Sauver les banques a coûté 885 millions d'euros

Une mise en Bourse d'une partie du capital de Belfius devrait permettre à l'État de dégager une plus-value. ©Bloomberg

La facture du sauvetage des banques est actuellement de 885 millions d’euros. Cela en attendant une plus-value sur Belfius. La Flandre, qui affiche un boni d’un milliard, s’en tire nettement mieux que la Wallonie et Bruxelles.

Cela fait presque dix ans que les grandes banques belges ont été emportées dans le grand tourbillon de la crise financière. Après la chute de Lehman Brothers en septembre 2008, les autorités belges avaient dû intervenir pour sauver plusieurs institutions financières: Fortis, KBC, Dexia et l’assureur Ethias.

Dix ans après, quel est le bilan de ces interventions? Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management (Lille et Paris), vient de sortir sa calculette pour la période 2008-2017, en incorporant aussi la facture des Régions. Il apparaît que l’impact négatif provisoire des mesures d’assistance est de 885 millions d’euros pour l’ensemble de l’État fédéral et des Régions.

885 millions €
sauvetage bancaire
Le sauvetage bancaire a coûté 885 millions d’euros pour l’ensemble de l’État fédéral et des Régions.

Ces calculs tiennent compte des différents éléments de coûts et de gains (gains et pertes en capital, coût de refinancement des participations, paiement de garanties…).

Pour le seul État fédéral, l’impact négatif est de quelque 920 millions d’euros. C’est la Flandre qui tire actuellement le mieux son épingle du jeu puisqu’elle affiche un boni de 1,06 milliard d’euros, grâce aux remboursements de KBC (avec à la clé d’importantes pénalités). En revanche, la Région wallonne affiche une perte provisoire de 765 millions d’euros et la Région bruxelloise de 264 millions. Ceci est lié, dans les deux cas, aux pertes sur Dexia et sur le paiement de garanties pour le Holding Communal, institution qui a été liquidée.

Ce bilan est forcément provisoire, puisque l’État détient encore des participations dans BNP Paribas et dans Belfius. Une partie de la banque, détenue à 100% par l’État, doit d’ailleurs être mise en Bourse cette année avec une plus-value probable à la clé. La décision formelle doit être prise début mars.

Le bilan final dépend aussi de Dexia, qui détient des produits structurés risqués et où l’État a accordé des garanties qui se montent actuellement à 34 milliards d’euros. Il y a aussi Ethias (Vitrufin), où le Fédéral, la Flandre et la Wallonie ont participé lors de la crise à une augmentation de capital de 1,5 milliard (chacun pour 500 millions).

Seul le dossier KBC a été entièrement bouclé avec à la clé un joli bénéfice partagé entre l’État et la Région flamande.

Dans le détail, de 2008 à 2017, le total des pertes et coûts pour l’État et les Régions s’élève à 12,62 milliards d’euros alors que dans la colonne des gains, on trouve un montant de 11,73 milliards d’euros (voir tableau).

La Flandre tire son épingle du jeu grâce aux paiements et pénalités de KBC.
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Les pertes en capital comprennent les participations de 4,9 milliards dans Dexia, qui doivent être considérées comme à fonds perdus, comme requis par l’organisme européen Eurostat. Heureusement, d’un autre côté, des gains en capital ont été réalisés (principalement sur Fortis) et des dividendes et des commissions en échange des garanties octroyées ont été perçus.

La Région flamande dégage 2,8 milliards d’euros de gains, grâce aux intérêts perçus et aux primes sur les prêts à KBC. En 2008, KBC avait obtenu 3,5 milliards d’euros de l’État, et en 2009, le même montant, cette fois des pouvoirs publics flamands, ainsi qu’une garantie de l’État pour l’exposition aux produits structurés. En revanche, la Flandre a essuyé des pertes sur Dexia (500 millions) et sur le Holding Communal (225 millions). Si on tient compte du coût de refinancement des prêts et des participations (plus de 1 milliard), le solde net est positif de 1,06 milliard. Une bonne affaire pour la Flandre.

Bruxelles encaisse, elle, le contrecoup de la perte sur Dexia et du paiement des garanties sur le Holding Communal (150 millions et 67,5 millions respectivement). La perte globale est de 264 millions.

Pour ce qui est de la Région wallonne, les 350 millions d’euros dans Dexia et le paiement de garanties sur le Holding Communal (157,5 millions) pèsent lourd dans la balance (perte de 765 millions). Reste à voir si la Wallonie pourra se refaire sur une revente éventuelle d’Ethias…

©MEDIAFIN

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