Deux ex-N-VA veulent (aussi) rendre Bruxelles plus flamande

©Dieter Telemans

Hendrik Vuye et Veerle Wouters vont fonder une nouvelle formation politique flamande avec un fort accent bruxellois. Ils plaident notamment pour qu'au moins un des ministres néerlandophones du gouvernement bruxellois fasse aussi partie du gouvernement flamand.

Septembre 2016, Veerle Wouters et Hendrik Vuye, alors députés fédéraux pour la N-VA, claquaient avec grand bruit la porte du parti nationaliste flamand. Les deux élus, connus pour faire partie de l'aile flamingante du parti, étaient également responsables du centre d'étude de la N-VA, 'Objectief V', le groupe de travail qui a pour mission d'examiner les pistes à emprunter pour arriver au confédéralisme.

Le désir du patron, Bart De Wever, de reconduire au fédéral la coalition actuelle passait mal auprès de Veerle Wouters et Hendrik Vuye. Les deux députés ont alors plié bagage, promettant de revenir avec un nouveau cadre pour poursuivre leurs desseins communautaires.

Un plan et des doubles casquettes pour Bruxelles

Un an et demi plus tard, nous y sommes. Les anciens membres de la N-VA expliquent vouloir créer un nouveau parti. Ils en font l'annonce en marge de la publication du livre "Vlaanderen Voltooid. Met of zonder Brussel ?" ("La Flandre achevée. Avec ou sans Bruxelles?").

'Vlaanderen voltooid', le livre de Hendrik Vuye en Veerle Wouters paru aux éditions Doorbraak

Petit détail, la couverture est affublée d'un lion flamand qui quitte sa cage en rugissant. Le dessin (photo ci-contre) est tiré d'un flyer de la première marche des Flamands sur Bruxelles sur fond de tensions communautaires. Tout un symbole sur lequel le livre de Vuye & Wouters s'appuie pour faire de nouvelles propositions aux Bruxellois.

Les deux parlementaires suggèrent ainsi un modèle pour l'avenir de la capitale. "Nous voulons renforcer le lien entre la Flandre et Bruxelles. Aux francophones, nous n'imposons rien. Le modèle est asymétrique. Ils pourront décider comment ils s'organisent. Côté flamand, nous proposons qu'au moins un des ministres néerlandophones du gouvernement bruxellois fasse aussi partie du gouvernement flamand. Ce n'est pas incompatible", expliquent-ils dans une interview accordée à La Libre Belgique.

Le modèle présenté dans le livre prévoit aussi la fusion des six zones de police bruxelloises, et des 19 CPAS de la capitale, ainsi que la transformation des communes en 19 districts aux compétences strictement locales.

Les deux élus nationalistes soulignent que leur proposition mène à une diminution du nombre de députés et de ministres à Bruxelles. Ils veulent aller encore plus loin en limitant le nombre de députés du parlement bruxellois à cinquante (actuellement 89, NDLR) répartis entre 40 francophones et dix néerlandophones.

Une N-VA bis, mais un peu moins à droite

"J'ai grandi avec l'ancienne Volksunie. C'est autre chose que la N-VA d'aujourd'hui. Nous avons toujours mis en garde que le parti allait trop à droite, devenait trop radical. Je suis contente de l'avoir quitté. Je n'aurais pas pu vivre avec bon nombre de choses qui se passent désormais à la N-VA."
Veerle Wouters
Ancienne députée N-VA

"Nous voulons désormais rédiger nous-mêmes notre programme. Ensuite nous souhaitons trouver des gens qui veulent se lancer dans l'aventure avec nous. Nous voulons à nouveau nous présenter en 2019, mais nous ne voulons pas nous lancer à du 200km/h dans le mur", affirme le député indépendant Hendrik Vuye. Le nouveau parti à l'ambition de se concentrer sur des aspects sociaux en plus du nationalisme flamand, précise-t-il.

"Le problème c'est que le nationalisme flamand se situe uniquement à droite", explique Veerle Wouters. "J'ai grandi avec l'ancienne Volksunie. C'est autre chose que la N-VA d'aujourd'hui. Nous avons toujours mis en garde que le parti allait trop à droite, devenait trop radical. Je suis contente de l'avoir quitté. Je n'aurais pas pu vivre avec bon nombre de choses qui se passent désormais à la N-VA", souligne encore la députée.

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