Une entreprise sur six a un besoin urgent de liquidités

Pieter Timmermans (FEB) invite les préformateurs à proposer sans attendre un plan de relance. ©Photo News

Pour sauver les entreprises exposées à la crise mais néanmoins viables, la FEB et Graydon suggèrent entre autres de relancer les intérêts notionnels et d’étendre le Tax Shelter.

Et si on ressuscitait les intérêts notionnels? C’est une des pistes proposées par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) pour aider les entreprises à traverser la crise actuelle. L’organisation patronale a demandé à Graydon de faire le point sur la solvabilité des entreprises en ces temps de Covid-19.

Le premier constat est que, sans les mesures gouvernementales prises depuis le début de la crise (chômage temporaire, primes de soutien, garanties de crédit…), plus de 43% des entreprises seraient au bord de la faillite. Grâce aux mesures de soutien prises par le Fédéral et les Régions, ce pourcentage a pu être ramené à 25%. Parmi ces entreprises, certaines présentaient déjà, avant la crise, des problèmes de liquidité.

"Si on retire ces dernières, il reste encore 16% des entreprises, soit près d’une entreprise sur six, dont la situation était parfaitement saine avant la crise et qui est aujourd’hui confrontée à d’importants problèmes de liquidité", observe Eric Van den Broele, responsable du département de recherche chez Graydon. Si on compare à la situation d’avant-crise, les besoins supplémentaires de liquidité s’élèvent actuellement à environ 83 milliards d’euros.

83
milliards d'euros
Si on compare à la situation d’avant-crise, les besoins supplémentaires de liquidité s’élèvent actuellement à environ 83 milliards d’euros.

Certains secteurs sont plus touchés que d’autres, à commencer par l’horeca (51%), les transports (43%) et les activités récréatives (41%). Les entreprises plus jeunes et plus petites souffrent davantage de la crise que les entreprises plus anciennes et plus grandes. Si les grandes entreprises résistent mieux, c’est parce qu’avec les années, elles ont pu se constituer des réserves qui, aujourd’hui, offrent un ballon d’oxygène salutaire. Les start-ups et scale-ups représentent les champions de demain et leur disparition éventuelle risque de peser sur le potentiel de croissance de l’économie.

Mobiliser l’épargne

Ces 16% d’entreprises saines avant la crise et aujourd’hui en situation difficile représentent 66.000 établissements et 300.000 travailleurs. Si rien n’est fait, la crise de liquidité pourrait se transformer en une crise de solvabilité synonyme de faillite.

66.000
entreprises
Environ 66.000 entreprises saines avant la crise sont aujourd'hui dans une situation financière difficile.

Pour éviter de perdre ces 66.000 entreprises, il ne suffit pas d’injecter des aides publiques. La situation budgétaire ne le permet hélas plus. "L’Etat ne peut dépenser à tout va sans qu’il y ait une base économique", prévient Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB.

Il suggère d’autre pistes, insuffisamment exploitées jusqu’ici, comme, par exemple, une mise à jour de la déduction pour intérêts notionnels pour les petites entreprises (moins de 50 personnes). Si les intérêts notionnels sont tombés quelque peu en désuétude, c’est parce qu’ils sont liés aux taux des OLO à dix ans qui sont actuellement négatifs (-1,9%). "Cela n’a pas beaucoup de sens de proposer une déduction négative", confirme Jean Baeten, responsable du département fiscalité à la FEB.

"Malgré la crise, de nombreuses entreprises détiennent des réserves importantes."
Eric Van den Broele
Graydon

L’organisation patronale suggère également de renforcer le Tax Shelter pour les start-ups et scale-ups, conformément à la recommandation de l’ERMG (le groupe d’experts qui assure le suivi économique de la crise). Enfin, la FEB appelle à une mobilisation de l’épargne publique et privée (y compris les réserves des entreprises saines) par le biais d’incitants spécifiques. "Malgré la crise, de nombreuses entreprises détiennent des réserves importantes", assure Eric Van den Broele.

"Nous demandons aux préformateurs de mettre sur la table, de toute urgence, un plan de relance économique et de donner l’impulsion nécessaire dans l’accord de gouvernement", conclut Pieter Timmermans.

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