L'espace à la droite de la droite en fait rêver plus d'un

Le Parti populaire estime avoir un réservoir électoral de "25%", dixit son président Modrikamen. ©Belga

Les déboires judiciaires de La Droite font les affaires du Parti populaire. Mischaël Modrikamen surfe sur le haut de la vague populiste. Le MR apparaît bien désarmé pour aller récupérer ces électeurs droitiers qui pourraient lui donner un ballon d’oxygène. Seuls Destexhe et Courtois prônent une droitisation du parti.

C’est un vaudeville politico-judiciaire grand cru que servent aujourd’hui les formations politiques présentes à la droite de la droite du spectre politique francophone. Pour résumer – et sans entrer dans tous les détails au risque de vous perdre, amis lecteurs – la DH relatait, ce mardi, les déconvenues judiciaires des cadres de La Droite. Une instruction est en effet diligentée à Charleroi contre le patron de la petite formation politique, entre autres pour avoir calomnié et diffamé Mischaël Modrikamen, le président du Parti populaire, autre formation de droite dure. La diffamation aurait eu lieu via des comptes Facebook anonymes derrière lesquels se cache Aldo Mungo (le patron de La Droite) – ce que celui-ci dément avec la plus grande fermeté.

→ Que retenir de ces règlements de comptes à "OK Droite dure"?

"Nous sommes à la droite du MR mais à la gauche du Parti populaire."
Aldo Mungo
patron de La Droite

La situation de La Droite apparaît aujourd’hui des plus précaires, le parti ne présentera en tout et pour tout que 20 listes lors du scrutin d’octobre prochain (17 en Wallonie et 3 à Bruxelles). "Nous sommes à la droite du MR, mais à la gauche du Parti populaire", dit Aldo Mungo. "Nous sommes de vrais libéraux et nous ne sommes pas des conservateurs; par exemple, nous ne remettons aucunement en cause les avancées éthiques. Notre credo, c’est le vrai libéralisme socio-économique déserté par le MR."

Le Parti populaire, où le président Modrikamen a, de son côté, une affaire potentielle de fraude aux subsides européens sur le dos, estime avoir un réservoir électoral de "25%", dixit Modrikamen. "Le jour où les journalistes francophones feront correctement leur boulot, nous allons exploser. On est boycotté tant par RTL que par la RTBF alors que dans le monde entier on parle de nous et des mouvements populistes qui ont le vent en poupe." Le Parti populaire présentera des listes dans 120 communes de Bruxelles et de Wallonie. L’avocat indique que la page Facebook de son mouvement – où il poste chaque semaine ses opinions sur l’actualité – pointe à 70.000 membres, devant, dit-il, le PS et le PTB. Il ajoute par ailleurs que son parti compte actuellement 4.000 membres: "Nous sommes bien vivants et bien vivaces, contrairement à ce que certains essayent de faire croire."

La question, maintenant, à 1 million d’euros, est pendante depuis des années…

Le MR peut-il aller rechercher ses 4 à 10% d’électeurs "droitisés", selon les sondages? À voir.

Cavaliers esseulés

Certes, les libéraux francophones disposent de quelques cavaliers esseulés sur la droite dure – Alain Destexhe, par exemple – mais tout le mouvement a esquissé une translation vers la droite du spectre politique et le MR de Charles Michel n’a plus grand-chose à voir avec celui de Louis Michel. Ceci étant posé: ce déplacement du centre de gravité du MR vers la droite ne permettra sans doute pas d’aller chercher ses pour-cent lâchés aux formations comme le PP ou La Droite. Si les libéraux forcent le mouvement, ils vont casser l’essieu et du même coup, ils vont se couper de toute la galaxie du centre et du centre droit.

"Droitiser le discours et les actes, c’est la clé pour un MR à 30%."
Alain Destexhe
Député libéral

"Je ne crois pas une seconde à ce raisonnement", relève Alain Destexhe. "Ces électeurs du centre et du centre droit ne vont pas subitement aller voter pour des partis de gauche comme le cdH ou le PS parce que le MR se déplace vers la droite. Des élections ne se gagnent pas sur un bilan, mais sur des projets; le bilan du MR est brillant sur le socio-économique, avec des milliers d’emplois en plus, mais je souhaite qu’on mette bien davantage les thèmes de l’immigration et de l’intégration en avant. C’est la clé qui doit permettre au MR de faire 30% de voix aux prochaines élections", assure Alain Destexhe. Le libéral concède que le PP a fait main-basse sur un "réservoir de voix colossal" que le MR doit absolument aller rechercher. Et il ajoute ceci: "C’est mon souhait, mais je ne pense pas que la droitisation du mouvement soit voulue en haut-lieu, ce n’est ni dans l’ADN de Charles Michel ni dans celui d’Olivier Chastel. Pour l’heure, nous sommes bien seuls, Alain Courtois et moi-même, à demander cette droitisation. En outre, on se retrouve face à une presse francophone totalement hostile, qui refuse les thèmes de débat de l’immigration, ce qui complique le jeu."

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