analyse

Le pas de côté du cdH redistribue les cartes

©BELGA

Le retrait des humanistes tue dans l’œuf toute majorité progressiste sans le PTB. Dans cette configuration, voici le PS – mis sous pression par la FGTB – poussé dans les bras du MR qui n’en demandait sans doute pas tant.

Le renoncement du cdH met le PS dans une drôle de position. Si les socialistes restent maîtres du jeu, et ils continuent à mener les discussions à Namur en vue de dégager une coalition gouvernementale, le président Di Rupo va devoir faire preuve d’énormément de pédagogie dans les prochains jours pour expliquer ses choix à son électorat.

Voici pourquoi.

Il est quasi impossible pour Ecolo de s’associer au PS et au MR en Wallonie.

L’exit du cdH réduit le nombre de combinaisons en vue de former un gouvernement. On aura beau retourner l’équation dans tous les sens, toute majorité passe inévitablement par la case libérale ou communiste. C’est le MR ou le PTB, l’un ou l’autre. Commençons par le premier scénario. Le plus invraisemblable et qui consiste à voir débouler le PTB en Wallonie et former une tripartite PS-Ecolo-PTB. Bien qu’ayant les faveurs de la FGTB, l’option communiste fait peur à la frange libérale du PS. Les programmes économiques des deux partis sont difficilement conciliables.

Coup dur pour Ecolo, coup de chance pour le MR 

L’option PTB mise de côté rend donc la coalition PS-MR incontournable. C’est la plus logique et elle bénéficiera d’une confortable majorité de 43 sièges sur 75 au Parlement. Elle sera cependant indigeste pour une partie de l’électorat socialiste qui va devoir avaler ce mariage entre frères ennemis. Pour éviter de perdre la face à gauche, le PS devrait donc, en toute logique, ouvrir la majorité à Ecolo même si, arithmétiquement, les verts ne sont pas indispensables. 

Et c’est ici que le bât blesse pour Ecolo qui, jusqu’ici, se refuse à entrer dans une majorité où il ne serait pas numériquement nécessaire. Les verts sont donc poussés vers l’opposition.

A Bruxelles

Côté Bruxellois, le PS mène aussi les négociations avec une préférence pour un attelage avec Ecolo et DéFI. Si un PS-MR se confirme au sud, il permettrait aux socialistes de dire qu’ils ont mis des alliances progressistes en place partout où ils l'ont pu. Mais, la question de la cohérence des majorités entre niveaux de pouvoir peut encore se poser et pousser vers un PS-MR également à Bruxelles.

Par ailleurs, les relations entre les écologistes et le PS bruxellois ne sont pas spécialement au beau fixe en ce moment. À ce stade, il n’est pas non plus exclu que PS et MR choisissent DéFI comme troisième partenaire.

Au fédéral

Au Fédéral, où la mission d’information de Didier Reynders et Johan Vande Lanotte se poursuit dans la plus grande discrétion, le retrait du cdH ne change pas grand-chose. Avec cinq sièges à la Chambre, les humanistes ne sont pas nécessaires pour former une majorité dans le groupe francophone. Par contre, ils l’étaient pour matérialiser le front quadripartite souvent ébauché au PS pour contourner la N-VA dans le prochain gouvernement. PS et sp.a forment à deux la plus grande famille politique de la Chambre. Cela ne peut faire que rêver le boulevard de l’Empereur.

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