DéFI, Ecolo et le PS fustigent le gouvernement fédéral

Bernard Clerfayt, tête de liste DéFI à la Région bruxelloise, a défendu le programme de son parti. ©Thierry du Bois

Les partis DéFI, Ecolo et le PS tenaient leurs derniers meetings de campagne ce samedi. Ils ont critiqué l'action du gouvernement pendant la législature écoulée et ont avancé leurs projets.

Lors d'un dernier meeting de campagne organisée à Kanal, DéFI a reproché ce samedi au MR d'avoir contribué à affaiblir l’État, sans renoncer à ses propres valeurs démocratiques, mais en laissant faire la N-VA.

De son côté, également lors d'un dernier meeting de campagne, Ecolo a fait feu sur un gouvernement "MR/N-VA" accusé de diviser la société pour mieux régner, et dont il craint la reconduction avec l'appoint du cdH.

Le PS a également fustigé l'action de l'exécutif fédéral à l'occasion du meeting de clôture de la campagne de sa fédération Mons-Borinage.

DéFI

Les représentants de DéFI au gouvernement bruxellois ainsi que plusieurs têtes de listes de la formation amarante ont dressé le bilan du parti en Région-capitale, et démarqué leur formation par rapport à ses principaux adversaires.

--> Lisez aussi la dernière interview de campagne de Charles Michel: "Il faut mettre fin à l'inégalité salariale entre hommes et femmes"

Contrairement à celui du MR, notre libéralisme privilégie les droits et les libertés sur tout le reste, même sur le socio-économique, même sur les coalitions.
François De Smet
Tête de liste DéFI à la Chambre

A ce jeu, outre Bernard Clerfayt, tête de liste à la Région bruxelloise, plus concentré sur le programme propre de DéFi, François De Smet, tête de liste pour la Chambre, a été le plus incisif.

"Contrairement à celui du MR, notre libéralisme privilégie les droits et les libertés sur tout le reste, même sur le socio-économique, même sur les coalitions. Il n'y a rien de moins libéral que d'enfermer à nouveau des familles avec enfants ou de renvoyer des Soudanais vers un pays où ils risquent la torture... Je ne pense pas que les membres du MR se soient levés un matin en se disant que c'était une bonne idée de faire des visites domiciliaires ou de donner des visas humanitaires à la tête du client. Mais sur tant d'autres domaines, ils ont laissé la N-VA affaiblir l'État fédéral notamment par ces coupes inacceptables dans les services publics, dans la santé, et dans la justice, peut-être plus efficacement qu'une septième réforme de l'État", a notamment dit M. De Smet.

Le cdH "habile caméléon"

A ses yeux, ce qui différencie DéFi du PS, c'est le rapport à la chose publique. "Il ne nous viendrait pas à l'idée de voter contre une levée d'immunité d'un parlementaires avec l'aide de la N-VA contre l'avis de la justice, ou de permettre des constructions aussi aberrantes que Publifin".

Par rapport au cdH, la différence porte, selon lui sur la laïcité, "mais aussi sur une attitude: tel un habile caméléon survivant à tout, le cdH parvient toujours à prendre la couleur du parti trois fois plus fort du moment. Nous, nous n'envoyons pas en l'air trois gouvernements pour des questions d'alliance".

Sur la gouvernance, sur les droits humains, DéFi est objectivement proche d'Ecolo, a-t-il ajouté. "Mais la différence, c'est environ 476 pages de programme. Ecolo a rassemblé de larges engagements mais très peu de précisions, ce qui entretient le flou. Ecolo est pour le métro mais contre son extension; pour l'économie de marché libérale, surtout si elle n'est pas trop capitaliste, et ils ont quelques positions sur le vivre ensemble, mais il ne faut surtout pas le mettre en avant dans un programme électoral".

Ecolo

De leur côté, sous le feu de critiques depuis quelques semaines, venant beaucoup du MR, les Verts ont insisté sur les fondements d'un projet de société fondé sur le vivre ensemble plutôt que la division.

Quand je vois le cdH tenté de rejoindre l'attelage nationaliste-conservateur, permettez-moi de dire mon inquiétude.
Jean-Marc Nollet
Co-président d'Ecolo

"Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se construit tous les jours. C'est la condition pour faire une société. Tout l'inverse de ce que Charles Michel et son gouvernement MR/N-VA nous ont montré pendant cinq ans", a souligné le co-président Jean-Marc Nollet.

Trop de gens ont été laissés sur le chemin, selon lui: non seulement la classe moyenne mais aussi les jeunes ou les aînés, les professeurs, infirmiers, aides-soignants... "Tous ces métiers qui ont un point commun: ils ne se vendent pas."

La reconduction de la coalition suédoise (MR, N-VA, CD&V, Open Vld) est l'une des hypothèses qui pourraient se réaliser après le 26 mai, avec s'il le faut l'appoint du cdH pour former une majorité. "Quand je vois le cdH tenté de rejoindre cet attelage nationaliste-conservateur, permettez-moi de dire mon inquiétude", a ajouté M. Nollet.

Transition écologique et solidaire

Les écologistes ont répété le thème central de leur programme: la transition écologique et solidaire. "Nous n'avons pas la naïveté de croire que ce sera facile mais nous avons la conviction que cela en vaut la peine", a assuré la co-présidente Zakia Khattabi.

La revendication d'une loi Climat, qui n'a pas pu aboutir sous cette législature en raison de l'hostilité de la N-VA, du CD&V et de l'Open Vld, n'est pas oubliée.

"Demain, la Belgique aura une loi Climat. Et, très vite, dans la foulée, des gouvernements plus verts passeront à l'action", a prédit M. Nollet.

Ecolo appelle à la formation d'une grande "alliance" pour relancer la Belgique et l'Europe. "En 2008, le monde s'est mobilisé pour sauver ses banques. En 2019, avec la mobilisation de toute la société, nous pouvons créer un monde plus vert et plus juste", a encore dit Mme Khattabi.

PS

Les élections du 26 mai mettront en jeu l'avenir du pays, a indiqué samedi le président du PS Elio D Rupo, présentant dans ce contexte sa formation politique comme "la seule alternative" alors que "deux modèles s'affronteront" desquels émergera le plus fort au décompte du nombre de députés.

Voter PTB, c'est remettre la N-VA au centre de gravité de notre pays.
Elio Di Rupo
Président du PS

"Ce qui va se jouer dans une semaine, c'est l'avenir de notre modèle social, de la solidarité, du monde ouvrier et de la classe moyenne, de notre pays", a lancé samedi Elio Di Rupo lors du meeting de clôture de la campagne de sa fédération Mons-Borinage.

Le président du PS a opposé le projet politique de sa formation, qui vise à tirer chacun vers le haut, au modèle "MR-N-VA" de "l'appauvrissement" que pourrait remettre en scelle l'éparpillement des voix à gauche.

Samedi, M. Di Rupo a clairement fustigé la stratégie du PTB qu'il accuse de ne pas vouloir participer à des gouvernements. "Voter PTB, c'est remettre la N-VA au centre de gravité de notre pays", a-t-il lancé aux progressistes tentés de voter pour le parti d'extrême gauche.

"Gauche authentique et responsable"

L'ancien Premier ministre a opposé la "gauche authentique et responsable", incarnée par le parti socialiste, à la gauche de la seule "indignation" au "balcon", que représente à ses yeux le PTB.

Le 26 mai, toutes les voix et tous les sièges au parlement compteront pour lutter contre le "modèle de l'appauvrissement", a conclu M. Di Rupo.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect