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Pierre Wunsch: "Le risque de stagflation est limité"

Pierre Wunsch estime que le retour de l'inflation n'est pas nécessairement une mauvaise chose. ©BELGA

Le gouverneur de la Banque nationale invite à ne pas dramatiser l'actuelle poussée d'inflation, qui ne devrait pas hypothéquer la reprise de l'économie.

L’actuelle flambée des prix de l’énergie fait craindre un ralentissement de la croissance et la persistance d’une inflation élevée. Certains analystes mettent même en garde contre un risque de stagflation, c’est-à-dire la combinaison funeste d’une inflation élevée et d’une croissance économique atone.

Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) Pierre Wunsch ne partage cependant pas cette inquiétude. "Même si cela peut évoquer la stagflation des années 70, nous n’en sommes heureusement pas là", a-t-il déclaré jeudi devant un parterre de journalistes réunis dans les salons de la Banque.

"Il faut essayer de passer à travers. La reprise devrait se poursuivre."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

La reprise de l’économie européenne se poursuit, même si elle est contrariée par des problèmes d’approvisionnement dans l’industrie. "En Allemagne, on a revu la croissance à la baisse pour cette année et à la hausse pour 2022. Autrement dit, une partie de la production se déplace vers l’année prochaine. En soi, ce n’est pas très grave. Il faut essayer de passer à travers. La reprise devrait se poursuivre", assure Pierre Wunsch.

Il estime qu’il n’y a pas lieu de dramatiser l’actuelle hausse des prix. "Les choses ne prennent pas un virage dangereux. Nous avons sous-estimé l’inflation au cours des derniers trimestres après l’avoir surestimée pendant sept ans. Notre scénario est celui d’une inflation culminant à 4% et qui se tassera ensuite."

"Nous voulons une inflation qui s’installe durablement autour de 2%."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

Effets de second tour

Une autre interrogation concerne le risque d’effets de second tour, c’est-à-dire d’une transmission des hausses de prix sur les salaires, par le biais de l’indexation notamment. Wunsch n’y voit pas une menace grave, au contraire. "C’est précisément ce que nous recherchons. Nous voulons une inflation qui s’installe durablement autour de 2%. Il faudra voir alors comment réagiront les marchés." Ces 2%, c’est l’objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE) sur le moyen terme.

"Si nous ne parvenons pas avec l’actuelle politique monétaire et budgétaire expansionniste à conserver 2% d’inflation, alors nous avons un problème."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

Pierre Wunsch redoute surtout le scénario d’une inflation qui se stabiliserait durablement à 1,5%. "Depuis dix ans, la BCE prend des mesures pour réveiller l’inflation. Si nous ne parvenons pas avec l’actuelle politique monétaire et budgétaire expansionniste à conserver 2% d’inflation, alors nous avons un problème. Alors on se condamne à vivre pendant dix ans avec des taux négatifs et des assouplissements quantitatifs. C’est maintenant ou jamais."

"Si par contre, la BCE parvient à relever durablement l’inflation, nous pourrions plus rapidement cesser nos rachats d’obligations et relever les taux par rapport à ce qui était envisagé il y a six mois", conclut-il.

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