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Rouler en voiture coûte moins cher aujourd'hui que dans les années 70

©EPA

Si le prix du carburant a indéniablement augmenté durant les dernières décennies, l'efficacité énergétique grandissante des voitures a bien compensé cette hausse des prix.

Les Belges vont-ils suivre l’exemple français et manifester le 17 novembre prochain contre la hausse des prix du carburant? Avant de faire part de son mécontentement, l’économiste Philippe Defeyt invite à prendre du recul par rapport aux prix à la pompe.

Defeyt ne nie pas le fait que les prix des carburants routiers ont fort augmenté en Belgique au cours des derniers mois, en particulier le diesel. Le prix du diesel a augmenté de 16% entre début novembre 2017 et début novembre 2018.

0,12 euro
Entre 1970 et 2018, le prix du diesel à la pompe est passé de 12 cents à 1,61 euro. Soit multiplié par 13. Pour l’essence, le prix a été multiplié par 7.

L’économiste se penche sur l’évolution des prix des carburants depuis 1970, soit un peu avant le premier choc pétrolier.

Premier constat: le prix du diesel a été multiplié par presque 13 entre début 1970 (0,12 euro le litre) et fin 2018 (1,61 euro le litre). Le prix de l’essence 98 n’a, lui, été multiplié "que" par 7 (passant de 0,22 à 1,55 euro le litre).

Pic historique en 2012

Mais il faut nuancer cela. D’abord en tenant compte de l’évolution de l’inflation. L’évolution "réelle" des prix à la pompe devient d’un coup moins spectaculaire. C’est ainsi que le prix réel de l’essence est, en 2018, à un niveau inférieur aux prix de la période entre 2004 et 2015. Quant au prix réel du diesel, il est de 10% inférieur au maximum historique observé en 2012.

Il faut également tenir compte d’autres éléments. Ainsi, entre 1970 et 2018, le revenu disponible (à prix courants) moyen a augmenté plus vite que le coût moyen (achat + utilisation) des véhicules routiers. Autrement dit, acheter une voiture coûtait proportionnellement plus cher dans les années 70.

Si, en outre, on tient compte de l’amélioration de l’efficacité énergétique des voitures (environ 30% sur le long terme), Defeyt affirme que, "proportionnellement au revenu disponible, se déplacer en auto coûte moins cher aujourd’hui qu’au début des années 70".

Conclusion de Defeyt: "Le consommateur a une mémoire défaillante pour ce qui est d’un passé plus ou moins distant." Mais il admet que pour les faibles revenus, les récentes hausses de prix peuvent être difficiles à assumer.

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