Remplacement des F-16: Boeing a suspendu ses contacts avec les industriels belges

©REUTERS

Le géant américain, candidat au remplacement des F-16 avec son Super Hornet, a annulé les réunions prévues avec les entreprises belges intéressées par des retombées économiques. Et il ne sera pas présent aux Belgian Air Force Days à Florennes. Le porte-parole du constructure assure malgré tout que Boeing ne s'est pas retiré de la compétition.

Boeing, un des cinq candidats au remplacement des F-16 de la composante Air, a suspendu ses contacts avec les représentants de l'industrie aéronautique belge, a-t-on appris à bonne source vendredi. Le constructeur américain, qui propose son chasseur-bombardier F/A-18E/F Super Hornet, a également annulé sa présence aux Belgian Air Force Days, un meeting organisé à la base de Florennes les 25-26 juin dans le cadre des 70 ans de l'ex-Force Aérienne, a confirmé de son côté un porte-parole de la Défense.

Faut-il interpréter cette double rétractation comme un retrait probable du géant aéronautique américain du marché belge? Ce n'est pas impossible. Néanmoins, la porte-parole de l'entreprise, Marcia B. Costley, a précisé dimanche matin que Boeing ne s'était pas retiré de la course pour autant.

Il faut d'abord rappeler qu'officiellement, la compétition n'est pas encore lancée pour les futurs avions de combat de la Défense. Celle-ci a adressé à la mi-2014 une demande d'informations non contraignante à cinq agences étatiques représentant autant d'appareils différents, dont le Super Hornet, un appareil qui constitue une évolution - assez considérable tout de même - du F-18 Hornet. Le gouvernement Michel doit désormais approuver dans les prochaines semaines, sans doute avant le sommet de l'Otan prévu début juillet à Varsovie, un "Request for Government Proposal", qui permettra de lancer formellement le programme. Mais cette étape fondamentale est bloquée par les retards du plan stratégique pour la Défense, qui doit définir dans le détail les contours de l'armée d'ici 2030.

Lettres d'intention

Les industriels belges sont évidemment très intéressés par les retombées économiques de ce contrat, évalué à un montant de 3,573 milliards d'euros pour 34 appareils. Certains des constructeurs en lice - Lockheed Martin avec le F-35 et Dassault avec le Rafale - ont déjà signé des lettres d'intention avec des entreprises belges.

Contacté par nos soins, Boeing a démenti s'être retiré du programme de remplacement des avions de combat en Belgique. "Toutefois, précise un porte-parole de la Défense, Boeing n'aurait pas à se retirer officiellement, puisque l'appel d'offres n'est pas encore lancé".

"Boeing a toujours l'intention d'offrir le Super Hornet pour le programme belge de remplacement d'avion de chasse. Nous continuerons à dialoguer avec le gouvernement belge, les clients, les partenaires industriels et d'autres acteurs de ce processus", a précisé Marcia B. Costley. Selon Mme Costley, Boeing a toutefois, "dans un effort de recentrement de (ses) investissements en show aérien et en foires commerciales", pris "la décision difficile de se retirer des Belgian Air Force Days 2016 (prévues fin juin à Florennes, ndlr) et d'annuler son projet de réception avec l'industrie belge durant ce meeting".

Pour certains, l'entreprise américaine, qui n'est pas considérée comme favorite, pourrait commencer à perdre patience en raison de la lenteur de la procédure en Belgique, en se disant qu'il n'est pas intéressant de dépenser du temps et de l'argent tant que rien de concret n'est lancé. La presse américaine relève de son côté que Boeing ne considère plus les avions de combat comme une priorité pour son avenir. Boeing a perdu le marché du F-35, attribué à Lockheed Martin, ainsi que celui du futur bombardier stratégique, confié par le Pentagone à Northrop Grumman. Et sans nouvelles commandes, les chaînes de montage du F/A-18 et du F-15 doivent s'arrêter d'ici deux à trois ans.

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