Vers une autorisation du travail nocturne dans l'e-commerce

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Alexander De Croo n’exclut pas de légiférer sur le travail de nuit dans l’e-commerce. La situation actuelle handicape fortement les e-commerçants belges. L’impossibilité de travailler la nuit ne permet pas de livrer les consommateurs dès le lendemain.

Le ministre de l’agenda numérique et des télécoms s’inquiète qu’aucune convention collective de travail n’ait encore été signée sur le travail de nuit dans le secteur du commerce électronique.

Lors de la présentation ce matin du traditionnel baromètre de la société de l’information, Alexander De Croo (Open VLD), ministre de l’agenda numérique et des télécoms s’est étonné qu’aucune convention collective de travail n’ait encore été signée sur le travail de nuit dans les entreprises actives dans le secteur du commerce électronique.

L’an dernier, 2015, le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) avait confié aux partenaires sociaux le soin de s'entendre sur l'épineuse question du travail de nuit dans ce secteur en plein boom. Peu avant Noël, patrons et syndicats avaient conclu un accord sectoriel cadre sur le travail nocturne, à charge pour les entreprises du secteur de signer des conventions collectives de travail.

Six mois plus tard, rien n’a avancé. Ce qui a le don d’interpeller Alexander De Croo: "A peine deux entreprises du top 10 de l’e-commerce sont belges, déplore-t-il. Ces dernières années, on a perdu de 30 à 40.000 emplois dans le secteur; en Belgique le travail de nuit commence dès 20h alors qu’aux Pays-Bas c’est à minuit."

Il y a un mois, Dominique Michel, patron de Comeos, la fédération du commerce et des services, constatait que "des centres logistiques se construisent le long de la frontière, mais pas du bon côté".

Le ministre indique qu’il va procéder à une évaluation de la loi et que si d’ici la fin de l’été aucun accord n’est conclu, il va falloir trouver d’autres solutions: " Faute de CCT, peut-être faudra-t-il passer par une adaptation des règles", dit-il. Lisez: le gouvernement pourrait pendre les choses en main et légiférer sur le sujet. C’est d’ailleurs ce que souhaite Montea, un des grands acteurs des entrepôts logistiques, qui il y a un mois appelait le gouvernement "à autoriser le travail nocturne dans l'e-commerce au lieu de déléguer cette responsabilité aux entreprises".

La situation actuelle handicape fortement les e-commerçants belges. L’impossibilité de travailler la nuit ne permet pas de livrer les consommateurs dès le lendemain. Ceux-ci se tournent alors vers des sites étrangers. Car si le commerce électronique a progressé en Belgique en 2015 selon le baromètre de la société de l’information, notre pays est à la traîne par rapport à ses plus proches voisins. 55,2% de Belges ont ainsi acheté en ligne l’an passé contre 54,2% en 2014. C’est légèrement plus que la moyenne européenne, mais nettement moins que les pays limitrophes où la proportion de e-acheteurs varie entre 65 et 81%.

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