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Pour 73% des patrons, l'école ne fait pas le job

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique. ©katrijn van giel

Jeunes et employeurs sont-ils sur la même longueur d'onde? La FEB et AG ont commandité un sondage pour pointer divergences et convergences sur toute une série de thématiques.

Quelles sont les attentes des jeunes par rapport au monde du travail? Sont-elles en adéquation avec ce que les employeurs imaginent? Pour le savoir, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et l'assureur AG ont commandé une enquête à l'institut de sondage iVox, réalisée entre avril et mai derniers. 800 jeunes de 17 à 28 ans – des étudiants, des demandeurs d'emploi et des jeunes travailleurs – ont été interrogés, ainsi que 180 employeurs représentant près de 80.000 emplois. Les résultats ont été dévoilés lundi, à l'occasion du lancement de la quatrième édition de Young Talent in Action, un événement dont l'objectif est de réduire le fossé entre les jeunes et les entreprises pourvoyeuses d'emploi. On notera que la marge d'erreur oscille entre 3% pour l'échantillon des jeunes, et 7% pour les employeurs.

L'école dans le viseur

Le premier point de convergence, c'est l'école. Quelque 52% des élèves du secondaire s'estiment mal préparés pour le monde du travail. Cela dit, les jeunes qui ont déjà une expérience professionnelle sont moins de la moitié à le penser (41%), ce qui traduit peut-être que leurs craintes peuvent être démenties par la réalité. Les employeurs sont plus sévères encore: pour 73% d'entre eux, l'école ne fait pas le job, parce qu'ils trouvent trop peu de profils adéquats.

Flexibilité et télétravail

"Les jeunes ne veulent plus d'horaires rigides, ils veulent travailler davantage certaines semaines, et moins d'autres. La législation ne correspond plus à leurs aspirations."
Pieter Timmermans
FEB

Employeurs et jeunes s'accordent aussi sur une demande de plus grande flexibilité dans leurs horaires. Ainsi, 75% des jeunes travailleurs ou étudiants du supérieur interrogés se disent demandeurs d'horaires flexibles. On se rappellera qu'il s'agit d'une revendication de la FEB, qui figure dans les intentions de réforme du marché du travail du gouvernement De Croo. Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, en a d'ailleurs profité pour enfoncer le clou: "Les jeunes ne veulent plus d'horaires rigides, ils veulent travailler davantage certaines semaines, et moins d'autres. Les entreprises sont d'accord et veulent plus de flexibilité pour organiser cela. Le problème, c'est que la législation actuelle est très rigide, elle date d'un autre temps, et ne correspond plus aux aspirations des jeunes".

Cette demande de flexibilité va de pair avec la possibilité de télétravailler, dont l'habitude s'est répandue pendant les confinements. 63% des jeunes travailleurs l'ont expérimenté à cette occasion et parmi eux, 66% en veulent davantage. S'ils sont peu à vouloir travailler uniquement depuis la maison (7%), un quart aime se rendre au bureau tous les jours. Mais la grande majorité – près de sept jeunes sur dix – donne sa préférence à un mix entre deux ou trois jours de télétravail par semaine et présence en entreprise. 90% des employeurs affirment proposer cette flexibilité.

Limiter les allocations de chômage dans le temps

14%
14% des jeunes interrogés estiment qu'il ne faut pas limiter les allocations de chômage dans le temps.

Autre point sur lequel jeunes et employeurs s'accordent, selon l'enquête: la limitation dans le temps des allocations de chômage. 14% des jeunes interrogés estiment qu'il ne faut pas les limiter dans le temps. 8% des employeurs sont du même avis. À noter que selon les auteurs de l'étude, 9% des jeunes interrogés percevaient une allocation de chômage au moment de l'étude et que 39% d'entre eux avaient déjà été dans cette situation.

L'étude met aussi en lumière une série de thématiques sur lesquelles jeunes et employeurs ne sont pas sur la même longueur d'onde: une majorité des jeunes considère notamment que les entreprises doivent faire plus d'efforts en matière de responsabilité sociétale, d'environnement et de diversité. Ils sont également à peine un tiers à attendre des augmentations des salaires basées sur la productivité alors que trois quarts des employeurs pensent que les jeunes recherchent ce type de promotion.

Le résumé

La FEB et l'assureur AG ont commandé une enquête réalisée entre avril et mai derniers sur 800 jeunes de 17 à 28 ans.

Objectif: connaitre les attentes des jeunes sur le marché du travail.

52% des élèves du secondaire s'estiment mal préparés pour le monde du travail.

Les jeunes réclament plus de flexibilité, la limitation des allocations de chômage dans le temps et plus d'efforts sur l'environnement.

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