analyse

Le MR s'attaque à son redéploiement dans les villes

Georges-Louis Bouchez s'investit déjà dans le plan de bataille du MR pour les prochaines élections communales.

De Mouscron à Verviers en passant par les communes importantes de la capitale, Georges-Louis Bouchez commence à avancer ses pions en vue des prochaines élections communales. Le MR déplore des reculs importants en milieu urbain.

C’est un des enseignements des dernières élections. Le Mouvement réformateur (MR), s’il parvient à se maintenir dans les campagnes, perd des plumes en zones urbaines. A chaque situation locale ses explications mais globalement, à Bruxelles et dans les grands centres urbains, Ecolo a réussi à séduire les jeunes classes moyennes.

"A Charleroi, Namur, Liège, dans toutes les grandes villes des décisions seront prises", assure un haut responsable du parti. Georges-Louis Bouchez est à la recherche de ses têtes de liste. A certains endroits, on constate aussi une faiblesse du MR et/ou des divisions auxquelles le nouveau président du parti entend remédier.

Il s’est mis au travail. Perspective: les élections communales de 2024 qui, si le jeu fédéral ne vient pas perturber l’agenda électoral, auront lieu en 2024, après les scrutins fédéral, régionaux et européen.

Crucke à Mouscron, Jeholet à Verviers?

En Wallonie, c’est la migration probable de deux poids lourds qui alimente la presse locale depuis quelques semaines. Ainsi, depuis sa démission de ses mandats à Frasne-lez-Anvaing, le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke est annoncé avec de plus en plus d’insistance à Mouscron. Sa porte-parole dément tout achat immobilier mais concède que son ministre n’a jamais caché l’intérêt politique de Mouscron sur la carte électorale.

Faire venir Jean-Luc Crucke à Mouscron, c'est une belle probabilité.
Un libéral

Ce bastion humaniste est actuellement géré par une alliance MR/cdH qui connaît quelques frictions. Certaines bonnes sources MR précisent que la décision d’y faire venir Jean-Luc Crucke a été "prise avant l’arrivée de Georges-Louis Bouchez à la présidence". "C’est une très belle probabilité", nous confie-t-on en haut lieu.

A l’autre bout de la Wallonie, la ville de Verviers bruisse du déménagement possible de Pierre-Yves Jeholet. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne ferme pas la porte, après avoir "mis sur pied une équipe" dans son fief actuel de Herve. L’option se trouve clairement dans l’esprit du président Bouchez.

"C'est prématuré mais ce n'est pas exclu, cette possibilité fait partie de la réflexion", confie à L'Echo Pierre-Yves Jeholet. Le ministre-président dément par ailleurs la rumeur qui veut qu'il ait déjà acquis un bien à Verviers.

La ville de Verviers? C'est prématuré mais ce n'est pas exclu, cette possibilité fait partie de la réflexion.
Pierre-Yves Jeholet

Autre point d’attention, Charleroi où Olivier Chastel, devenu député européen, ne devrait plus être en mesure de jouer un grand rôle à l’avenir. Au MR, qui a reculé à Charleroi, on concède une absence de personnalité forte capable de redresser la barre.

Pour rester en Wallonie, on signale encore des préoccupations présidentielles dans des entités de plus petite taille: à Neufchâteau ou les libéraux doivent récupérer le mayorat après les déboires du bourgmestre cdH Dimitri Fourny, mais également à Dinant ou le parti s’est fracturé.

A Bruxelles, priorité aux grandes communes

A Bruxelles, le MR est en grandes difficultés. Jadis première force politique, il a subi une déroute notoire aux élections communales de 2018. Il ne reste aux libéraux que deux mayorats (Uccle et Etterbeek) après avoir été évincés de nombre de majorités. Pour remonter la pente, Georges-Louis Bouchez veut concentrer les efforts de son parti dans les communes les plus peuplées et ainsi faire profiter l’échelon régional de son redéploiement local.

A Schaerbeek, Georges-Louis Bouchez est en négociation avec le bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (Défi) pour monter dans la majorité.

Pour l’heure, c’est à Schaerbeek que le Montois mouille le plus le maillot. Il est en négociation avec le bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (Défi) pour monter dans la majorité, celle-ci étant fragilisée par des départs. Cette montée se ferait "à l’intérieur de la liste du bourgmestre", insiste-t-on du côté de Schaerbeek alors que le MR n’a pas encore pu trancher qui de Georges Verzin ou Angelina Chan, les deux élus MR du conseil communal, doit monter dans le collège. L'affaire ne plaît pas beaucoup au partenaire Ecolo de Bernard Clerfayt.

On l’a compris, il n’y a plus grand monde au MR schaerbeekois. Dans la perspective de 2024, le président Bouchez essaye donc de récupérer les libéraux suspendus par Charles Michel au moment du divorce entre MR et DéFi (2011).

Ils sont encore quatre restés fidèles à Bernard Clerfayt, dont l’échevine Lorraine de Fierlant et la présidente du CPAS Sophie Querton. Une fusion de leur section locale avec celle du MR est en préparation. Le MR pourra compter sur l’ancrage local de ces libéraux suspendus ou faire venir un poids lourd.

A Molenbeek, "il faut préparer l’après Françoise Schepmans".

Dans les autres communes bruxelloises de 100.000 habitants et plus, le MR devra également mettre le paquet. A Anderlecht, la confiance est placée en la figure en place: le député régional Gaëtan Vangoidsenhoven. A Molenbeek, "il faut préparer l’après Françoise Schepmans", entend-on. Il n’a pas échappé au MR que, dans cette commune, en dehors de son ancienne bourgmestre, personne n’est encore en mesure de rivaliser avec le PS.

A la Ville de Bruxelles, deux personnalités sont en position de revendiquer le leadership: les députés bruxellois David Weytsman et Geoffroy Coomans de Brachène. Mais à la Ville, "on peut tenter des choses qu’on ne peut pas tenter ailleurs", entend-on au MR.

Pour un éventuel parachutage? Celui de Georges-Louis Bouchez lui-même en semble pas à l’ordre du jour (il est toujours concentré sur Mons). Au sein du MR bruxellois, on s’interroge également sur la situation de la Première ministre en affaires courantes et future tête de liste fédérale Sophie Wilmès. Elle réside en effet à Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités du Brabant flamand, ce qui handicape son ancrage bruxellois. D’aucuns la verraient bien déménager dans une des 19 communes de la capitale. Un déménagement qui n’est, lui non plus, pas à l’ordre du jour.

Georges-Louis Bouchez ne devrait pas se limiter au personnel politique en place. "Il va essayer d’aller chercher des gens de la société civile", dit un proche.

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