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Un fossé se creuse entre biens immobiliers prisés et ceux qui ne le sont pas

Les appartements avec terrasse partent comme des petits pains. ©Â© VIEW Pictures

La crise du coronavirus n’a pas entraîné de "surchauffe" du marché immobilier. Par contre, les acteurs du secteur détectent d’autres tendances renforcées par l’effet "Covid".

Le confinement, entre mars et mai, a mis le marché immobilier sur pause. Mais à la reprise, les agents se sont retrouvés débordés. Quelques mois après, il est l’heure pour eux de tirer un premier bilan.

Il n’y a pas de "surchauffe" du marché immobilier, s’accordent-ils tous à dire, mais plutôt "un effet de rattrapage, entre mi-mai et mi-juillet, qui était le bienvenu. Ensuite, du 15 juillet jusqu’au 15 août, nous avons observé une accalmie, et, aujourd’hui, nous retrouvons un marché assez équilibré", détaille Eric Verlinden, CEO de Trevi.

"Aujourd’hui, nous retrouvons un marché assez équilibré."
Eric Verlinden
CEO de Trevi

Au sein du réseau d’agences Century 21, le nombre de ventes a augmenté de 15-20% entre mai et septembre 2020 par rapport à la même période en 2019. Les agences MacNash, elles, enregistrent une hausse de 17% des ventes sur cette même période, pour la location, l’augmentation est même de 23%.

Hausse de prix pour les biens prisés

Aymeric Francqui, directeur chez Latour & Petit, détaille: "Les types de biens qui étaient déjà prisés depuis quelques années le sont encore plus aujourd’hui. Ces bien partent à des prix encore plus élevés qu’avant la crise." Eric Verlinden le rejoint: "Les prix ont tendance à se stabiliser mais pour les biens les plus demandés, on observe clairement une hausse de prix."

"Un fossé se creuse entre les biens qui étaient déjà prisés avant la crise et les biens qui avaient du mal à partir", ajoute le patron de Latour & Petit. D’un côté, les classiques deux chambres de 80-100 mètres carrés avec une grande terrasse situés dans des quartiers "prisés" partent très rapidement, tandis que les grands appartements sans terrasse restent longtemps sur le marché.

"Un fossé se creuse entre les biens qui étaient déjà prisés avant la crise et les biens qui avaient du mal à partir."
Aymeric Franqui
Patron de Latour & Petit

Pénurie en vue pour le neuf

Le montant des charges de copropriété est également un critère de plus en plus important pour les acquéreurs, soulignent plusieurs agents. "Les gens sont plus prudents concernant les charges communes dans les copropriétés, qui sont très élevées dans les biens anciens. Le neuf, où elles sont souvent bien moins élevées, se vend donc toujours très bien", explique Patrick Menache, fondateur des agences MacNash.

"Le neuf, où les charges sont souvent bien moins élevées, se vend toujours très bien."
Patrick Menache
Fondateur des agences MacNash

Et justement, puisque les permis se font attendre afin de lancer certaines nouvelles constructions, Patrick Menache et Eric Verlinden anticipent déjà une "pénurie" de biens neufs sur le marché, ce qui devrait, à terme, faire grimper les prix. "C’était couru, puisque les permis n’arrivent pas. On a trop peu de biens neufs qui arrivent sur le marché. Les prix vont donc augmenter, également pour l’ancien. C’est la loi de l’offre et de la demande", conclut le CEO de Trevi.

Les prix de l'immobilier grimpent encore en 2020

Stabel a publié ce vendredi les derniers chiffres relatifs aux prix de l'immobilier au premier trimestre de 2020 en Belgique. Des prix qui augmentent encore, malgré le contexte de crise.

Le prix médian d'une maison quatre façades a augmenté de 2,4% par rapport à 2019, pour les appartements, la hausse s'élève à +7%. Ils ont connu la plus forte hausse de prix dans toutes les Régions. Seul le prix médian des maisons deux ou trois façades est resté stable (+0%).

La Région bruxelloise reste la plus chère, le prix des villas 4 façade s'élevant à 860.000 euros, celui des appartements à 221.750 euros. En Wallonie, le prix médian d'une villa est de 250.00 euros, et pour un appartement il faut débourser quelque 155.000 euros. En Flandre, les villas coûtent 340.000 euros et les appartements 205.000 euros. La suppression du bonus-logement depuis le 1er janvier 2020 a entraîné une nette réduction du nombre de transactions.

On observe un impact limité de la crise du Covid-19 sur les résultats au premier semestre 2020.  Il est dû au fait que les actes de vente passés pendant cette période concernent principalement des compromis de vente conclus avant l’introduction des mesures sanitaires.

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