"L'entrepreneur n'a guère confiance dans la politique"

Christine Mattheeuws, présidente du SNI: " Cela devient maintenant une urgence. Les politiciens de ce pays doivent montrer qu'ils sont sérieux à l'égard des entrepreneurs." ©BELGA

Trop de taxes, trop de charges administratives, des incertitudes, les conséquences du Brexit... Un entrepreneur sur trois se montre "très pessimiste" pour 2020, selon le SNI. Par contre, l'absence de gouvernement ne semble pas un problème pour le monde des affaires...

Les entrepreneurs n'abordent pas 2020 avec une grande confiance. Moins d'un tiers s'attend à une croissance de son entreprise. Un sur huit prévoit une baisse de son chiffre d'affaires... Le SNI, syndicat neutre pour indépendants, a mené l'enquête auprès de 1.421 patrons. Il constate qu'un sur trois se montre "très pessimiste"...

Il y a quelques jours, la même organisation pointait déjà l'augmentation de 6 % du nombre de cessations et de faillites sur un an. Autre chiffre inquiétant: plus d'une entreprise sur huit craint de devoir licencier du personnel. Mais pourquoi tant de morosité? 

Les facteurs sont nombreux. "Il y a beaucoup d'incertitudes" notamment au niveau financier et commercial, relève le SNI. "La politique intérieure est au point mort depuis longtemps, les conséquences du Brexit ne sont pas claires et les résultats financiers et commerciaux ne sont pas très prometteurs pour beaucoup d'entrepreneurs. Ces facteurs entraînent des réticences et un manque de confiance."

Trop de charges, trop de taxes

Du point de vue pratique, les entrepreneurs pointent principalement les charges administratives (38%), des coûts salariaux trop élevés (23%) et la difficulté pour trouver le personnel adéquat (15%). La pression fiscale et les mauvais payeurs complètent le top 5 des problèmes. Ainsi, 35% des factures n'auraient pas été réglées à temps cette année. Une proposition de loi sur le recouvrement amiable, qui vise à restreindre les moyens d'action des entreprises contre les clients mauvais payeurs, a été envoyée au Conseil d'État.   

Les politiciens de ce pays doivent montrer qu'ils sont sérieux à l'égard des entrepreneurs et qu'ils peuvent mettre en place un gouvernement favorable aux entreprises.
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI

"Le SNI veut de toute urgence des mesures tangibles pour attaquer les sources de ces différentes problématiques." Le souci, c'est que "ce sont les thèmes qui reviennent tout au long de l'année. Malgré tous nos efforts, nous constatons peu d'amélioration dans la pratique pour nos entrepreneurs. Les entrepreneurs attendent avec impatience la mise en place de mesures et d’actions qui résolvent leurs préoccupations majeures."

On sent là un certain énervement. Pourtant, le gouvernement Michel avait travaillé en faveur des indépendants et des PME, avec une baisse des cotisations sociales et de l'Isoc... Bref, une nouvelle coalition au fédéral? Oui, mais pas n'importe laquelle. Le SNI a ainsi relevé que 72% des entrepreneurs estiment que l'absence de gouvernement n'a pas d'incidence négative sur leurs affaires... "Cela montre que l'entrepreneur n'a guère confiance dans la politique et craint que sa situation ne se détériore avec un gouvernement qui introduirait de nouveaux impôts ou de nouvelles charges entre autres administratives", explique le syndicat. 

 

l'absence de gouvernement n'a pas d'incidence négative sur leur entreprise. Cela montre que l'entrepreneur n'a pas beaucoup confiance dans la politique et craint que sa situation ne se détériore avec un gouvernement qui introduirait de nouveaux impôts ou de nouvelles charges entre autres administratives : " Cela devient maintenant une urgence. Les politiciens de ce pays doivent montrer qu'ils sont sérieux à l'égard des entrepreneurs et qu'ils peuvent mettre en place un gouvernement favorable aux entreprises. Ce n'est qu'alors que l'on pourra regagner la confiance de l'entrepreneur et que l’on pourra continuer à faire prospérer notre pays ", 

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