Reste-t-il vraiment une belle tranche de gras à couper dans le fonctionnement de la sécurité sociale?

©Photo News

La N-VA cible les "intermédiaires" qui coûtent trop cher.

Les faits

On connaît le désamour de la N-VA pour les mutuelles et les syndicats. Dans le débat sur le tax shift, la N-VA suggère donc de réaliser des économies dans le fonctionnement de la sécurité sociale afin de financer la baisse du coût du travail. Des pistes, il n’y en a pas des tonnes.

La N-VA ne parle pas de baisser les allocations sociales, mais estime que "trop d’argent est injecté dans les structures au lieu d’aller vers les gens". La N-VA cible donc les "intermédiaires" qui coûtent cher. Or, qui sont, justement, ces intermédiaires? On vous le donne en mille…

S’il y a moyen de fonctionner mieux, en étant moins cher, pourquoi pas, dit le MR. Mais de un, ce n’est pas à l’ordre du jour. Et de deux, le parti ne veut absolument pas se mettre à dos les syndicats ou les mutuelles. Pas pour le moment…

Le décodage

La gestion de la sécurité sociale coûte-t-elle si cher que cela? Les libéraux ne nient pas qu’il y a encore moyen d’économiser, même si des efforts considérables ont été faits (5 milliards d’économies en dépenses sociales, 20 millions dans les frais de gestion des mutuelles, les frais de personnel des autres organismes de sécurité sociale réduits de 4%).

"S’il y a moyen de fonctionner aussi bien avec moins de moyens, d’accord. Mais il faut veiller à assurer le bon fonctionnement des mutuelles", dit-on au MR. Pour les libéraux, les marges sont plutôt à trouver dans la lutte contre la fraude sociale ou les prescriptions de médicaments. Mais ils refusent de faire entrer ces économies dans un débat sur le tax shift. "Si on brûle toutes les cartouches d’économies possibles, que fera-t-on en cas d’ajustement budgétaire?"

Sur la législature précédente, les frais d’administration de la sécurité sociale ont baissé, proportionnellement aux dépenses de sécurité sociale (-0,2% entre 2010 et 2015). Ils représentaient une part de 3% du total des dépenses de sécu en 2010, contre 2,8% en 2015. Cela dit, les frais "bruts" n’ont cessé d’augmenter. Ils ont amorcé leur baisse en 2015, après la réforme de l’état et les transferts de compétences (-300 millions)…

Cela dit, notre sécurité sociale ne peut pas être qualifiée de dispendieuse face aux voisins. D’après Eurostat, l’UE27 consacre en moyenne 3,07% du budget de la sécurité sociale aux frais administratifs. La Belgique est donc pile dans la moyenne (3,07% en 2012, selon Eurostat). En France, on est à 4,18%, au Danemark 4,41%, aux Pays-Bas 4,60%, et en Allemagne, élève budgétaire "modèle" de l’UE, 3,58%. Les frais d’administration des assurances privées, s’élèvent, eux, entre 20 et 25%, signalaient aussi en 2014 Jean Hermesse, secrétaire générale des Mutualités chrétiennes.

Des frais administratifs pas nécessairement plus chers, mais pour quel résultat? La N-VA pointe l’inefficacité du système belge. Or, d’après un Eurobaromètre (2013), la Belgique est sur la troisième marche du podium en termes de taux de satisfaction des citoyens au regard de leur sécu. Loin devant la France (9e) ou l’Allemagne (10e)…

Et les syndicats, qui gèrent 90% des allocations de chômage, sont-ils efficaces? Coûtent-ils trop cher? Comparé à la Caisse publique (la Capac), les syndicats ont des frais de gestion deux fois moins élevés. Parce qu’ils sont plus efficaces? C’est ce que laisse croire leur réputation. Mais cette économie serait, avant tout, une économie d’échelle, nuance-t-on à l’Onem.

[Suivez Nathalie Bamps sur Twitter en cliquant ici]

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés