Moins de licenciements collectifs prévus en Belgique

Le groupe de distribution Blokker a dévoilé le plus lourd nouveau plan Renault du premier semestre écoulé ©Jonas Roosens

Sur les six premiers mois de l’année, 34 entreprises ont annoncé leur intention de procéder à 2.203 licenciements collectifs; c’est le plus bas chiffre semestriel sur les cinq dernières années. En revanche, 40 entreprises ont effectivement remercié 5.157 travailleurs sur la même période (procédures Renault terminées): au plus haut sur cinq ans. Les lourds plans de restructuration dévoilés fin de l’an dernier par Caterpillar et ING ont abouti cette année, ce qui explique cette dichotomie.

En termes d’emplois, le bilan des licenciements collectifs au premier semestre 2017 est le meilleur des cinq dernières années pour ce qui est des annonces de restructuration: les employeurs n’ont programmé "que" 2.203 suppressions d’emploi, en Belgique contre 4.344 à fin juin 2016, ainsi qu’il ressort des dernières statistiques du SPF Emploi. Sur les cinq ans, le premier semestre 2014 s’était avéré socialement le plus lourd avec 7.377 licenciements annoncés.

Concernant les plans Renault clôturés, en revanche, les six premiers mois de cette année sont les pires depuis 2013 avec 6.266 licenciements prévus au lancement des procédures et 5.157 licenciements effectifs. À fin juin 2016, les entreprises n’avaient donné leur C4 qu’à 2.035 travailleurs (sur 2.257 emplois initialement visés). Sous cet angle, le précédent plus mauvais début d’année avait été enregistré 2013 avec 5.132 licenciements effectifs, soit 35 de moins que ce semestre-ci.

"De janvier à juin 2017, 3.777 hommes sont concernés par un licenciement collectif, contre 1.350 femmes. Le rapport est à trois quarts masculin."
extrait du rapport du spf emploi

L’explication est simple: les plans Renault massifs dévoilés fin de l’an dernier dans notre pays par le groupe financier néerlandais ING et par le fabricant d’engins de chantier américain Caterpillar ont abouti cette année aux envois de C4 aux travailleurs concernés. Caterpillar, qui avait programmé au début de la procédure à l’automne dernier 2.101 suppressions de poste, en a signifié début 2017 un total de 1.997, soit 104 de moins qu’au départ, tandis qu’ING, qui tablait fin 2016 sur 1.700 licenciements, en a finalement enregistré 932, soit, dans son chef, 770 de moins tout de même.

On l’aura compris en découvrant ces chiffres: la différence entre les plans Renault initiaux et les licenciements définitifs est parfois importante, toujours dans le sens d’une amélioration.

Au premier semestre 2017, cette amélioration est de 1.109 emplois. Autrement dit, sur la période, 1.109 postes ont été sauvés entre le début et la fin des procédures. En chiffres absolus, c’est d’ailleurs le nombre de sauvetages semestriel le plus élevé des cinq dernières années. Ce qui laisse à penser que, soit la procédure légale d’information et de consultation ("Renault") donne de bons (de meilleurs) résultats en permettant aux représentants des travailleurs de négocier les restructurations à la baisse, soit les employeurs ont bien compris la manœuvre et chargent systématiquement la barque avant l’ouverture des négociations, pour se réserver ensuite le bon rôle en allégeant spectaculairement l’addition…

Annonces de bon augure

Retour aux annonces, qui constituent somme toute un meilleur baromètre de la tendance en cours. Entre janvier et fin juin 2017, seules 34 entreprises ont ouvert une procédure Renault, contre 59 un an plus tôt et 61 à fin juin 2015. Sur les 2.203 emplois visés, 1.439 étaient basés en Flandre, contre 491 en Wallonie et 273 en Région bruxelloise.

Le groupe de distribution Blokker a dévoilé le plus lourd nouveau plan Renault début 2017. © Jonas Roosens ©Jonas Roosens

Les plus lourdes restructurations, sans commune mesure avec les plans de Caterpillar et d’ING, ont été le fait des filiales du groupe de distribution Blokker (302 emplois menacés), du bureau de contrôle Vinçotte (195), du fabricant de nacelles élévatrices JLG (185), de l’équipementier de transport Bombardier (160) ou encore du fabricant d’outils diamantés Wendt Boart (filiale du groupe américain 3M).

Par secteur, la transformation du métal était la plus touchée avec 759 licenciements envisagés, devant la distribution (471) et l’agroalimentaire (212). Dans ce dernier secteur, Coca-Cola a annoncé 50 à 75 licenciements collectifs à Bruxelles tandis que Mondelez en a programmé 45 dans son usine de fromage près de Namur.

Moins de femmes licenciées

Le SPF Emploi s’est par ailleurs attaché, pour la première fois, à passer les statistiques des licenciements collectifs au filtre des genres. Il n’a pu le faire que pour les suppressions d’emploi effectivement notifiées, pas pour les annonces d’intention, puisqu’il faut pouvoir disposer des listes concrètes des personnes visées.

Sur la période de janvier à juin 2017, 3.777 hommes ont été licenciés contre 1.350 femmes. Trois fois plus d’hommes que de femmes, donc. L’administration explique cette disparité par l’importance du plan de Caterpillar dans la statistique: la filiale belgo-suisse du géant américain a en effet remercié 1.846 hommes sur 1.997 personnes (151 femmes), soit 92% du total.

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