Plus de la moitié des peu qualifiés ne travaillent pas

Les emplois les moins qualifiés sont les plus menacés. ©Belgaimage

D’ici 2030, 160.000 emplois peu qualifiés risquent de disparaitre, prévient l’OCDE. La qualité des emplois proposés risque en outre de se détériorer.

La Belgique pourrait bien perdre 160.000 emplois peu qualifiés d’ici 2030. Cette prédiction, formulée par l’OCDE, n’est pas le résultat de la crise actuelle. Il s’agit au contraire d’une tendance structurelle.

En 2018, le taux d’emploi des personnes peu qualifiées (celles qui n'ont pas terminé les humanités supérieures) était de 47%. En France, il était de 52%, en Allemagne de 61% et aux Pays-Bas de 63%. Ce chiffre doit également être mis en rapport avec le taux d’emploi global des 20-64 ans qui était de 69,7% en 2018. On note une détérioration de la situation depuis l’an 2000, lorsque le taux d’emploi des peu qualifiés en Belgique était encore de 51%. A ce rythme, l’OCDE prédit une baisse supplémentaire de 7% du taux d’emploi de cette catégorie de personnes d’ici 2030.

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Le facteur migratoire

47
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En 2018, le taux d'emploi des personnes peu qualifiées en Belgique était de 47%.

Le problème de sous-emploi concerne particulièrement les personnes d’origine étrangère. D'autant que la Belgique a tendance à attirer des migrants moins qualifiés que les pays voisins : 43% des personnes originaires de pays situés en dehors de l’UE n’ont pas de diplôme de l’enseignement secondaire, contre 32% aux Pays-Bas, 37% en France et 38% en Allemagne.

"Or les emplois du futur nécessiteront au minimum un diplôme de l’enseignement secondaire", prévient l’OCDE.

Jusqu’ici, les travailleurs peu qualifiés en Belgique ont pu se prévaloir de jobs relativement bien payés. Le salaire moyen de ces travailleurs était de 2.760 euros bruts durant la période 2016-2018 (2.050 euros en France, 1.670 euros en Allemagne et 2.880 euros aux Pays-Bas). Mais cela pourrait changer à mesure que l’industrie manufacturière (qui paie assez bien) poursuit son déclin au profit des services (qui paient en général moins bien).

D’ici 2030, le nombre d’emplois peu qualifiés devrait diminuer de 770.000 à 610.000 postes, soit 160.000 de moins (-21%). Dans le même temps, il y aura 100.000 emplois de plus (+5%) pour les moyennement qualifiés et 430.000 emplois de plus (+20%) pour les plus qualifiés.

Solutions

Le première solution prônée par l’OCDE est de réduire le coût du travail pour cette catégorie de personnes. Pour une personne qui vit seule et sans enfants avec un salaire égal à 67% du salaire moyen, c’est en Belgique que les cotisations patronales seront les plus importantes (26%) parmi les pays de l’OCDE. Et ce malgré les réformes fiscales successives.

"Il faudrait que les salaires des peu qualifiés soient davantage alignés sur la productivité réelle."
OCDE

"Il faudrait que les salaires des peu qualifiés soient davantage alignés sur la productivité réelle de ces travailleurs. Des efforts devraient être faits en ce sens par les partenaires sociaux belges, appuyés par le gouvernement", peut-on lire. Les auteurs du rapport s’interrogent au passage sur le fait que les salaires sont globalement les mêmes en Flandre et en Wallonie alors que la productivité est inférieure de 14% en Wallonie.

Le renforcement de la formation doit permettre d'améliorer l’employabilité de ces personnes pour qu’elles réintègrent le plus rapidement possible le marché du travail. Quant aux contrats de travail, ils devraient être plus flexibles.

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