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L'appareil d'État et les subventions salariales pèsent sur la dépense publique

Trois catégories de dépenses concentrent actuellement les écarts les plus importants par rapport à nos voisins: l’enseignement, le fonctionnement des administrations et les subventions salariales. ©Photo News

La Belgique dépense proportionnellement plus que ses voisins pour l’enseignement, le fonctionnement des administrations et en subventions salariales.

Cela ne surprendra pas grand monde: les dépenses publiques en Belgique sont très élevées. Elles représentent 52,1% du Produit intérieur brut (PIB) contre 47% en moyenne dans la zone euro. Si on se réfère à la moyenne des trois pays voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), la Belgique dépense toujours 4,5% en plus. Seules la France et la Finlande affichent un niveau de dépenses encore plus élevé que la Belgique.

Dans quels domaines notre pays dépense-t-il plus? Tel est l’objet d’une nouvelle étude de la Banque nationale de Belgique (BNB) qui retrace l’évolution au cours des vingt dernières années. L’étude s’arrête en 2019, avant la pandémie qui a fait exploser les dépenses publiques.

La charge de la dette a diminué

Le premier constat est qu’au cours des vingt dernières années, l’écart vis-à-vis des pays voisins a plus que doublé, passant en moyenne de 2,1% du PIB en 2001 à 4,5% en 2019. L’essentiel de l’augmentation de la dépense publique a eu lieu en 2008-2009, lors de la crise financière. Là où les Pays-Bas et l’Allemagne sont parvenus par la suite à ramener leurs dépenses au niveau d’avant la crise, la Belgique n’y est parvenue qu’en partie seulement.

La charge de la dette a beaucoup diminué. Ce gain a toutefois été absorbé par de plus fortes dépenses ailleurs.

Le deuxième constat est que par rapport au début des années 2000, la charge de la dette a beaucoup diminué, grâce à la réduction de l’endettement et la baisse des taux d’intérêt. Ce gain a toutefois été absorbé par de plus fortes dépenses ailleurs, surtout pour la protection sociale où une opération de rattrapage a été réalisée.

En 2001, les dépenses en protection sociale étaient inférieures d’environ 2% du PIB par rapport aux pays voisins. Elles ont, depuis lors, sensiblement grimpé, puisque l’écart comparatif était devenu quasiment nul en 2019. En particulier, les dépenses en maladie et invalidité, en vieillesse et pour la famille (allocations familiales, congé parental, etc.) ont augmenté, tandis qu'elles ont diminué pour le chômage.

Trois catégories

Trois catégories de dépenses concentrent actuellement les écarts les plus importants par rapport à nos voisins: l’enseignement, le fonctionnement des administrations et les subventions salariales.

Les subventions salariales sont destinées aux entreprises, sous la forme de dispenses de précompte professionnel.

L'école primaire et secondaire coûte plus cher que dans les pays voisins. "C’est au niveau des rémunérations que les écarts sont substantiels", précise la BNB.

Au niveau des administrations, les écarts les plus importants concernent "le fonctionnement global de l’État, les Services publics fédéraux Affaires étrangères, Intérieur et Finances ainsi que le fonctionnement des parlements et des cabinets ministériels", peut-on lire. Et ce sont à nouveau les rémunérations qui sont comparativement supérieures.

Quant aux subventions salariales, elles sont destinées aux entreprises, sous la forme de dispenses de précompte professionnel. Le système des titres-services absorbe également une bonne part du soutien au marché du travail.

Recommandations

Tout cela pose la question de l’efficacité de certaines dépenses, sachant que l’enseignement (surtout en Communauté française) ne brille pas par son excellence, si on se réfère aux indicateurs PISA de l’OCDE.

La BNB se demande s’il ne vaudrait pas mieux repenser la pression fiscale et parafiscale globale qui pèse sur le travail, plutôt que de chercher à corriger celle-ci par des subventions.

Sachant également qu’une augmentation des dépenses dans l’administration publique n'est pas une garantie d'un meilleur service rendu aux administrés, puisque l’écart s’explique avant tout par le niveau des rémunérations.

Enfin, concernant les généreuses subventions salariales, la BNB se demande s’il ne vaudrait pas mieux repenser la pression fiscale et parafiscale globale qui pèse sur le travail, plutôt que de chercher à corriger celle-ci par des subventions.

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