Loi de 1996 | "On pourrait l'assouplir quelque peu"

Pierre Wunsch plaide pour un assouplissement de la loi de 1996 qui tienne compte de disparités sectorielles ou sous-régionales.

Pierre Wunsch a – prudemment certes – remis en cause la loi de 1996 sur la compétitivité. Pour rappel, cette loi doit garantir que l’évolution des salaires belges ne dérape pas par rapport aux salaires dans les trois pays voisins (Allemagne, France et Pays-Bas). La colère syndicale qui s’est exprimée lors de la grève générale de mercredi dernier est précisément dirigée contre cette loi jugée trop rigide, surtout depuis qu’elle a été resserrée en 2016 par le gouvernement Michel.

Les analyses économiques de la Banque nationale

"Après cinq années de croissance économique, on attend des récompenses, c’est normal. La loi de 1996 est sans doute un peu rigide, peut-être faudrait-il l’adapter en y insérant un peu plus de flexibilité, admet Pierre Wunsch. Mais cela ne signifie certainement pas changer toute la loi, car elle reste nécessaire pour garantir notre niveau de compétitivité", s’empresse-t-il de préciser. "Cette loi nous a du reste prémunis contre une répétition des dérapages salariaux des années 80 et 90."

©MEDIAFIN

La productivité bat de l’aile

Le gouverneur suggère d’insérer un peu de flexibilité, mais sans perdre de vue l’évolution de la productivité. Celle-ci a quelque peu marqué le pas ces dernières années (voir infographie). Pourquoi? Parce que le gouvernement a fait des efforts considérables pour favoriser l’embauche des personnes peu qualifiées. "Engager une personne au salaire minimum, il y a trente ans, c’était 100% de charges pour l’employeur. Aujourd’hui, il ne paie pratiquement plus aucune charge sur une personne payée au salaire minimum", relève Pierre Wunsch.

Donc flexibiliser la loi de 1996, oui, mais pas trop. "Si les salaires doivent augmenter, espérons qu’ils puissent augmenter un peu plus là où il y a des pénuries de main-d’œuvre, c’est-à-dire dans certains secteurs ou dans certaines sous-régions. Il faudrait un peu plus de marge pour opérer une différenciation salariale, mais sans dévier de l’objectif, qui est de préserver notre position concurrentielle."

Pas question non plus, insiste le gouverneur, d’évoluer vers une régionalisation de la formation des salaires, comme certaines voix flamandes le suggèrent.

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