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Soutenir les primo-acquéreurs

Journaliste

Les crédits de longue durée et à quotité élevée sont en voie d'extinction.

2% et 4%. C’est respectivement, au premier semestre 2020, la proportion de nouveaux crédits hypothécaires d’une durée de plus de 25 ans et d’une quotité de plus de 100% sur l’ensemble des crédits accordés. Autant dire "peanuts".

Stratégie avouée de la Banque nationale de Belgique (BNB) afin de limiter les risques pour le secteur financier, les emprunteurs eux-mêmes et pour assurer la stabilité financière du pays. Stratégie un peu moins avouée des banques elles-mêmes qui font la course aux "bons" dossiers - entendez les moins risqués, notamment les investisseurs - au détriment des plus risqués à qui l'on claque un (peu) trop souvent la porte au nez.

Mais derrière les dossiers plus risqués se cache un profil d’emprunteurs en particulier, à savoir les primo-acquéreurs. Des jeunes et parfois moins jeunes qui souhaitent accéder pour la première fois à la propriété et se constituer ainsi leur premier patrimoine, familial ou non. Avec des économies et/ou des revenus moins élevés que les investisseurs ou autres acquéreurs d'une seconde résidence, leur profil intéresse moins les banques. En effet, il faut souvent leur prêter un plus gros montant par rapport à la valeur d'achat du bien et souvent sur une plus longue période.

La crise économique touchera plus profondément encore cette classe d'emprunteurs. Au risque de voir ces 2% et 4% passer à 1% et 2% en 2021?

Les plus chanceux d'entre eux se voient accorder un crédit, mais à des taux nettement moins intéressants que les autres catégories d'emprunteurs, tout ça pour compenser le risque encouru par l'institution financière prêteuse. Les moins chanceux, eux, voient les portes se fermer et avec ça leurs rêves brisés. A moins d'avoir des parents, des proches généreux, ce qui n'est pas le cas de tous.

On comprend les enjeux pour la BNB, qui doit assurer la stabilité financière du pays et permettre aux banques d'assurer leur rôle sans se mettre trop en danger face aux défauts de paiement. Mais la crise sanitaire suivie de la crise économique touchera plus profondément encore cette classe d'emprunteurs. Au risque de voir ces 2% et 4% passer à 1% et 2% en 2021?

À nos gouvernements de jouer afin d’éviter de leur couper l’herbe sous le pied via notamment une fiscalité exorbitante à l'achat alors qu’ils démarrent à peine dans la vie et de leur donner des perspectives pour se construire un avenir.

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