Huit partis vont tenter le sprint final

Lachaert a notamment rencontré Maxime Prévot, le président du cdH, que le CD&V voudrait voir également dans l’aventure. ©BELGA

Prêt à discuter d’un projet gouvernemental sans la N-VA, le CD&V veut inclure le cdH dans la négociation. Ce sont donc quatre familles politiques qui doivent à présent trouver un terrain d’entente.

Le brouillard serait-il en train de se lever? Depuis quelques jours, le terrain politique fédéral s’éclaircit quelque peu. Dernière embellie en date, mercredi soir, Joachim Coens, le président du CD&V, a enfin fait connaître la position des chrétiens-démocrates flamands: ils sont prêts à discuter d’une majorité les associant aux familles socialiste, libérale et écologiste. Prêts à discuter d’un gouvernement fédéral sans la N-VA, autrement dit.

Attention, pas d’emballement. Joachim Coens a eu des mots prudents. Il ne dit pas ‘oui’ à la formule dite Vivaldi mais veut "donner une chance" aux pourparlers. D’ailleurs, il ne veut pas de l’appellation Vivaldi et lui préfère l’étiquette ‘Avanti’ parce que ce pays doit aller de l’avant. La bataille des mots bat son plein.

"Nous avons tout essayé pour avoir une majorité flamande."
Joachim Coens
Président du CD&V

C’est un pas prudent, mais c’est un pas important vers la formation d’un gouvernement fédéral. Pour la première fois, le CD&V parle ouvertement de la possibilité d’y aller sans la N-VA. "Nous avons tout essayé pour avoir une majorité flamande", dit désormais Joachim Coens, ce qui impliquait la participation du parti nationaliste.

Depuis des mois le CD&V insistait pour avoir un gouvernement avec une majorité des deux côtés de la frontière linguistique, c'est-à-dire avec la N-VA. "Maintenant, il s'agit de l'alternative: soit ça, soit l'opposition."

Le PS "confiant" et "ouvert"

Du coup, la machine s’est enclenchée. Des contacts tous azimuts ont eu lieu ce jeudi. Lachaert a notamment rencontré Maxime Prévot, le président du cdH, que le CD&V voudrait voir également dans l’aventure. Pourquoi faire entrer un parti francophone de plus alors qu’il n’est pas nécessaire arithmétiquement? Les cinq sièges des centristes ne feraient qu’augmenter le poids des francophones (51 sièges sur 92) mais permettraient au CD&V de ne pas être seul face aux trois binômes PS-sp.a, MR-Open Vld et Ecolo-Groen. Avec le cdH, les quatre familles seraient recomposées, ce qui modifie le rapport de force. Le scénario ne déplaît pas au président du PS, Paul Magnette, qui jeudi soir sur La Une (RTBF) s’est dit tout à la fois confiant envers le CD&V et ouvert au cdH.

Joachim Coens, de son côté, a réuni jeudi ses députés. La réunion a débouché sur un satisfecit des parlementaires quant aux déclarations de Joachim Coens. La volonté de négocier du CD&V est réaffirmée, tout en maintenant des exigences. "C’est bien un oui mais", confirme-t-on.

Qui au Seize, rue de la Loi?

Par la suite, les huit partis se sont rencontrés en plénière, non sans remous semble-t-il. En coulisse, on mentionne qu’une question occupe beaucoup les esprits: qui pour prendre la succession de l’actuelle Première ministre Sophie Wilmès? Le CD&V voudrait le Seize pour lui mais l’Open Vld ne dirait pas autre chose.

En coulisse, on mentionne qu’une question occupe beaucoup les esprits: qui pour prendre la succession de l’actuelle Première ministre Sophie Wilmès?

Au-delà de la question du casting, les négociations sur le contenu d’un accord de majorité s’annoncent pour le moins serrées. Sur les questions socio-économiques, tout le monde devrait pouvoir se retrouver sur un projet au centre. Sur les questions communautaires par contre, c’est tout de suite moins évident avec un CD&V qui sera demandeur d’un chapitre régionalisation. Et puis, les chrétiens-démocrates ne braderont pas leur ligne éthique, eux qui par exemple ne veulent pas entendre parler d’un assouplissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Sur ce point de rupture potentiel, Paul Magnette a fait preuve d’ouverture. Parmi les autres sujets qui fâchent, la sortie (ou non) du nucléaire figure en bonne place, nous dit-on.

Tout le monde se revoit ce vendredi, après quoi Egbert Lachaert se rendra au Palais pour faire rapport. Passera-t-il la main à un formateur, voire à un duo de formateurs?

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