"Réduire de moitié l'impôt sur les dividendes des PME cotées"

©Kristof Vadino

"Le gouvernement doit prendre des mesures pour rendre la Bourse à nouveau attrayante, tant pour les particuliers que pour les entreprises", estime Vincent Van Dessel, président d’Euronext Bruxelles. La Bourse présentera bientôt sa "liste de souhaits" au monde politique.

La Bourse de Bruxelles est en train de mettre la dernière main à une note qui sera adressée au prochain gouvernement et dont l’objectif est de rendre la Bourse à nouveau attrayante. "L’an dernier, de nombreuses actions ont subi une sérieuse correction. Mais ce n’est pas grave et c’est propre au marché. J’ose affirmer sans crainte qu’à long terme, la Bourse est une façon d’économiser beaucoup plus rentable qu’un compte d’épargne. En encourageant plus d’épargnants à investir, on crée à terme plus de prospérité", explique le président d’Euronext Bruxelles, Vincent Van Dessel. "C’est pourquoi il n’est pas logique que les comptes d’épargne soient subsidiés via une exonération fiscale. Il faudrait retirer l’exonération des carnets d’épargne pour la mettre sur les actions".

"Nous suggérons d’abaisser à 15% le précompte sur les dividendes des petites et moyennes entreprises cotées. Cela pourrait encourager les entreprises familiales à entrer en Bourse."
Vincent Van Dessel

En quelques années, le précompte mobilier est passé de 15% (pour les actions VVPR) à 30%. La taxe boursière a plus que doublé, passant de 0,17 à 0,35%. Une nouvelle taxe sur les comptes-titres a été introduite pour les portefeuilles d’au moins 500.000 euros.

Une taille plus grande

La Bourse peut aussi aider les entreprises locales à se développer et à conserver un ancrage belge, car dans de nombreux cas, elles tombent dans des mains étrangères dès qu’elles atteignent une certaine taille et ont besoin de capitaux. "Le gouvernement doit envoyer un message clair aux entreprises qui ont leurs racines en Belgique pour leur dire qu’elles peuvent aussi trouver ici aussi le substrat pour grandir", poursuit Van Dessel. "Nous suggérons d’abaisser à 15% le précompte sur les dividendes des petites et moyennes entreprises cotées. Cela pourrait encourager les entreprises familiales à entrer en Bourse."

Tax shift

Euronext propose un "tax shift pour investisseurs", qui prévoirait donc des réductions d’impôts pour les investisseurs. "Il faudrait un plan d’épargne en actions comme en France, où les avantages fiscaux sont nettement plus élevés que chez nous. Il faudrait aussi revoir la taxation des actions de société détenues par les employés. Nous sommes fort désavantagés par rapport à la France. Deux tiers vont à l’État, on a du mal à dire merci."

"A long terme, la Bourse est une façon d’économiser beaucoup plus rentable qu’un compte d’épargne."
Vincent Van Dessel
Président d’euronext Bruxelles

Les chiffres démontrent que les taxes découragent les investisseurs. Par exemple, le chiffre d’affaires des actions – si l’on ne tient pas compte de l’indice Bel 20, dont les actions ont la préférence de nombreux particuliers – a beaucoup souffert lors de l’introduction de la "taxe des riches" en 2012 et la taxe sur la spéculation en 2016. "Heureusement, nous avons pu compenser l’impact de ces taxes manquées et finalement supprimées. Le pourcentage d’actions hors du Bel 20 dans le chiffre d’affaires total est à nouveau monté à 13,7%, soit plus qu’avant l’introduction de ces taxes", explique Van Dessel.

Une mise à profit adéquate de l’expertise et de la collaboration peut aussi aider les entreprises à se développer via la Bourse. La biotech belge est un énorme succès grâce à l’existence d’un véritable écosystème de recherche, d’analyse, de financement et de soutien des autorités. Cette formule pourrait être appliquée aux jeunes entreprises technologiques.

Bon cru, malgré tout

L’exploitant de notre principale Bourse a traité l’an dernier en moyenne l’équivalent de 491 millions d’euros d’actions par jour, soit une hausse de 15,5% par rapport à l’année précédente. Les investisseurs ont surtout montré beaucoup d’intérêt pour Telenet (+ 79%), Umicore (+ 71%), GBL (+ 16%) et AB InBev (+ 14%). En termes de nombre de transactions, la Bourse a battu un record, avec une moyenne de 77.223 transactions par jour.

Ce sont surtout les maisons de Bourse anglo-saxonnes qui sont responsables de cette hausse, avec une part de 77% du volume, contre 2,3% pour les courtiers belges. "Même s’il faut souligner que certains acteurs belges transmettent leurs ordres via des courtiers étrangers et se retrouvent donc dans les chiffres des acteurs étrangers", nuance Van Dessel.

Autre évolution frappante: la hausse de 60% du chiffre d’affaires des transactions sur options, qui représentent 1,98 million de contrats. Cette hausse s’explique en grande partie par l’intérêt des investisseurs pour les options sur Galapagos et AB InBev.

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