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Pourquoi la Belgique a-t-elle perdu de son attractivité?

Un handicap majeur pour la compétitivité belge: l'absence de norme énergétique offrant une électricité moins chère aux grosses industries. ©BLOOMBERG NEWS

La Belgique passe de la 13e à la 17e place au classement établi par BDO des pays les plus attractifs pour les investisseurs étrangers. Notamment à cause de notre dépendance énergétique...

La Belgique a perdu en attractivité auprès des entreprises internationales. En cause principalement, notre trop grande dépendance énergétique et le prix élevé de l’énergie pour les consommateurs.

C’est ce que montre l’International Business Compass 2018 du cabinet-conseil BDO. L’étude, qui a été réalisée en collaboration avec le Hamburg World Trade Institute (HWWI), passe 174 pays à la loupe. Par rapport à l’an dernier, notre pays a perdu quatre places, passant de la 13e à la 17e position.

"La Belgique est en retard pour les énergies renouvelables."
Hans Wilmots
CEO de BDO Belgium

Le score réalisé par un pays synthétise une multitude de paramètres. Ceux-ci sont agencés en trois catégories: l’économique (PIB, inflation, endettement, etc.), le politico-légal (liberté d’entreprendre, corruption, etc.) et le socio-culturel (emploi, chômage, santé, éducation, etc.). C’est en considérant ces trois aspects qu’une entreprise décidera de s’installer dans tel pays plutôt que dans un autre. Pour son édition 2018, BDO y a ajouté la dimension énergétique, estimant qu’après l’Accord de Paris, l’énergie est un facteur qui compte dans toute décision entrepreneuriale.

• Lisez aussi notre Edito Gare à ne pas se tromper de cible

En tête du classement, on retrouve deux villes-états: Singapour et Hong Kong, où le climat des affaires est jugé particulièrement favorable. Viennent ensuite la Suisse, les Pays-Bas et l’Irlande, trois concurrents directs de la Belgique dans la course aux investissements étrangers.

Pour l’environnement économique, la Belgique obtient une honorable 13e place. C’est moins bien par contre pour l’environnement politico-légal (17e position), où la stabilité n’est pas suffisamment garantie. "Nos voisins néerlandais ont pris des décisions il y a une dizaine d’années en matière de réduction des dépenses publiques et ils s’y tiennent", observe Hans Wilmots, CEO de BDO Belgium. Cette rigueur et cette constance font parfois défaut en Belgique, selon lui.

"Nos voisins néerlandais ont pris des décisions il y a une dizaine d’années en matière de réduction des dépenses publiques et ils s’y tiennent."
Hans Wilmots
CEO de BDO Belgium

Le moins bon score de la Belgique se situe au niveau social et culturel, avec une 21e place au classement. Le principal écueil, c’est la trop faible participation au marché du travail.

Électricité chère

"La facture énergétique élevée des ménages diminue le pouvoir d’achat de ceux-ci, ce qui, indirectement, aura un impact sur les entreprises."
Hans Wilmots
CEO de BDO Belgium

Pour ce qui est de l’énergie, la Belgique souffre de son important degré de dépendance énergétique, d’une part, et de prix énergétiques élevés d’autre part. Quand on regarde dans le détail toutefois, on constate que les ménages sont moins bien lotis que les entreprises. La Belgique figurait en 2016 dans le top 3 des pays de l’OCDE où l’électricité pour les ménages est la plus chère (derrière le Danemark et l’Allemagne). Alors que notre pays était hors du top 5 pour ce qui est de la facture d’électricité des entreprises. "Ceci étant, la facture énergétique élevée des ménages diminue le pouvoir d’achat de ceux-ci, ce qui, indirectement, aura un impact sur les entreprises", nuance Hans Wilmots.

Quant à la dépendance énergétique, la solution, c’est d’investir dans les énergies renouvelables. "Un domaine où la Belgique est en retard", note Hans Wilmots.

Enfin, BDO a classé les pays selon l’intensité avec laquelle les ressources sont consommées. L’équivalent de l’"empreinte carbone" en quelque sorte. Cet exercice permet de vérifier à quel point le pays est prêt à réaliser la transition énergétique vers le renouvelable. Un aspect qui intéresse également les investisseurs.

Cet indicateur tient compte de la consommation énergétique, du volume de déchets électroniques générés par habitant (c’est le point faible des pays développés), des surfaces agricoles cultivées, de l’exploitation des ressources forestières (c’est le point faible des pays en développement) et de la consommation d’eau par habitant. La Belgique est 16e de ce classement emmené par les Etats-Unis, le Canada et la Finlande. Pas étonnant pour un pays qui, depuis le 1er avril, vit à crédit sur la planète.

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