur le calcul de la pension, de l’assurance-maladie ou pour le calcul des allocations de chômage.

La demande vient des travailleurs eux-mêmes, répondent les RH. Une étude de SD Worx évoquait 57% de travailleurs désireux d’adapter eux-mêmes leur package salarial. Ils sont près de 70% pour Securex.

Pourtant, ce plan ne concerne pas tout le monde. Les chiffres de Securex indiquaient que seuls 17% des travailleurs en profitaient. Un cadre sur trois utilise ce système, contre à peine 15% des ouvriers et des employés. "Cela s’explique tout d’abord d’un point de vue juridique, selon les commissions paritaires", explique Aurélie Vanham.

Mais derrière le cadre de la loi apparaît aussi une raison plus pragmatique: "Le budget s’établit en fonction de la rémunération. Un budget disponible est plus facile à dégager chez les employés et les cadres". Plus le salaire initial est élevé, plus le budget dressé va augmenter.

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