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Remplacement des F-16: le gouvernement se donne du temps

©BELGA

Le sommet de l'OTAN n'est pas un ultimatum, selon Charles Michel, qui indique avoir jusqu'en octobre pour trancher. La proposition française sera examinée plus dans le détail.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, l'avait déjà laissé entendre, mais cette fois, c'est très clair: le gouvernement n'est pas tenu de prendre une décision sur le successeur du F-16 d'ici au sommet de l'OTAN qui aura lieu à Bruxelles les 11 et 12 juillet, a assuré vendredi le Premier ministre, Charles Michel, à l'issue du conseil des ministres.

Le gouvernement s'est accordé vendredi sur la façon dont il travaillera dans ce dossier "dans les jours et les semaines qui viennent". Il va recevoir une série de documents -certains d'entre eux sont classifiés- et les analysera avant de prendre sa décision.

Ce travail s'articulera sur trois principes: l'étude des arguments en faveur d'une prolongation des F-16 actuels, l'analyse des deux propositions introduites dans le cadre de l'appel d'offres lancé le 17 mars et l'analyse des informations transmises par le gouvernement français dans le cadre de la proposition de partenariat stratégique autour du Rafale de Dassault, formulée hors appel d'offres.

Pour rappel, les deux candidats qui ont remis des offres en bonne et due forme sont les Etats-Unis avec le F-35 Lightning II de Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon du consortium européen éponyme. Le rapport des experts militaires sur ces deux offres se trouve désormais sur le bureau du ministre de la Défense, qui doit le transmettre au kern.

L'Echo avait indiqué jeudi que l'offre française de partenariat stratégique, déposée en septembre 2017, n’avait pas encore été étudiée dans le détail, la version complète n’ayant d’ailleurs pas été déposée auprès des autorités du pays. Une seule réunion a eu lieu au cabinet du ministre de la Défense avec des représentants du ministre français de la Défense. Elle contient pourtant des éléments intéressants, comme une éventuelle participation au programme de Système de combat aérien du futur (Scaf) franco-allemand, ou encore, une période très courte (sur moins de trois ans) pour la livraison des 34 appareils. Selon nos informations, elle reste également dans le cadre de l'enveloppe budgétaire (3,6 milliards d'euros) prévue par la Belgique.

"Le gouvernement demandera plus d'informations sur la proposition française. La volonté du gouvernement est d'analyser le dossier dans tous ses aspects", a souligné Charles Michel.

"La volonté du gouvernement est d'analyser le dossier dans tous ses aspects"
Charles Michel
Premier ministre

Le Premier ministre n'a pas donné de délai de décision. Les offres remises dans le cadre de l'appel d'offres (soit le "Request for Government Proposal" ou RfGP) sont valables jusqu'au mois d'octobre, a-t-il indiqué, en précisant qu'il ne s'estimait pas lié par l'échéance du prochain sommet de l'OTAN. 

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, ne s'est pas exprimé sur la question lors de la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres. Ce dernier s'est toujours profilé comme étant favorable à une décision restant dans le cadre de l'appel d'offres. Mais la guerre commerciale entamée par les USA contre l'Europe et la relance de l'Europe de la Défense par Paris et Berlin ont modifié la donne, compliquant l'achat d'appareils américains.

Par contre, il peut sembler plus étonnant que le chef du gouvernement ait évoqué à nouveau la piste d'une prolongation de la durée de vie des F-16, alors que la récente polémique à ce sujet a montré que cette solution comportait de nombreux inconvénients et pourrait s'avérer peu pertinente.

 "Mieux vaut tard que jamais", a commenté dans l'opposition Georges Dallemagne (cdH). Le député défend l'option d'un avion de combat qui s'inscrit dans le cadre d'une Europe de la Défense, mais écarte cependant l'Eurofighter -un avion européen mais défendu par Londres-, un appareil selon lui qui pose "à peine moins de problèmes sur le plan des performances" que l'hypersophistiqué F-35, dont la mise aau point est laborieuse.

     "La position aberrante du ministre de la Défense devenait intenable. Comment pouvait-il encore justifier de rejeter d'un revers de la main un partenariat stratégique approfondi avec la France?" a-t-il ajouté.
     Le sp.a, qui avait éventé des documents sur la prolongation des F-16 tout en "révélant" des e-mails qui se sont avérés falsifiés, s'est réjoui de l'annonce du Premier ministre.
     "Le gouvernement se donne de la sorte le temps de mener le débat sur la Défense que nous voulons pour ce pays et la façon dont nous l'inscrivons dans une perspective européenne. C'est une opportunité pour le Premier ministre d'examiner les différentes pistes en toute transparence et d'en discuter au parlement. Ce dossier représente des milliards d'euros", a souligné le député Dirk Van der Maelen.

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