À J-100, Ecolo et N-VA sont les fers de lance de la campagne

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À cent jours du scrutin du 26 mai, l’enjeu climatique profite à Ecolo. Tandis que Theo Francken est englué dans le dossier des visas syriens, la N-VA frappe fort avec le retour du communautaire. Entre affaires courantes et récupération de l’actualité, chaque parti veut imposer son agenda.

Cent jours nous séparent aujourd’hui du 26 mai, l’heure de dresser un petit bilan politique des enjeux prochains. En ligne de mire, le climat, la N-VA et l’agenda à venir. Nous en parlons avec deux politologues, Pierre Verjans (ULG) et Benjamin Biard (UCL).

1. La vague verte

C’est un peu l’immanquable du moment. Le climat va mal, les décideurs s’en rendent (seulement) compte, les électeurs aussi. Au vu de l’ampleur du mouvement, Ecolo devrait tirer un bénéfice électoral conséquent. Le parti sait qu’il a une grosse carte à jouer mais il soigne le reste de sa main. En témoigne la préparation d’un programme béton pour éviter la déconfiture de 2014. Peuvent-ils déjà crier victoire? "Ecolo mobilise beaucoup de jeunes. Mais il ne faut pas oublier que les participants des marches pour le climat sont, pour la plupart, des primo votants ou des non-votants, tempère Pierre Verjans, politologue à l’ULg. Un public peu porteur en termes de voix. Ecolo va certainement marquer des points en plus, mais difficile de l’imaginer premier parti."

Un constat que partage Benjamin Biard pour l’UCL: "Premier parti? C’est un peu fort. En revanche, ils constitueront assurément un parti pivot. Ils mettent en avant des sujets dans l’air du temps. Très certainement avec le climat, mais aussi avec la bonne gouvernance même si cela reste peu porteur et plus récemment encore avec le référendum d’initiative citoyenne."

Sur le plan politique, l’urgence climatique a fait que l’écologie n’est plus l’apanage des verts. Le thème figurera dans les programmes des différents partis. L’enjeu sera alors de récupérer un électorat qui aurait pu être séduit par Ecolo. "On dit souvent que l’électeur préfère l’original à la copie. Dans ce cas-ci, c’est faux, explique Pierre Verjans. Si un électeur pro-MR qui se dit sensible à l’écologie voit que son parti intègre le thème climatique, il va voter MR, pas Ecolo."

Relire notre article: "Le modèle écolo repose sur un mythe" (Corentin de Salle, MR)

2. Le cas N-VA

Le parti est sur tous les fronts. Sur le communautaire, lorsque la ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA) décide de ne pas nommer quatre bourgmestres de la périphérie. Sur la migration, quand Theo Francken déclare à la Chambre qu’il soutient à 100% sa politique de visas humanitaires. La N-VA a confiance: "Avec un million de voix aux provinciales, la N-VA a montré son statut d’incontournable", nous affirme Pierre Verjans.

En rouvrant le débat communautaire, le parti de Bart De Wever montre qu’il retourne aux affaires mais parie gros. "Pour qu’il puisse accomplir ses projets, il faut que le gouvernement prévoie à l’agenda de la prochaine législature la révision de l’article 195 de la Constitution. Cet article rend possible la fameuse septième réforme de l’État qui, des vœux de De Wever, devrait conduire au confédéralisme", explique Benjamin Biard.

La sortie de Theo Francken sur le Vlaams Belang n’était pas passée inaperçue. L’ancien secrétaire d’État à l’Asile et la Migration avait déclaré s’inspirer de certaines thèses du parti d’extrême droite flamand. Bart de Wever s’était lui-même montré ouvert à une éventuelle majorité avec le Vlaams Belang à Ninove, avant de se rétracter. "Une façon de montrer que la N-VA n’est pas l’extrême droite. C’est subtil mais ça marche. Le parti essaie de se montrer en vote utile, à l’inverse du Belang dont on sait qu’il n’ira jamais au pouvoir à cause du cordon sanitaire. D’un autre côté, en se détachant de l’extrême droite, il essaie de convaincre les électeurs qui auraient peur de se rapprocher de l’extrême", analyse Benjamin Biard.

3. Agenda

"Le contexte des affaires courantes rend l’agenda complexe. Chaque parti essaie d’imposer le sien. Pour le moment, ça marche plutôt bien avec Ecolo. On a vu mercredi le PS revenir avec la grève en front commun. Mais pour le reste, c’est assez imprévisible. On peut parier sur un retour du migratoire, l’occasion pour le MR de se distancier de la N-VA de Theo Francken", observe Benjamin Biard.

"On voit déjà le communautaire sur le devant de la scène. Ce sujet sera déterminant pour voir la position des politiques flamands, prolonge Pierre Verjans. Mais tous les sujets peuvent revenir. On voit que le social revient et que la migration n’est jamais vraiment bien loin."

Précisons que, côté wallon, aucun programme n’a été dévoilé.

Concernant les listes, les spéculations vont bon train. Surtout au MR, où l’inconnue est de taille: où se présentera Charles Michel? Sans sa candidature officielle, impossible de figer les listes. Ni de commencer, officiellement, la campagne.

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