Sans nouvelles aides, 28% des professions libérales risquent la faillite

Comme beaucoup de professions libérales, les kinésithérapeutes ont lourdement subi les effets du confinement. ©Photo News

Plus de la moitié (55%) des titulaires de professions libérales n’ont toujours pas repris le travail à plein temps.

Même s’il s’agit de professions réglementées, les professions libérales ont autant souffert de la crise sanitaire que les autres indépendants. Au point que pour plus d’un quart d’entre elles, c’est la faillite qui menace si l’Etat ne propose pas de nouvelles aides.

C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par l’Union nationale des professions libérales de Belgique (Unplib) et le Syndicat neutre des indépendant (SNI) auprès de 1.400 titulaires de professions libérales. L’objectif de l’enquête était de prendre le pouls de ces professions au moment où on commence à sortir de la crise du Covid-19.

Premier constat : la sérénité est loin d’être revenue. Près de 7 professionnels sur 10 (69%) avouent que le Covid-19 leur fait toujours peur sur le plan sanitaire. Cette crainte est encore plus forte au niveau économique, puisque 75% estiment que le virus va encore peser lourdement sur l’économie et sur leur activité.

Reprise en mode mineur

"Durant le confinement, moins de 10% des titulaires de professions libérales ont continué à exercer pleinement leur activité et aujourd’hui, plus de la moitié (55%) n’a toujours pas repris à plein temps", s’inquiète le président de l’Unplib, Bernard Jacquemin. En cause, la patientèle/clientèle qui n’est pas encore totalement revenue.

Cela a évidemment eu une incidence sur les revenus. Plus de 6 sur 10 (62%) ont subi une baisse de plus de 40% de leur chiffre d’affaires au cours du premier semestre. Et pour 11%, c’est une chute de plus de 80% ! S’ajoutent à cela les dépenses en matériel de protection notamment, pour se conformer aux recommandations sanitaires.

40%
Six titulaires de professions libérales sur dix ont subi une baisse de 40% de leur chiffre d'affaires au premier semestre.

Aides bienvenues

Les professions libérales ont eu largement recours aux aides publiques pour compenser les pertes de revenus : 3 professionnels sur 4 ont sollicité le droit-passerelle qui, dans 90% des cas, a été accordé. Et en avril, plus de 99% ont demandé et obtenu ce droit-passerelle. Ce chiffre était déjà en diminution en mai et seuls 32% comptent demander le droit-passerelle pour juin. En ce qui concerne les demandes de primes régionales et de chômage temporaire pour les employés, les pourcentages sont un peu inférieurs, respectivement de 61% et 56%.

"Aujourd’hui, près de 3 entrepreneurs sur 10 (28%) dans notre secteur estiment qu’ils auront besoin de mesures financières supplémentaires pour éviter la faillite", souligne Bernard Jacquemin. L’Unplib et le SNI appellent à la mise en place rapide d’un gouvernement de plein exercice. "Il faut absolument de nouvelles aides et ensuite des mesures de relance", insiste Bernard Jacquemin qui, à défaut, redoute "une catastrophe sociale".

"Il faut absolument de nouvelles aides et ensuite des mesures de relance."
Bernard Jacquemin
Président de l'Unplib

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