Qu'est-ce qui pourrait changer pour nos congés?

L'Europe demande à la Belgique de s'adapter à sa directive sur le congé de paternité. ©© lev dolgachov

La FEB souhaite changer notre système de congés pour le rendre plus égalitaire. Qu'est-ce qui pourrait changer? Les syndicats avancent leurs exigences pour le congé parental, l'absence pour force majeure...

Difficile de trouver une crèche pour le bébé? Maman va prendre un congé parental. Des problèmes pour reprendre le petit à l’école le mercredi à midi? Maman signe pour un 4/5e.

Le système de congés est trop centré sur les rôles traditionnels, regrette la FEB. La mère reste dévolue aux tâches familiales (enfant et ménage principalement). Ainsi, près de la moitié des travailleuses travaillent à temps partiel, pour un homme sur dix. Et environ 75% des congés pour soins sont pris par des femmes. L’organisation actuelle du travail favorise l’inégalité homme/femme et de ce fait, ne répond pas aux besoins des parents isolés et des familles recomposées. Ça ne va pas, il faut changer cela, estiment les patrons.

Quel genre de congés?

Monica De Jonghe, directrice générale de la Fédération des entreprises de Belgique, a donc profité de la Journée nationale de la femme, qui se tenait le 11 novembre, pour plaider en faveur d’une révision du système. Elle s’attaque à un gros morceau. À la base, notre système était structuré principalement en fonction des hommes. Au fur et à mesure, des aménagements ont été faits en faveur des femmes et des nouveaux besoins de la société. Mais la FEB dit vouloir aller plus loin. C’est le rôle de la femme dans la société qui est en jeu.

C’est un pas dans la bonne direction. J’espère que ça va être traduit en propositions qui seront effectivement des avancées pour les travailleurs…
Marie-Hélène Ska
CSC

Comment faire? Pas de proposition précise, mais des pistes lancées par la fédération des patrons: elle voudrait un système "misant sur une meilleure conciliation entre travail et vie privée, favorisant l’égalité entre hommes et femmes, visant une organisation du travail efficace et étant plus simple, plus transparente, socialement équitable ainsi que budgétairement neutre". Ainsi, la FEB prône pour un rôle actif des Régions dans un accueil "rémunéré de qualité" pour les enfants en bas âge et scolarisés.

Un congé de paternité obligatoire

"C’est un pas dans la bonne direction, juge Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. J’espère que ça va être traduit en propositions qui seront effectivement des avancées pour les travailleurs…" La responsable du syndicat chrétien rappelle que, par ailleurs, il y a toujours des propositions concrètes qui attendent d’être votées à la Chambre et qui permettraient de soutenir une "parentalité plus égalitaire", dont l’obligation pour le père de prendre son congé de paternité. "Et aussi celle qui propose de ne plus pénaliser une mère malade avant son accouchement." Ce qu'aimerait aussi Marie-Hélène Ska, c'est qu'il ne soit plus nécessaire pour le travailleur de justifier sa demande de crédit-temps avec une raison "légale".

Du côté de la FGTB, on se montre plus que méfiant par rapport à la sortie de la FEB. "Ils sont culottés!, râle Robert Verteneuil, le président. L'Europe demande à la Belgique de se mettre en conformité avec la directive sur le congé parental des pères. Evidemment, cela devra être géré dans les entreprises, comme le sont les congés de maternité..."

S'absenter pour force majeure

Ce que craint le président du syndicat socialiste, c'est l'amalgame entre ce congé parental et la notion générale de jours de congé. "Je sens qu'ils veulent que ça ne coûte rien aux entreprises..." Et ce que souhaite aussi la FGTB, outre l'allongement (à trois semaines) et le caractère obligatoire du congé de paternité, c'est la mise en oeuvre du congé pour force majeure, qui permettrait à un travailleur de s'absenter quelques heures suite à un problème soudain (enfant malade, etc.)

"Je veux bien réfléchir au système des congés, mais de façon globale, dans l'intérêt des uns et des autres. D'accord, certaines entreprises ont besoin de flexibilité de la part des travailleurs parce que les rythmes de production changent, admet Robert Verteneuil. Mais les travailleurs peuvent aussi avoir besoin de souplesse à un moment donné..."


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