Thyssen "préoccupée" par la situation budgétaire belge

©Dieter Telemans

La commissaire belge est en "tournée" en Belgique pour débattre avec le monde politique et les partenaires sociaux des défis de la Belgique du budget aux réformes structurelles.

La commissaire Marianne Thyssen ne tombe pas de sa chaise quand on lui demande si l’exécutif européen serait prêt à fermer les yeux sur 400 millions d’euros de dépenses de sécurité – comme l’espère le gouvernement Michel. "Tout est toujours négociable dans le sens où il y a une clause de flexibilité dans le Pacte de stabilité et de croissance", indique la Commissaire à l’Emploi. Dans le cadre de cette négociation sur les coûts exceptionnels qui pourraient être sortis du calcul de l’effort budgétaire que la Belgique doit accomplir pour rester dans les clous des règles européennes, le gouvernement fédéral espère également que la Commission sortira du déficit structurel les coûts liés l’asile des réfugiés – quelque 650 millions d’euros. "Sur le principe, c’est possible, mais ce doit être analysé pays par pays", indique la chrétienne-démocrate flamande.

À l’heure où la Belgique cherche (désespérément) 2,2 milliards d’euros, la souplesse de la Commission ne serait pas de refus. Car notre pays était déjà dans le radar de la Commission avant qu’apparaisse ce gigantesque "trou" budgétaire. Le déficit structurel ne fond pas assez vite: il pourrait baisser de 0,5% sur deux ans, ce qui constituerait une dérive "significative" de la trajectoire, souligne la commissaire. "ça nous préoccupe. Si la Belgique ne fait pas des corrections, il y a un risque" qu’elle se retrouve sous le coup d’une procédure de déficit excessif – "ce qui réduirait sa liberté de mouvement" et, en théorie, pourrait mener à des amendes, ajoute Marianne Thyssen. Tout en se voulant rassurante: "On a confiance en les ministres pour trouver des solutions." La commissaire fait la tournée des autorités belges ce mardi pour le rappeler. Dans le cadre du dialogue sur le "semestre européen" – la coordination des politiques de l’Union –, la commissaire se rend à la Chambre, elle rencontre les partenaires sociaux, le Premier ministre et les ministres présidents des entités fédérées.

Sur la forme, la commissaire ne manquera pas de rappeler cette autre antienne européenne: de par l’absence de hiérarchie budgétaire entre les niveaux de pouvoir, la Belgique est peu crédible. "On n’a pas de jugement à faire là-dessus… Mais ce serait plus crédible si on avait un cadre qui oblige l’État fédéral, les régions et communautés à suivre certaines règles. Aujourd’hui, le cadre n’est pas contraignant."

Saut d’index et discrimination

Ces rencontres seront aussi l’occasion de débattre au niveau politique des réformes structurelles à prendre en Belgique. Cette année, la Commission a anticipé la publication de son rapport pays par pays pour hisser la discussion du niveau administratif au niveau politique (lire "L’Echo" du 27 février). L’exécutif y saluait les réformes prises, qui ont amélioré la compétitivité de la Belgique, tout en mettant en garde contre le risque de rechute. Le saut d’index a permis une amélioration de la compétitivité belge, "mais il y a un risque, si vous ne faites plus rien, de perdre l’avance obtenue. Ce serait dommage", souligne Marianne Thyssen.

Comme chaque année, la Commission dénonce également la discrimination dont les personnes d’origine étrangère sont victimes en Belgique. En matière d’intégration sur le marché de l’emploi des migrants "de première mais aussi de deuxième et troisième générations, la Belgique est très peu performante", indique la commissaire.

Si la réforme des pensions "a été très appréciée", la Commission s’interroge toujours sur l’évolution du système: "Il faut aller plus loin et coupler les pensions à l’évolution du vieillissement", estime Thyssen.

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