Mauvaises nouvelles pour le budget fédéral

©Dieter Telemans

Les chiffres du Comité de monitoring viennent de tomber et ils ne sont pas bons. Entre 734 millions et 1,4 milliard d'efforts structurels supplémentaires devront être fournis pour le budget 2018, soit dans le plus mauvais scénario un montant de 4,5 milliards d'euros que le gouvernement fédéral devra dénicher lors du conclave à venir.

L'effort structurel que le Fédéral devra réaliser en 2018 est chiffré. Selon les calculs encore provisoires du Comité de monitoring, deux scénarios sont sur la table du gouvernement Michel. Celui-ci doit normalement entamer ses travaux d'ajustement budgétaire à la fin de cette semaine et attend les chiffres définitifs du Comité de monitoring pour sortir les bouliers compteurs.

Les deux scénarios

> Le plus pessimiste demande un effort budgétaire supplémentaire de l'ordre de 1,4 milliard d'euros. Il prend en compte l’hypothèse d'une croissance de 1,8%. Ce trou de 1,4 milliard d'euros fait donc monter la note du budget fédéral pour l'exercice 2018 à 4,5 milliards d'euros.  

> L'autre scénario, plus réaliste, requiert un effort budgétaire limité à 734 millions d'euros. C'est la piste qui sera privilégiée lors du conclave budgétaire à venir. Pour cela, il faut que le gouvernement modifie le rythme des réformes engagées et qu'il fasse preuve de prudence budgétaire. L'instauration de nouvelles taxes peut également être une piste à explorer.

Au cabinet de Sophie Wilmès (MR), la ministre du Budget, on explique aussi que le rapport final du Comité de monitoring pointe "une légère révision à la hausse du déficit de l’Entité I pour 2018, à hauteur de 576 millions d’euros" du fait "de variations, tant à la hausse qu’à la baisse, des différentes composantes du budget". Deux raisons justifieraient notamment cet écart par rapport au budget initial, "l’indexation imprévue dans l’élaboration du budget 2018 des salaires et des prestations sociales" et "des effets volumes constatés dans le paiement des pensions", indique-t-on au cabinet Wilmès, en précisant que l'effet pension joue "un rôle non-négligeable".

Atterrissage espéré pour Pâques

"Les chiffres ne sont pas terribles, mais on a déjà connu bien pire. Cet exercice est tout à fait réalisable. Nous allons néanmoins devoir nous pencher sur les paramètres qui ont bougé comme les recettes fiscales et les dépenses primaires".
Une source gouvernementale
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Ces chiffres constituent le point de départ des groupes techniques qui se réunissent en vue de préparer le contrôle budgétaire. Les travaux se dérouleront durant les deux prochaines semaines: l’idéal, selon plusieurs sources, serait de pouvoir atterrir avec un accord budgétaire durant les vacances de Pâques.

A noter que l’hypothèse de croissance de 1,8% est une fourchette basse fournie par le Bureau du Plan, puisque l’Ires, l'Institut de recherches économiques et sociales, prévoit déjà une croissance de 2% en 2018.

Une source gouvernementale expose: "les chiffres ne sont pas terribles, mais on a déjà connu bien pire, cet exercice est tout à fait réalisable. Nous allons néanmoins devoir nous pencher sur les paramètres qui ont bougé comme les recettes fiscales et les dépenses primaires".

"Les résultats sont là", nuance la ministre du Budget

Interrogée, la ministre du Budget, Sophie Wilmès, dit ne pas être "inquiète" au sujet des chiffres du comité de monitoring dévoilé ce mercredi. "Il est clair que ces chiffres ne remettent pas en cause notre volonté assainissement budgétaire? Nous travaillons depuis le début de la législature d’arrache-pied pour avancer dans cette direction et les résultats sont là. J’entends les critiques de l’opposition, mais franchement elles ne nous impressionnent en rien. Il suffit de voir les chiffres qui étaient les leurs quand ils étaient aux responsabilités, il n’y a pas lieu de pavoiser ni de critiquer. Nous sommes sérieux et nous sommes crédibles. Maintenant, nous allons examiner un certain nombre de paramètres attentivement, reprendre le rapport du comité de monitoring ligne après ligne et tenter de comprendre par exemple pourquoi certaines recettes ne sont pas aussi productives que nous avions escompter. Mais il faut être tout à fait clair et limpide: 2/3 du chemin de l’assainissement budgétaire qu’avait pris ce gouvernement fédéral est désormais réalisé, nous allons poursuivre".

Ailleurs, dans la coalition, une autre source gouvernementale nuance: "ceci prouve quand même que nous n‘avons pas été assez loin dans l’assainissement quand nous avions l’occasion de le faire".

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