"Ce n'est pas ma Flandre!"

Dries Van Langenhove et le premier ministre hongrois Viktor Orbàn

Les réactions ne manquent pas au lendemain du reportage de la VRT sur un mouvement de jeunes flamands conservateurs de droite, "Schild en Vrienden". La classe politique du nord du pays est unanime: "Ce n'est pas ma Flandre", lance-t-elle.

Raciste, sexiste, antisémite tels sont les qualificatifs qui circulent au lendemain de la publication d'un reportage de la VRT sur le mouvement conservateur de droite "Schild en Vrienden". Le ministre de la Justice, Koen Geens annonce ce jeudi matin l'ouverture par le parquet de Gand d'une enquête sur ce mouvement

Tout au long du reportage, la VRT a en effet suivi Dries Van Langenhove, fondateur du mouvement et membre du conseil d'administration de l'université de Gand.

"Schild & Vrienden", qui a récemment perturbé une manifestation en faveur d'une gestion de l'immigration plus humaine à Gand, souhaite diffuser ses idées. La mouvance ambitionne aussi de contribuer à modifier le système politique en faisant élire ses membres dans différentes instances.

Toutefois, en parallèle à son discours politique, le mouvement se révèle être bien plus radical, raciste, sexiste et antisémite à la lumière des discussions tenues dans des groupes de chat que le magazine Pano de la VRT a infiltrés. "Schild & Vrienden" partage la même ambition que de nombreux mouvements d'extrême-droite à savoir "stopper" la menace que présente pour la suprématie blanche l'immigration vers l'Occident.

À cette fin, certains membres sont même prêts à verser dans la violence. Dries Van Langenhove invite d'ailleurs à "être prêt aux combats" en étant en bonne forme physique, en suivant des cours de tir et en obtenant un permis de port d'armes. Le fondateur lui-même vend à ses membres des sprays de gaz poivré et suggère être en possession d'un pistolet. Des références à une "guerre des races" sont en outre formulées. L'intéressé a réagi en affirmant qu'il s'agissait de fausses informations, des "fake news", et que son identité avait été volée.

Le recteur de l'université de Gand a fait part de son "indignation" mercredi soir après la diffusion du reportage.

L'étonnement

Au nord du pays la classe politique fait part de son étonnement. "On pourrait en rire. On pourrait le balayer comme une stupidité. Mais ce serait minimiser. C'est quelque chose qui doit nous inquiéter. Pas ma Flandre," a ainsi réagi sur Twitter le président du CD&V Wouter Beke.

Du même parti, la ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits, s'est, elle, dit "très touchée". "Toute la semaine, on a parlé du niveau de notre enseignement. Après l'émission de mercredi soir, il est douloureusement clair que nous avons avant tout besoin de citoyenneté."

Dries Van Langenhove est le fondateur de Schild en Vrienden. Il dément être raciste. Son fil Twitter démontre autre chose. ©rv

"Aucun respect pour ceux qui pensent autrement. Rêver de gros bras et frimer avec des armes. Rire de bébés mourants et n'avoir que les valeurs occidentales à la bouche? C'est une sorte de bouclier et d'amis dont personne n'a besoin", a pour sa part tweeté la secrétaire d'État à l'Égalité des chances, Zuhal Demir (N-VA). Au lendemain de la diffusion du reportage, le secrétaire d'Etat a encore été plus loin en déclarant que les membres de "Schild en Vrienden" n'avaient plus leur place au sein de la N-VA.    

"Hier soir, j'ai vu des choses horribles. Ce n'est pas ma Flandre et ce ne sont pas mes valeurs", a renchéri, toujours sur Twitter, Theo Francken (N-VA), le secrétaire d'État à l'Asile et à la migration."La jeunesse flamande peut être plus résistante, mais ça signifie qu'il faut lutter ensemble pour nos valeurs, et donc contre le racisme, l'antisémitisme et le sexisme. Une enquête devra montrer qui a posté/liké."

 "Ça ne doit pas rester sans conséquence", a enfin réagi la présidente de Groen Meyrem Almaci, rejointe par la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten. "Le fascisme menace jusqu'au coeur de l'université et du conseil de la jeunesse. Ça ne peut pas rester sans conséquence. Agir avec tous les moyens juridiques possibles."

Le Conseil flamand de la Jeunesse affirme vouloir s'entrenir dans les meilleurs délais avec les 4 membres de son conseil d'avis qui font partie de "Schild&Vrienden". Une exclusion n'est pas improbable, mais l'institution souhaite d'abord disposer de tous les éléments nécessaires avant de prendre une décision.

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