Ecolo se cherche un nouveau (co-)patron

Après la victoire aux élections communales, Patrick Dupriez quitte la co-présidence. Il n'a, dit-il, plus l'énergie nécessaire afin de mener la campagne, qui s'annonce costaude, pour le triple scrutin de mai 2019. "Raisons personnelles", invoque-t-il. ©Photo News

Pour raisons personnelles, Patrick Dupriez passe le relais à la coprésidence des verts. A Zakia Khattabi de se trouver un nouveau binôme.

Drôle de séquence pour les verts. À la belle surprise générée par le score engrangé lors du scrutin communal en a succédé une autre, plus douce-amère dirons-nous, ce vendredi. Ils étaient très peu dans la confidence, aussi la grande partie des troupes n’avait-elle rien vu venir. Patrick Dupriez, coprésident et pendant mâle et wallon de Zakia Khattabi à la tête d’Ecolo, fait un pas de côté. 

"Ecolo a besoin, plus que jamais, d'une équipe de coprésidents forte et totalement engagée, explique l’intéressé. Pour des raisons strictement personnelles, j'ai aujourd'hui la conviction que je ne pourrai exercer ma mission à la hauteur de cette nécessité dans les mois qui viennent. Par respect pour vous et celles et ceux qui comptent sur nous, j'ai donc décidé, après concertation avec Zakia, de passer le relais du mandat que vous m'avez confié."

Autrement dit, les écologistes vont devoir se trouver un nouveau (co-)patron. Sous le choc, ils comprennent toutefois et respectent la décision de Patrick Dupriez. Et se disent, après avoir dormi dessus, qu’il y a sans doute plus mauvais timing que celui-là. Ils auraient évidemment bien continué avec l’équipe en place, mais le moment n’est pas inopportun, au sortir d’une victoire et sept mois avant le prochain scrutin.

Timing serré

En attendant, il va falloir trouver quelqu’un. À la manoeuvre, on trouve la patronne restante, Zakia Khattabi. Parce que l’idée n’est pas de relancer une nouvelle équipe présidentielle, mais d’assurer l’intérim, le temps que s’achève le mandat du ticket Khattabi/Dupriez – c’est-à-dire après les élections de mai 2019 et la gestion des affaires postélectorales.

Le timing est relativement serré, puisque Zakia Khattabi doit avancer une proposition d’ici le 30 octobre, qui sera soumise au vote de l’assemblée générale écologiste du 9 novembre. Le cahier des charges est le suivant: le lauréat doit être un homme, wallon, et membre du parti depuis plus de six mois. Devra-t-il lâcher tout le reste pour prendre les rênes du parti? Pas nécessairement, même si Ecolo a fait du décumul une de ses marques de fabrique. Mais il ne s’agit ici que d’un intérim de quelques mois. "À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, nous glisse cet Ecolo. On ne va pas non plus se tirer une balle dans le pied." En se déforçant dans l’une ou l’autre assemblée, pour rafistoler la coprésidence.

Parce dans la brochette de noms qui se dégagent naturellement à l’heure actuelle, on retrouve, sans surprise, bon nombre de parlementaires. On fait l’inventaire.

  • Georges Gilkinet. Ce Namurois de 47 ans a fait son entrée à la Chambre en 2007, après être passé par la case "journalisme" et avoir fait ses premières armes politiques au sein du cabinet Nollet. Ses dadas? Les matières fiscales et budgétaires – ce qui ne le projette peut-être pas au premier plan non plus. Au moins les choses sont-elles claires: oui, il est disponible, au besoin. "Mais nous sommes plusieurs à l’être et à pouvoir le faire. Zakia posera son choix et celui-ci sera accepté. Je crois que l’on peut dire que nous sommes zens, au sein du parti, à ce sujet. L’objectif est d’être efficace, le plus rapidement possible."
©BELGA

  • Stéphane Hazée. À 43 ans, le chef de file des écologistes au parlement wallon est décrit comme une fine lame et un bosseur maîtrisant bien ses dossiers. Reste à savoir si combiner deux fonctions exposées est jouable et si son action namuroise n’en pâtirait pas – à moins de laisser le gros du travail à Zakia Khattabi.
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  • Philippe Henry. À 47 ans, ce député wallon a déjà tâté de la fonction ministérielle, à la tête du portefeuille wallon de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, de 2009 à 2014.
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  • Jean-Michel Javaux. L’avantage, c’est que tout le monde connaît "Jean-Mi", l’ancien coprésident qui a déjà su mener les écologistes sur le chemin de la victoire. Reste à savoir ce que rejouer cette carte-là ferait passer comme message, pas évident notamment en termes de renouvellement des têtes. Pas dit non plus que cela passe sans douleur en interne, sa prolongation à la tête de Meusinvest, due quelque part à Stéphane Moreau, ayant déclenché une petite polémique. 
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  • Jean-Marc Nollet. On ne présente plus non plus le bouillant chef de groupe à la Chambre, ministre à deux reprises et, à 48 ans, déjà vieux routier vert. Même question que pour Stéphane Hazée: Ecolo n’en a-t-il pas trop besoin pour tonner à la Chambre? Et puis, le dossier du photovoltaïque wallon ne lui colle-t-il (injustement) trop à la peau? "Des hommes wallons membres d’Ecolo depuis plus de six mois? Il y en a beaucoup plus que cinq", glisse Jean-Marc Nollet.
©Laurie Dieffembacq

  • L’invité surprise. Il paraît qu’il faut s’attendre à tout avec Ecolo. Zakia Khattabi donnera-t-elle du corps à cette réputation en optant pour un nouveau venu ou un profil plus atypique? Rien n’est impossible, même si le parti indique que l’objectif est d’être opérationnel – et au taquet –  le plus rapidement possible. Autant, dès lors, ne pas miser sur le perdreau de l’année.

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