Pour sortir de la crise, il faudrait que les prix augmentent

L'alimentation fait partie des quelques secteurs qui ont pu augmenter leurs prix de détail. ©Pierre HAVRENNE/PACHACAMAC

Une remontée des prix aiderait les entreprises à sortir de la crise. Mais d’après Euler Hermes, la plupart des secteurs n’ont pas cette marge de manœuvre sur le court terme.

Les entreprises doivent faire face à la crise du Covid-19 depuis plus d'un an. Cela a entraîné une augmentation des coûts sur toutes sortes de fronts. La flambée actuelle des prix des matières premières en est un bon exemple. Cela se fait au détriment des marges bénéficiaires des entreprises, ce qui affecte directement leur santé financière.

Pour s'en remettre, l'augmentation des prix de détail est la solution la plus évidente. Mais dans la pratique, la plupart des entreprises ne peuvent pas se le permettre. Tout simplement parce que le client s’en ira ailleurs.

Euler Hermes, un des leaders mondiaux de l’assurance-crédit, a examiné le pouvoir de fixation des prix à court et à long terme de 19 secteurs de la zone euro. Les économistes ont comparé l'évolution des prix de détail avec celle des coûts de production. À quelques exceptions près, pratiquement tous les secteurs présentent une certaine capacité d’augmenter leurs prix à très long terme.

À court terme en revanche, la situation apparaît bien différente. Seuls quelques secteurs ont la possibilité d'augmenter rapidement les prix de détail, dont l’alimentation, le textile, les appareils ménagers, la téléphonie et la restauration. Les prix des carburants entrent également dans cette catégorie.

"Les marges des entreprises resteront sous pression pendant les mois à venir."
Euler Hermes

À terme cependant, ces secteurs ne pourront pas continuer à répercuter les hausses de coûts sur leurs prix de vente. La plupart d’entre eux sont soumis à une forte concurrence, soit sur le marché domestique (restauration, alimentation…), soit sur le marché global (textile, appareils ménagers…).

Au fur et à mesure que la crise se résorbe et que les taux de vaccination augmentent, la hausse des coûts peut être inversée, mais pas avant le troisième trimestre 2021. "Cela signifie que les marges des entreprises resteront sous pression pendant les mois à venir", prévient Euler Hermes. C'est pourquoi l'assureur-crédit estime qu'il est important que les pays de la zone euro continuent à soutenir les entreprises.

Trois secteurs à l'abri

Euler Hermes a également examiné les secteurs qui ne souffrent guère de la hausse des coûts de production. Pour ce faire, il a développé un indice basé sur cinq facteurs : le pouvoir de fixation des prix à court terme, l'élasticité de la demande, la tendance de la rentabilité, les changements récents des prix des intrants (composants) et, enfin, la capacité de compenser la hausse des prix des importations par les exportations.

Il en ressort que seuls trois secteurs ne sont pas soumis à la pression financière de la hausse des coûts de production, à savoir : les produits pharmaceutiques, les ordinateurs et l'électronique grand public. Autrement dit, si les prix de vente au détail dans ces secteurs augmentent, ils parviendront toujours à écouler le même volume de marchandises.

33%
Les secteurs qui parviennent à répercuter sur les prix de détail la hausse de leurs coûts de production ne représentent qu’un tiers (33%) de l’indice des prix à la consommation.

Pas de risque d’inflation

En attendant, le peu de marge de manœuvre dont disposent la plupart des entreprises pour augmenter les prix de détail à court terme réduit le risque d’un retour de l’inflation dans la zone euro. Les secteurs qui parviennent à répercuter sur les prix de détail la hausse de leurs coûts de production ne représentent qu’un tiers (33%) de l’indice des prix à la consommation. "Nous ne voyons dès lors pas l’inflation rebondir durablement dans la zone euro", annonce Euler Hermes.

"Nous ne voyons pas l’inflation rebondir durablement dans la zone euro."
Euler Hermes

Les seuls risques qui pourraient amener une accélération de l’inflation sont une hausse persistante des coûts de production ou des décisions politiques qui toucheraient certains secteurs (une politique climatique qui taxerait davantage l’énergie par exemple).

Le résumé

  • Une remontée des prix aiderait les entreprises à sortir de la crise.
  • Mais d’après Euler Hermes, la plupart des secteurs n’ont pas cette marge de manœuvre sur le court terme.
  • Seuls trois secteurs ne subissent pas la pression financière de la hausse des coûts de production : les produits pharmaceutiques, les ordinateurs et l'électronique grand public.

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