Vers un déficit budgétaire à près de 10 milliards

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Les informateurs Johan Vande Lanotte et Didier Reynders n’ont pas de bonnes nouvelles financières à annoncer au Roi. Ils sont attendus à 14h au Palais.

Ce jeudi, à 14h, les informateurs Johan Vande Lanotte et Didier Reynders remettent au Roi un premier rapport en forme de tour d’horizon des défis socio-économiques auxquels notre pays est confronté. Le chef de l’État risque de faire grise mine en consultant le tableau budgétaire qui lui sera présenté. Selon les dernières prévisions du Bureau du plan, le déficit budgétaire de notre pays atteindra, l’an prochain, 9,6 milliards d’euros, soit 2% du produit intérieur brut (PIB).

À la fin de 2018, le budget avait affiché un déficit de 0,7% du PIB, soit 3,2 milliards d’euros. Le gouvernement y était parvenu en usant d’une astuce "one shot" qui visait à booster les versements anticipés des sociétés. Cet effet ne joue plus depuis cette année. Et à cela s’ajoute la hausse des coûts pour les pensions et les soins de santé. Cette année, le déficit budgétaire a donc grimpé à 7,5 milliards d’euros et s’envolera donc en 2020 à 9,6 milliards d’euros. 

Date butoir au 15 octobre

Si le futur exécutif fédéral entend respecter les objectifs que le gouvernement Michel s’était fixés, il devra trouver près de 9 milliards d’euros, sous forme d’économies et/ou de nouveaux impôts, pour confectionner le budget 2020. La Belgique vise en effet un déficit de quelque 1 milliard d’euros l’an prochain et l’équilibre budgétaire en 2021.

Ceux qui pensent que nous pouvons perdre à nouveau 500 jours en nous lançant dans des aventures communautaires se trompent lourdement.
Alexander De Croo (Open Vld)
Ministre des Finances

Cet exercice doit en principe avoir lieu au sortir de l’été puisque, le 15 octobre, la Belgique est censée, comme tous les autres États membres, présenter son budget à la Commission européenne. La pression pour former un gouvernement d’ici là ira donc crescendo.

Il y a cinq ans, l’ex-gouvernement Michel avait réussi à soumettre à temps, à quelques jours près, un budget aux instances européennes. Cette fois, on peut légitimement se demander si une coalition fédérale pourra se constituer d’ici à cette échéance automnale.

L'Europe attend la Belgique au tournant

L’Europe a lancé un avertissement à la Belgique. Dans un rapport critique publié mercredi, la Commission européenne a indiqué clairement que notre dette publique était excessive. Notre niveau d’endettement de 102% par rapport au PIB nous place dans le groupe des États membres dont le poids de la dette est le plus élevé. Mais il n’est pas encore question de sanctions.

Selon le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open Vld), le rapport de la Commission démontre que notre pays ne peut pas se permettre une crise politique. "Ceux qui pensent que nous pouvons perdre à nouveau 500 jours en nous lançant dans des aventures communautaires se trompent lourdement." De Croo trouverait absurde de discuter pendant des mois du confédéralisme, ce que réclame la N-VA. "Un hold-up communautaire conduirait à une régression socio-économique."


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