L'UF ne soutient pas encore Alexis Calmeyn

Sophie Rohonyi, présidente de DéFI périphérie. ©BELGA

La proposition du MR consistant à faire d’Alexis Calmeyn, bourgmestre non nommé de Drogenbos, la tête de liste de l’Union des francophones (UF) pour l’élection du Parlement flamand ne passe pas.

"Aucun des partis de l’Union des francophones ne soutient cette candidature, le MR de Drogenbos ne partage en rien la vision pro-flamande de M. Calmeyn", confie un militant MR local. Même ligne pour Grégory Boen, chef de file DéFI à Drogenbos, qui se demande comment la démocratie communale va évoluer. Lundi, des pourparlers ont démarré afin de "clarifier la situation", ajoutent plusieurs sources.

Cette candidature, avec le passage d’Alexis Calmeyn au MR, annoncée vendredi par Sophie Wilmès, qui dirige le parti libéral pour la périphérie, met les francophones dans une position délicate au niveau local. Rappel, l’UF y siège dans l’opposition après plusieurs années de discorde avec le bourgmestre en place, jusqu’ici apparenté au CD&V. La section MR de Drogenbos a déjà reçu des signaux de militants qui ne sont pas prêts à faire campagne pour la liste UF dans ces conditions. "M. Calmeyn n’a jamais défendu les intérêts de l’Union des francophones à Drogenbos, dit-on. Comment le ferait-il au Parlement flamand? C’est incompréhensible pour l’électeur." Certains voient dans ce "retournement de veste" une basse vengeance vis-à-vis de Liesbeth Homans (N-VA), ministre flamande qui a refusé de le nommer. Cette impression vit également côté néerlandophone où l’on ne digère pas plus le passage d’Alexis Calmeyn au MR alors qu’il misait jusqu’ici sur son statut bilingue.

Chez DéFI, le malaise est également palpable. Interrogée par L’Echo, Sophie Rohonyi rappelle que s’il revenait au MR de proposer une tête de liste afin de maintenir le siège francophone décroché au Parlement flamand en 2014, cela ne veut nullement dire que les libéraux peuvent se passer du soutien de l’ensemble des partis de l’UF (MR, cdH, DéFI et PS). "M. Calmeyn est dans une position schizophrénique", ajoute la présidente de DéFI périphérie en rappelant que le mayeur de Drogenbos a souvent soutenu les circulaires flamandes sur l’envoi des convocations électorales.

Un siège fragile

"Nous ne rejetons pas cette proposition mais nous demandons des garanties."
sophie rohonyi
présidente de Défi périphérie

"Nous ne rejetons pas cette proposition mais nous demandons des garanties, ajoute-t-elle. Signer la charte de l’UF ne suffira pas." Elle annonce une liste d’engagements que devra signer Alexis Calmeyn en termes de gouvernance mais également de suivi des arrêts du Conseil d’État qui appuient le droit des francophones à obtenir leurs documents administratifs en français dans les communes à facilités. "Sinon, nous disposons de candidats tout à fait crédibles pour cette tête de liste", ajoute-t-elle. "Les discussions sont en cours", commente laconiquement Sophie Wilmès. Apparemment, le MR n’entend plus faire machine arrière. Dans un premier temps, les libéraux avaient poussé pour que l’ex-bourgmestre de Linkebeek Damien Thiéry soit présenté comme tête de liste UF, avant le veto de DéFI, le parti qu’il a quitté pour le MR en 2013.

Pour rappel, le siège francophone du Parlement flamand est aujourd’hui propriété de Christian Van Eyken, impliqué dans une affaire présumée d’assassinat. Il avait été élu de justesse sous la bannière DéFI. A quelques dizaines de voix près, l’UF n’avait plus de représentant au Parlement flamand, un siège stratégique pour la bonne information des francophones de Flandre quant à la politique menée au niveau régional et communautaire. D’aucuns estiment que la personnalité politiquement ambiguë d’Alexis Calmeyn risque de faire perdre ce siège à l’UF le 26 mai prochain.

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